Blaise Cendrars, main coupée et balle au pied

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Blaise Cendrars, main coupée et balle au pied
Blaise Cendrars, main coupée et balle au pied

Il y a exactement 128 ans naissait l'auteur du mythique Bourlinguer. Celui dont Jean Cocteau disait qu'il était " rentré de la guerre avec un bras en plus " - engagé dans la Légion étrangère, il y eut la main amputée – a aussi taquiné le ballon. C'était en Russie, pour des performances restées dans les mémoires...

" Sacré garnement, va, qui ne respectait rien ! " Dans Bourlinguer, Blaise Cendrars est tendre avec l'enfant qu'il fut, Frédéric Louis Sauser, né le 1er septembre 1887 à La-Chaux-de-Fonds, en Suisse. Tendre, et fidèle : jamais l'homme-phénix ne respectera rien sinon ses aspirations et sa représentation du monde. Les convenances, la vérité, très peu pour le voyageur impénitent. Celui qui a donné ses lettres de noblesse à la bourlingue, L'Homme foudroyé, le poète manchot, a aussi joué de ses pieds. C'était à Saint-Pétersbourg et, comme tout ce qui touche à sa vie, la frontière est mince entre mythe et réalité.

" La tâche fut rude, mais nous étions si courageux... "


Car Blaise Cendrars, décédé en 1961, n'aurait pas renié Peabody, dans L'homme qui tua Liberty Valance (1962) : " Nous sommes dans l'Ouest ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende. " Alors, lorsque Cendrars évoque ses aventures footballistiques à l'Est, il n'hésite pas à prétendre une " participation ( ) à la fondation du premier club de football dans la capitale et à l'introduction et à la propagande de ce sport en Russie " (Le Lotissement du ciel, 1949). Quelques années plus tard, dans L'Équipe, il précise : " C'est alors qu'un inconnu vint solliciter mon concours en vue de former un club de football. Peu après, ce club voyait le jour et recevait le nom de "Streilka", c'est-à-dire l'Étoile. Parmi mes coéquipiers se trouvait le fils du roi du Transsibérien, un ancien officier de la Garde impériale, et aussi le fils du directeur général des postes, toujours ivre de vodka. " L'action se déroule en 1905, le jeune homme de 17 ans vient d'arriver en Russie. Et il a, déjà, un penchant pour le football et l'alcool, dans la lignée de ses années de garnement suisse : " Je m'étais fait faire une fausse clé et je tapais parmi ces vénérables bouteilles pour les apporter triomphalement aux copains les jours de football. "

La vérité, c'est que L'Étoile s'appelle en fait Sport, existe depuis sa création en 1897 par le Cercle pétersbourgeois des amateurs de sport et joue en championnat depuis 1901. Dans son étude, Thomas Bauer insiste et s'interroge : " Qui pourrait prendre au pied de la lettre ses déclarations sur le nombre de ses buts et les caisses de champagne ? " À savoir, 18 et 200. 18 buts contre une équipe finlandaise, selon…




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