Bleus : Le ch'ti De Colo a bien grandi

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Bleus : Le ch'ti De Colo a bien grandi
Bleus : Le ch'ti De Colo a bien grandi

Auteur de trois premiers matches de très haut niveau, Nando De Colo n'a jamais été aussi important dans le collectif bleu. Depuis son voyage en Amérique, le Nordiste a pris des épaules. Au propre comme au figuré.

« Quel le MVP Français de l’année ? » Le 11 mai dernier, l’Equipe posait cette question à Nicolas Batum. « C’est Nando » répondait fissa l’ailier des Hornets, impressionné par la saison de son coéquipier en bleu. « C’est le MVP français de l’année, bien sûr. Je savais qu’il allait être bon au CSKA, mais pas à ce point-là. Il a encore progressé. Il est plus fort qu’avant. Je suis fan. C’est mon joueur préféré en équipe de France. Il a été constant. Il a montré que c’est un grand d’Europe » assurait-il.

Un vrai numéro 10

A 28 ans, De Colo venait d’accomplir la plus belle saison de sa carrière après une expérience compliquée mais formatrice en NBA. Pour son retour en Europe, l’arrière formé à Cholet est élu MVP de la VTB League, championnat regroupant les meilleurs équipes russes et certaines formations d’Estonie, de Finlande ou de République Tchèque. Il figure également dans le deuxième cinq de l’Euroleague en emmenant le CSKA au Final Four avec plus de 14 pts de moyenne à 55% aux tirs, 3 rebonds, 3 passes en moins de 25 minutes. Surtout il est responsabilisé. Dans cet Eurobasket, pour l’instant, Nando De Colo est sans conteste l’homme fort des Bleus. L’un des plus décisifs, notamment contre la Finlande avec le panier à 3 points qui a fait passer la France devant, mais aussi le plus utilisé, signe de la confiance que lui accorde Vincent Collet.

C’est lui qui accélère le jeu emmenant toutes les contre-attaques françaises depuis son camp (meilleur rebondeur français avec 7 prises par match) jusqu’à la raquette adverse. Il a toujours été un accélérateur de particules depuis ses plus jeunes années. Ancien footeux, doté d’une vision de jeu héréditaire, père et mère basketteurs, le natif de Sainte-Catherine a progressé dans la gestion du ballon. Alors qu’il est le Français, par qui passent le plus de ballons, De Colo en perd moins de deux par match (son pêché mignon à son époque choletaise), et shoote toujours à plus de 50% en étant le deuxième marqueur français (13.3 pts). Nul doute qu’avoir côtoyé, d’abord Gregg Poppovich, un court instant, puis Milos Teodosic en Russie, l’a aidé à s’imposer comme le deuxième meneur des Bleus sur le terrain voire le premier lorsque Tony Parker est ciblé ou économisé.

Tête sur les épaules et prise de poids

Son passage de deux ans outre-Atlantique a certes été difficile, le transfuge de Valence n’ayant pas eu le temps de jeu espéré, mais l’expérience aux Spurs lui a montré les contraintes physiques du très haut niveau. Dans le championnat le plus athlétique au monde. Plus costaud, Nando De Colo n’est plus le garçon fluet qui explosait à chaque contact appuyé. Chose que confirmait Vincent Collet au printemps dernier :

« C’est un garçon sérieux, travailleur, et qui suit une courbe de progression constante. Et moi, je pense que cette année, il bénéficie de son passage en NBA » expliquait son sélectionneur. « Certes cela devait être difficile à vivre parce qu’il a peu joué, mais ça lui a aussi donné des contraintes nouvelles. Il s’est durci dans son jeu, il tient mieux les duels. Nando avait des problèmes défensifs parfois il y a encore trois saisons, alors qu’aujourd’hui, il est bien plus solide. Pour le reste, il prend de l’expérience et bénéficie, aussi, d’un momentum comme tous les joueurs peuvent en avoir à un moment donné. »

Absent de la Coupe du monde l’an dernier, le ch’timi a faim après une saison exceptionnelle mais terminée façon crève-cœur, lorsque Spanoulis, meneur de l'Olympiakos, éliminait les siens dans les ultimes moments de la demi-finale du Final Four en inscrivant un trois points sur le nez du français. En confiance, la tête levée, jamais gonflée, Nando De Colo a désormais les épaules pour soutenir le poids de son nouveau rôle. Sans pourtant ne jamais le réclamer. 

Maxime Habert

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