Birmanie-Ouverture d'une conférence de paix avec les minorités

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    NAYPYITAW, 31 août (Reuters) - Une conférence dont 
l'objectif est de mettre fin à des décennies de combats entre 
l'armée et une myriade de groupes ethniques s'est ouverte 
mercredi pour plusieurs jours à Naypyitaw, la capitale de la 
Birmanie. 
    Aung San Suu Kyi, dont le parti LND (Ligue nationale pour la 
démocratie) a remporté les élections législatives de novembre 
dernier, a fait du processus de paix avec les minorités la 
priorité du nouveau gouvernement. 
    "Si tous ceux qui jouent un rôle dans le processus de paix 
ont la sagesse de concilier différents points de vue pour le 
bien de la population(...), nous serons à coup sûr en mesure de 
construire l'union démocratique et fédérale de nos rêves", a dit 
Aung Sang Suu Kyi dans son discours d'ouverture de cette 
"conférence Panglong du XXIe siècle" - allusion à une conférence 
tenue en 1947 à Panglong entre le pouvoir birman, alors incarné 
par son père, et des minorités ethniques. 
    "C'est seulement si nous sommes tous unis que notre pays 
sera en paix. C'est seulement si notre pays est en paix que nous 
serons à même d'être sur un pied d'égalité avec les autres pays 
de la région et du monde entier", a-t-elle continué. 
    La journée de mercredi était haute en symboles, peu de 
propositions concrètes étant susceptibles d'émerger des journées 
de pourparlers de la conférence. 
     
    LES MUSULMANS ROHINGYA ABSENTS 
    Les délégués comptent se retrouver tous les six mois pour 
discuter de problèmes allant de la sécurité à la représentation 
politique, des questions linguistiques et culturelles au 
contrôle des riches ressources minérales de la Birmanie. 
    "Ce sont les membres du Tatmadaw (l'armée birmane) et nos 
frères des groupes ethniques armés qui souffrent directement de 
l'absence de paix dans le pays, faisant le sacrifice de leurs 
vies", a déploré le chef des forces armées, le général Min Aung 
Hlaing. "Je crois résolument que nous sommes en mesure de mener 
à bien ce grand processus, par notre unité et nos efforts", 
a-t-il continué. 
    Parmi les absents de cette conférence figurent les 
représentants des musulmans apatrides Rohingyas, qui sont au 
nombre de 1,1 million dans le pays où ils subissent des 
persécutions et des violations des droits de l'homme de la part 
de leurs voisins bouddhistes dans l'Etat de Rakhine, situé dans 
le nord-ouest de la Birmanie. 
    A la veille de l'ouverture de la conférence, le secrétaire 
général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la Birmanie 
d'améliorer les conditions de vie des Rohingya. 
    En revanche, l'Organisation pour l'indépendance des Kachin, 
qui avait refusé de signer un cessez-le-feu en octobre dernier 
sous le précédent gouvernement militaire, est partie prenante de 
la conférence, cela grâce au soutien tacite de la Chine au 
processus de négociations, déclarent les observateurs. 
 
 (Shwe Yee Saw Myint et Antoni Slodkowski; Eric Faye pour le 
service français) 
 
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