BlackRock adapte son dispositif à ses nouvelles ambitions

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(NEWSManagers.com) -
Eric Wohleber, directeur Général de BlackRock en France, expose la stratégie et l' offre de la maison suite à la fusion de BGI/Blackrock. L' équipe locale est ainsi mise au diapason d'un groupe aux objectifs ambitieux, qui pratique désormais la polyculture en matière de produits.

Newsmanagers : Comment évolue l'activité du groupe en France, dans cette période où les marchés sont à tout le moins agités ?
Eric Wohleber : Dans le cadre de l' intégration de BGI par BlackRock en décembre dernier, la France, qui a été le premier pays à rassembler ses équipes physiquement, a comme les autres pays réorganisé ses activités autour de trois pôles: institutionnel, retail et iShares. Les objectifs et la stratégie des différents métiers ont été mis à plat pour offrir à nos clients une structure efficace dans des marchés effectivement très mouvementés. Depuis le début de l' année, nos activités locales ont enregistré des souscriptions nettes positives, notamment iShares, et ont compensé l' effet marché. Nos actifs s' établissent désormais à 11 milliards d'euros en France.
NM : Comment ces actifs se répartissent-ils ?
E.W. : En, termes de segments de clientèle, les institutionnels et sociétés de gestion qui sont le coeur de notre activité représentent plus de 90% de nos actifs en France, contre moins de 10% pour les seuls distributeurs. En termes d' expertises, nos actifs sont investis à 70% en solutions indicielles (mandats et ETF) et 30% en gestion active. Sur la partie indicielle, nous avons entamé il y a quelques mois le rebalancement de nos encours en actions vers l' obligataire, un processus qui a porté ses fruits et se poursuit. Sur la partie gestion active, nous consolidons notre position d' acteur de référence sur le secteur des actions ressources naturelles, mais nous souhaitons éveiller l' intérêt des investisseurs français sur le fait qu' un gérant international tel que BlackRock a également une très forte valeur ajoutée sur les classes d' actifs dites core.
NM: Quelles sont vos priorités en gestion active?
E.W. : Depuis le recrutement il y a maintenant un peu plus de deux ans de notre équipe " Actions Européennes Style Diversifié" , nous sommes également un gérant de 1er plan sur cette classe d' actifs. A titre d' exemple, le fonds BGF European dont l' encours était de 529 millions d' euros fin 2008 atteint presque les 2,8 milliards d' euros à fin juillet 2010. Nous souhaitons d' autre part nous renforcer sur l' obligataire afin de diversifier nos encours sous gestion en France dominés par les actions. Pour cela nous pouvons notamment nous appuyer sur notre équipe de gestion obligations euro qui a su délivrer d' excellentes performances dans les marchés difficiles que nous avons connus.
NM : BlackRock France est-il dès à présent à même de faire face à l'évolution de la demande ?
E. W. : La demande des clients en termes d' offre est en effet en pleine évolution. L' étendue de notre gamme de stratégies et services est un réel atout. Ainsi, nos clients demandent clairement de séparer les gestions actives des gestions passives, et nous sommes particulièrement bien placés pour y répondre. Les investisseurs institutionnels sollicitent les compétences, et nous travaillons actuellement sur une quinzaine d'appels d'offres institutionnels. Nous continuons d' être constamment à l' écoute des besoins de nos clients et lancerons d' ici la fin de l' année de nouveaux produits tant en gestion active actions avec un renforcement de notre offre " absolute return" que sur les ETF. Quant aux ressources à mettre en place face à ces évolutions de cette demande, notre effectif commercial actuel composé de 3 personnes pour iShares, 3 pour l'institutionnel, et 2 pour le retail semble pour le moment suffisamment bien organisé, mais nous pouvons toujours envisager quelques ajustements ou permutations afin de mieux couvrir l'ensemble de nos gammes.
NM : Cela vaut-il également pour les 8 autres personnes du service client et du marketing ?
E. W. : Nous voulons clairement faire la différence par la qualité du service offert, et la solidité des équipes supports et marketing est essentielle. Nous nous efforçons constamment d' identifier et de mettre en place les meilleures idées pour l' ensemble des initiatives du bureau parisien, qu' elles concernent l' offre de BlackRock ou d' iShares. Nous renforcerons naturellement notre équipe " business Support" parallèlement à l' évolution de nos actifs.
NM : Comment comptez-vous élargir l'audience de BlackRock, qui ne dispose pas de réseau captif ?
E. W. : Nous avons encore du chemin à parcourir avec nos clients existants sur les segments institutionnels et sociétés de gestion. Concernant la distribution, notre approche continue d' être indirecte, via les plateformes et les spécialistes de l' assurance-vie. Notons cependant que les pratiques des particuliers ont de leur côté beaucoup évolué ces dernières années, avec le développement de la distribution via internet - voire de l' engouement pour les réseaux sociaux. Le marché français de l'investissement en ligne représente ainsi environ 1,1 million de comptes avec un actif moyen de 30.000 euros l'unité.
NM : Comment réagissez-vous à des études du genre de celle publiée récemment par Robeco, selon laquelle les ETF ne sont pas nécessairement à la hauteur de la gestion active en matière de coût, de performance et d' erreur de suivi? Cela peut-il vraiment remettre en cause le business model de la partie ETF de votre activité?
E. W. : Je ne pense pas qu' on puisse opposer ETF et gestion active, car ces solutions répondent à des besoins bien distincts. Nous croyons en l' alpha comme au béta mais nous savons aussi que les critères de sélection pour chacune de ces solutions sont différents. Dans un cas, il est recherché une création de valeur par rapport à un indice, un historique de performance, un processus de gestion clair, une équipe de gestion stable et crédible dans le temps. Dans l' autre cas, la priorité est donnée à la liquidité, la transparence et au contrôle des coûts. Par nature, un fonds permettant de faire de la gestion intraday ne peut pas être construit comme un fonds de gestion active dans lequel le gérant prend des positions pour plusieurs mois. De plus, nous n' avons aucune gêne à communiquer la composition quotidienne de nos iShares ? lorsque le fournisseur de l' indice le permet ? alors que nous ne souhaitons pas pénaliser le travail quotidien de nos gérants actifs. Enfin concernant les frais de gestion des ETF, nous savons qu' ils ne constituent pas un critère déterminant de sélection. Certains ETF comportent un risque de contrepartie, d' autres améliorent la qualité de leur réplication par des opérations de prêt de titres ou des stratégies actives de rebalancement. Par conséquent, je pense que les ETF comme les gestions alpha qui " délivrent" , ont de beaux jours devant eux!


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