BlackRock : " Nous sommes de purs fabricants qui doivent comprendre les besoins des distributeurs"

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(NEWSManagers.com) - JAMES CHARRINGTON, MD, HEAD OF INTERNATIONAL RETAIL BUSINESS, BLACKROCK
Entré en 1993 chez Mercury, James Charrington a connu diverses opérations de fusions-acquisitions dont la dernière en date, l' acquisition de Barclays Global Investors (BGI), a permis à BlackRock de devenir le leader mondial de la gestion d' actifs avec 3300 milliards de dollars d' encours. Bien que fortement implanté dans l'espace institutionnel, BlackRock cherche à élargir son emprise sur le marché du retail dans son acception la plus vaste, qui représente des actifs sous gestion de taille respectable. Newsmanagers : Vous êtes en quelque sorte un " pèlerin" de l'asset management. Quels sont à votre avis les atouts de BlackRock dans l'environnement actuel ?
James Charrington : vous savez, je suis entré en 1993 chez Mercury, qui était une maison très tournée vers les institutionnels britanniques. En 1997, Mercury a été reprise par Merrill Lynch Investment Managers (MLIM), qui avait plutôt un biais " retail" . Ensuite, en 2006, MLIM a elle-même été acquise par BlackRock, qui avait surtout une culture obligataire. Et en 2009, BlackRock a racheté Barclays Global Investors (BGI) ainsi que ses ETF iShares. J'ai donc fait un long périple, mais je puis vous dire qu'au-delà des problèmes personnels que d'aucuns ont éventuellement pu rencontrer sur ce parcours heurté, nous avons tous le sentiment rassurant de faire désormais partie d'un groupe très puissant de 9.000 personnes qui ne fait qu'une seule chose : de la gestion d'actifs. Et je vous assure que cela se révèle particulièrement efficace en matière d'allocation des ressources, où nous n'avons plus de compromis à faire avec les autres métiers qui viendraient à se trouver sous le même toit. Nous sommes un gestionnaire qui a 3.300 milliards de dollars d'actifs sous gestion et qui peut mettre en face de ses ambitions les ressources nécessaires, sans faire de comptes d'apothicaire.
NM : Mais n'assiste-t-on pas, au sein même de la gestion d'actifs, à une spécialisation, à un morcèlement ?
J. C. : Vous avez raison. On observe une spécialisation très nette, notamment entre gestionnaires d'actifs et distributeurs. Pour notre part, nous avons choisi de nous focaliser sur la production, donc la gestion d' actifs. Mais pour servir au mieux nos clients, il faut absolument que nous comprenions les impératifs et les besoins des distributeurs.
NM : Justement, quel regard portez-vous sur l'évolution actuelle du cadre réglementaire pour les produits de gestion d'actifs, notamment en Europe ?
J. C. : Le danger, ce serait que la réglementation complexifie encore notre activité. Le problème, tel que nous le jugeons sous l'angle actuel, c'est que nous risquons de ne retrouver avec un contexte plus difficile qui rendrait notre activité plus onéreuse à la fois pour nous et pour nos clients. Cela dit, la directive Ucits IV présente au moins l'avantage qu'elle nous permet de devenir partout un asset manager local. Mais le gros problème qui reste à résoudre est celui des différences de régime fiscal d'un pays à l'autre. Ce n'est donc qu'une première étape, l'avenir étant aux succursales, qui pourront se substituer aux filiales locales avec un statut de société de gestion. Le " terrain de jeu" tend à devenir un peu plus plat. Mais il reste du travail. Et, pour nous, c'est très important, parce que nous avons 140 milliards de dollars d'encours retail à l'international (hors US), dont 120 milliards en Europe
NM : Que faut-il penser du projet de directive AIFM ?
J.C. : Heureusement qu'il se passe dans ce domaine beaucoup plus de choses en coulisses que sur la scène publique. Mais, à notre sens, il peut en sortir des choses positives pour notre activité. N'oubliez pas en effet que nous nous sommes dotés d'une super plate-forme unique de gestion des risques, parce que nous avons mis tous les moyens disponibles sur ce chantier. A tel niveau que, sur le plan humain, nous avons près de 650 gérants de portefeuille mais nous avons aussi plus de 600 spécialistes de la gestion du risque ! Pour vous donner une idée, BlackRock Solutions s'occupe non seulement de nos 3.300 milliards de dollars d'encours mais aussi de 9.000 milliards de dollars d'actifs de gestionnaires extérieurs.
NM : Vous avez aussi une filiale spécialisée dans ce domaine ?
J. C. Oui, BlackRock Solutions Advisory, créée voici deux ans. Et j'ajoute que nous avons non seulement un bilan technologique bénéficiaire mais que nous avons été en mesure de continuer à investir durant la crise. Nous sommes dans la gestion du risque depuis 22 ans, cela fait partie de notre ADN.

NM : Quels sont vos projets concrets à présent, du moins sous l'angle stratégique ? J. C. Actuellement, dans le retail, nous avons 70 fonds BGF à Luxembourg plus 22 fonds de droit britannique, sans oublier évidemment les ETF iShares. Nous pouvons tout à fait envisager à présent de lancer des produits mixtes à la fois actifs et passifs. Mais il est hors de question que nous mettions de nouveaux produits sur le marché à jet continu, alors que nous préférons nous concentrer sur les produits existants. Et, en tous cas, ne comptez pas sur BlackRock pour lancer des produits " me too" . Nous ne créons des fonds que si nous avons les capacités correspondantes. Nous n'avons lancé notre fonds Chine qu'en 2009, parce que nous avons d'abord acheté un gestionnaire d'actifs à Hong-Kong. Par principe, nous sommes disposés à fournir au marché ce qu'il demande, sous réserve que nous puissions délivrer. Car notre marque est notre premier actif, le plus précieux. NM : A l'inverse, vous avez certainement quelques critères pour retirer des fonds du marché, pour éviter la prolifération anarchique de votre gamme ? J. C. Bien évidemment. Nous surveillons de matière très stricte les produits qui affichent un encours de 100 millions de dollars ou moins. Nous vérifions si le thème d'investissement est toujours le bon, la performance sur trois ans (le cas échéant) et la rentabilité. Ensuite nous décidons de le conserver, de le fermer ou de le fusionner.

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