Bloquer le prix de l'essence : Bercy tranchera fin août

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Les prix à la pompe n'augmenteront pas plus, promet le ministre de l'Économie. Celui-ci décidera le 28 août d'éventuelles mesures de blocage, comme l'avait promis François Hollande pendant sa campagne.

«Maintenant la question se pose», reconnaît le ministre de l'Économie Pierre Moscovici. Avec la remontée des prix de l'essence depuis début juillet, une promesse de campagne de François Hollande est en effet remise au goût du jour: le blocage des prix des carburants. Depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, les prix à la pompe étaient repartis à la baisse et cet engagement mis de côté. Mais avec le litre de diesel qui oscille autour de 1,45 euro, proche de ses records absolus et le sans plomb 95 autour de 1,60 euro, le gouvernement se voit contraint de trancher si une réglementation des prix est nécessaire. Il promet une décision dès la fin du mois.

«Je prends ici l'engagement réitéré que les prix des carburants seront [..] à un niveau [...] qui ne peut être supérieur à celui d'aujourd'hui ou même à celui d'il y a quelques semaines», a rappelé Pierre Moscovici sur Europe 1 ce matin. Le 24 août, le ministre recevra un rapport commandé à l'Inspection générale des finances et au Conseil général des mines sur les prix de la filière pétrolière. «Ce que je veux savoir, c'est si la hausse est durable et quels sont les comportements de marge», c'est-à-dire ce que les compagnies pétrolières gagnent réellement sur la vente de leurs produits, a poursuivi Pierre Moscovici.

«Sur la base de ce rapport, le 28 août, je verrai les compagnies de raffinage et de distribution pour discuter avec elles des conditions de fixation des prix. Dès cette date, nous agirons», a-t-il promis. Le gouvernement sait qu'il est attendu au tournant: d'après un sondage publié ce mardi dans L'Humanité, 88% des Français sont favorables à ce blocage. Mais seulement 60% pensent que le gouvernement le fera!

Menace d'un «risque d'approvisionnement»

Bloquer les prix des carburants «n'est pas évident», a reconnu le ministre de l'Économie qui est resté évasif sur les mesures de réglementation. «Il y a le blocage lui-même, c'est une possibilité», mais aussi le retour à une taxe «flottante», qui doit passer par la loi et ne peut donc pas être décidée en urgence. «On peut aussi mettre en place des mécanismes qui permettent aux plus défavorisés de bénéficier de réductions de prix», a également avancé le ministre sans donner plus de ses précisions.

Le secteur pétrolier assure, de son côté, que ses marges sont trop faibles pour que le gouvernement puisse jouer dessus: du raffinage à la distribution, elles ne sont que de 20 centimes par litre et d'un centime seulement pour la distribution, a déclaré hier le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) Jean-Louis Schilansky sur BFM TV. Et de brandir la menace d'un «risque d'approvisionnement» du marché français: si les prix bloqués sont inférieurs aux cours du marché de Rotterdam où la France importe ses carburants, aucune station-service n'aurait intérêt à vendre à perte.

Seule solution pour les professionnels du secteur: diminuer les taxes sur les produits pétroliers, qui représentent 60% du prix de l'essence et 50% de celui du diesel. Une manne à laquelle le gouvernement serait bien réticent de renoncer, en période de réduction des déficits: baisser d'un seul centime les taxes pétrolières pendant un an signifierait environ 500 millions d'euros en moins dans les caisses de l'État.

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  • gerardsb le mercredi 15 aout 2012 à 22:25

    On va les voir à l’œuvre ces charlots donneurs de leçons...

  • fbordach le mercredi 15 aout 2012 à 19:29

    On verra dans 5 ans, le record sera sûrement battu. Personnellement cela ne me fera pas grand chose, je bosse en Suisse depuis 7 ans et mes enfants travaillent tous à l'étranger!

  • fbordach le mercredi 15 aout 2012 à 19:27

    La TIPP N'A PAS SAUTÉE! Elle s'appelle désormais TICPE et profie aux régions... De la à voir les sociales perdre cette manne qui permet de faire face à leur gabegie et leur armée de fonctionnaires locaux, il ne faut pas rêver!

  • fbordach le mercredi 15 aout 2012 à 19:21

    Bienvenue au Kolkhose ! Quelle bande de pitres, avec de tels économistes la France n'a pas fini de couler.

  • frk987 le mercredi 15 aout 2012 à 16:05

    Et Lagarto, dans le grotesque ça ne manque pas d'humour, pour votre info (ne désespérons pas) : prix à la pompe = prix du baril payé en $ + raffinage + distribution + TAXES.A part les taxes que peuvent faire ces pauvres c.. de socialos franchouillards ?????

  • frk987 le mercredi 15 aout 2012 à 11:00

    Tout à fait Bordo, il faut savoir que : 1- Bercy n'a aucun pouvoir sur la parité euro/$, 2- Aucun pouvoir sur le prix du baril 3- A savoir que le raffinage et la distribution sont des secteurs en PERTE- donc Total comme les autres ne livreront plus s'ils sont bloqués. Donc reste la fiscalité sur le carburant !!!!

  • bordo le mardi 14 aout 2012 à 17:41

    Bercy tranchera ! Le grand Bercy à tout pouvoir, y compris faire baisser le prix du baril. Rien que cela. Et il va baisser le pniveau des taxes, gabelle que l'état préleve sur un produit nécessaire. Alors, Mosco, on retourne à la réalité?

  • M140210 le mardi 14 aout 2012 à 17:05

    Trancher de l'essence avec un couteau, ça va être difficile

  • M1961G le mardi 14 aout 2012 à 16:20

    je ne savais pas que le grand moscovici pouvait contenir le prix du baril !!!!moscovici ment aux français en faisant croire qu'il peut enrayer les prix car ça ne dépend pas de la france.moscovici peut simplement baisser les taxes ,mais voila les caisses sont vides.boire ou conduire il faudra choisir.l'heure de vérité est arrivé ,la gauche ne pourra pas toujours mentir.je propose à la droite de donner des cours d'économies à la gauche!!!!!

  • dekeran le mardi 14 aout 2012 à 15:56

    Le prix de l'essence est payé par tous les utilisateurs et ceux qui ne payent pas d'impôts1 Français sur deux !!enfin une justice sociale avec tous ces assistés