"Blonde" ou "barbie": une enquête dépeint le sexisme au travail

le , mis à jour à 13:40
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Des employés du quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, le 4 septembre 2015 ( AFP/Archives / FLORIAN DAVID )
Des employés du quartier d'affaires de la Défense, près de Paris, le 4 septembre 2015 ( AFP/Archives / FLORIAN DAVID )

"Elle fait sa blonde", "c'est quoi cette Barbie?, "ça piaille" ... Près d'une salariée non cadre sur deux (47%) a déjà été confrontée directement au sexisme au travail, en tant que témoin ou en tant que cible, selon une enquête BVA pour le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (CSEP), publiée jeudi.

Cette étude a été présentée aux ministres Laurence Rossignol (Droits des femmes) et Myriam El Khomri (Travail), ainsi qu'un guide rédigé par le CSEP pour aider les entreprises à agir contre le sexisme.

Le mot sexisme a été introduit dans le code du travail par la loi du 17 août 2015 sur le dialogue social. Les auteurs d'"agissements sexistes" peuvent faire l'objet d'une sanction disciplinaire allant du simple avertissement jusqu'au licenciement, tandis que les employeurs peuvent être condamnés à réparer le préjudice subi par les victimes.

Outre une fiche juridique, ce "kit pour agir contre le sexisme" énonce dix actions pouvant aider les entreprises dans leur lutte contre ce phénomène (définir clairement les actes prohibés, construire une communication dépourvue de stéréotypes de sexe ...).

Selon l'enquête, seules 18% des femmes interrogées estiment que leur entreprise combat le sexisme, contre 33% des hommes.

Près de la moitié (42%) ont eu le sentiment que, parce qu'elles sont des femmes, elles n'ont pas été augmentées ou primées.

Les trois quarts des femmes confrontées au sexisme au travail ont ressenti un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation.

Plus de la moitié (53%) ont déjà adopté une "conduite d'évitement" pour ne pas avoir à affronter le sexisme (ne pas porter certaines tenues vestimentaires, éviter de croiser certains collègues ou managers, ne pas demander certains postes ...).

Signe d'une certaine ambiguïté, plus de 6 femmes non cadres sur 10 (62%) considèrent cependant que les interpellations familières de type "ma belle" ou "ma grande" sont bienveillantes, comparé à 58% des femmes cadres interrogées dans une précédente enquête en 2013.

Deux tiers des femmes non cadres (66%) soulignent une stigmatisation élevée des mères.

Des stéréotypes de sexe pèsent aussi sur les hommes: 4 sur dix (38%) ont déjà entendu des phrases dénonçant leur non-conformité aux "codes de la virilité": "il est trop gentil: pour faire ce métier, il faut +en avoir+", "c'est une femmelette", "il fait passer ses enfants d'abord, on ne peut pas compter sur lui".

L'étude a été réalisée à partir de deux enquêtes: un sondage national auprès d'un échantillon représentatif de 1.502 salariés non cadres (52% de femmes et 48% d'hommes), interrogés par internet du 16 au 23 septembre; une consultation auprès de 10.068 salariés non cadres de huit entreprises françaises (59% de femmes et 41% d'hommes), interrogés par internet du 24 septembre au 5 octobre.

Ces entreprises participantes (Air France, BNP Paribas, Casino, Orange, Total, Solvay, Suez et Veolia) ont signé aux côtés des ministres des engagements pour lutter contre le sexisme.

Le ministère des Droits des femmes a lancé en septembre une mobilisation pour lutter contre le sexisme "ordinaire" (du quotidien).

Parmi les initiatives ayant fleuri ces derniers mois sur internet pour dénoncer le sexisme au travail, figurent le blog d'avocates "paye ta robe" ou encore "paye ton taff".

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