Blatter, FIFA, Mondial 2022... Michel Platini livre sa défense

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Blatter, FIFA, Mondial 2022... Michel Platini livre sa défense
Blatter, FIFA, Mondial 2022... Michel Platini livre sa défense

Suspendu pour trois mois par la Commission d'éthique de la FIFA, Michel Platini traverse une sérieuse période de turbulences. L'ancien meneur de jeu des Bleus s'est longuement confié à nos confrères du Monde.

La présidence de la FIFA

Malgré sa suspension de toute activité lié au football ou encore le retrait du soutien de la Fédération anglaise, Michel Platini n’a pas fait une croix sur la présidence de la FIFA. Après avoir récemment reçu des messages de soutien de la part de François Hollande et de Manuel Valls, le Français reste dans la course à la succession de Sepp Blatter. « En tout cas, j’en ai toujours envie, explique l’ancien meneur de jeu des Bleus à nos confrères du Monde. J’ai été suspendu pour trois mois mais ce qui m’énerve le plus, c’est d’être mis dans le même sac que les autres. Je trouve honteux d’être traîné dans la boue. Pour le reste, mes avocats suivent les procédures FIFA et saisiront le Tribunal Arbitral du Sport si nécessaire. J’espère que tout cela va aller vite. » Alors que les élections sont prévues le 26 février 2016, le comité exécutif a programmé une réunion extraordinaire le 20 octobre prochain et pourrait apporter des modifications au calendrier. Rendez-vous à Zurich.


Le versement de 2M de francs suisse

Si Michel Platini se retrouve aujourd’hui dans une position inconfortable, c’est en raison de la révélation d’un paiement de deux millions de francs suisses (1,84 million d’euros) en 2011, versé par Sepp Blatter. Un versement qui intervient bizarrement neuf ans après la fin de sa mission de conseil pour le président suisse de la FIFA… « Je ne suis pas un homme d’argent, explique le Tricolore. J’ai été un président bénévole du comité d’organisation de la Coupe du Monde. En 1992, j’ai renoncé à aller au Real Madrid alors que les types du Real m’avaient donné un chèque où je pouvais rajouter le nombre de zéro que je voulais (…) En fait, je travaille plusieurs mois sans rien toucher. Au bout d’un moment, je vais voir Blatter : "Tu as un problème pour me payer ?" Il me dit : "Oui. Je ne peux pas te payer 1 million à cause de la grille des salaires. Tu comprends, le secrétaire général gagne 300 000 francs suisses. Tu ne peux avoir plus de trois fois son salaire. Alors, on va te faire un contrat pour 300 000 francs suisses et on te donnera le solde plus tard." C’est ce qui s’est passé. Seulement le plus tard n’est jamais venu. »


Une vengeance de Blatter ?

Alors que Sepp Blatter multiplie les casseroles, on peut s’interroger sur le timing de ces révélations au sujet de son adversaire. Le Suisse fait-il alors en sorte que Michel Platini tombe avec lui ? « Je ne sais pas, déclare Michel Platini, qui admet avoir admiré son rival. Disons que j’ai des doutes. En tout cas, tout ça est sorti à partir du moment où j’ai demandé sa démission et où j’ai été candidat. Je suis le seul à pouvoir faire en sorte que la FIFA redevienne la maison du foot mais chaque fois que je me rapproche du soleil, comme Icare, ça brûle de partout (…) Blatter ? J’admirais le politique. Il a beaucoup de charme et je peux dire qu’il m’avait d’une certaine façon envoûté. Même s’il veut me tuer politiquement, je garde un peu d’affection pour ce que nous avons vécu ensemble. »


Le choix du Qatar pour 2022 

Si l’attention se focalise actuellement sur le fameux versement de deux millions de francs suisses, Michel Platini a aussi longtemps été interrogé quant à son soutien pour l’attribution du Mondial 2022 au Qatar. D’autant plus que son fils, Laurent, travaille pour l’équipementier qatari Burrda Sport, détenu par le fonds Qatar Sports Investments (QSI), propriétaire du PSG « Mais il faut arrêter les préjugés, se défend Michel Platini. Il y a trois heures de décalage horaire, on va jouer en hiver, ce sera magnifique. Mon seul regret est qu’elle n’aura pas lieu dans tous les pays du Golfe pour des raisons géopolitiques. Il faut tout de même cesser de dire n’importe quoi. Parce que j’ai voté pour la Russie (ndlr : pour l’attribution de la Coupe du Monde 2018), on raconte que j’ai reçu des Picasso de Poutine. Heureusement que Raspoutine est mort sinon on m’accuserait d’être son complice ! »

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