Birmanie-Suu Kyi veut rencontrer le président et le chef des armées

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par Aung Hla Tun et Tim McLaughlin RANGOUN, 11 novembre (Reuters) - Aung San Suu Kyi, dont le parti d'opposition LND (Ligue nationale pour la démocratie) se rapprochait mercredi de la majorité absolue au parlement, a demandé à rencontrer le président birman, Thein Sein, ainsi que le chef des forces armées afin de parler avec eux de réconciliation nationale. La LND a remporté plus de 90% des sièges proclamés jusqu'à présent à la chambre basse du parlement, et est nettement en tête à la chambre haute de même que dans les assemblées régionales, au vu des résultats officiels, encore partiels, des élections du 8 novembre. Si les résultats définitifs confirment la tendance actuelle, le triomphe d'Aung San Suu Kyi balaiera de la carte électorale la vieille garde des anciens généraux qui dirige la Birmanie depuis que la junte a transmis le pouvoir en 2011 à un gouvernement semi-civil. L'armée conserve néanmoins un formidable pouvoir au sein des institutions politiques, après avoir dirigé le pays pendant près de 50 ans, et l'on ignore encore si Aung San Suu Kyi et les généraux pourront coopérer. Dans des lettres adressés au commandant en chef des armées et au président, en date du 10 novembre, Aung San Suu Kyi demande à pouvoir les rencontrer d'ici une semaine pour jeter les bases d'une "réconciliation nationale". "C'est très important, pour la dignité du pays, et pour ramener la paix dans l'esprit des gens", écrit-elle dans ces lettres, que la LND a communiquées aux médias mercredi. RENCONTRE AVEC LE PRESIDENT DE LA CHAMBRE BASSE Le président Thein Sein rencontrera Suu Kyi, a déclaré Zaw Htay, haut responsable de la présidence. "La seule question, c'est de déterminer quand". Les relations entre Aung San Suu Kyi et le chef des forces armées, Min Aung Hlaing, seraient en revanche tendues. L'une des principales sources de tension entre Suu Kyi et l'armée concerne la clause, inscrite dans la Constitution rédigée par l'ancienne junte, qui lui interdit d'accéder à la présidence parce que ses enfants sont de nationalité étrangère. Rares sont ceux qui doutent de ce que cette clause a été insérée pour empêcher que la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 devienne un jour présidente. Selon les résultats communiqués jusqu'à présent, la LND remporte 135 des 149 sièges proclamés sur les 330 sièges à ne pas être accaparés par des militaires à la chambre basse. En vertu de la constitution, un quart des sièges des deux chambres ne sont pas élus et sont réservés d'office aux forces armées. De son côté, l'USDP (Parti pour la solidarité et le développement de l'Union, au pouvoir) ne remporte que huit des sièges proclamés à la chambre basse. L'USDP, formation créée par la junte et dirigée par des militaires à la retraite, a reconnu sa défaite. Celle que l'on surnomme la "dame de Rangoun" a également demandé à pouvoir rencontrer l'ancien président de l'USDP Shwe Mann, président de la chambre basse. La LND dit être bien partie pour remporter au total plus de 250 sièges à la chambre basse du parlement, ce qui serait bien au-dessus du seuil de la majorité absolue (221 sièges). (Eric Faye pour le service français)

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