Birmanie-Il reste des prisonniers politiques à libérer-ONG

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    RANGOUN, 25 janvier (Reuters) - La Birmanie a libéré 101 
prisonniers politiques depuis vendredi, ce qui porte à plus de 
1.200 le nombre de prisonniers d'opinion libérés depuis 
l'arrivée au pouvoir du gouvernement semi-civil du président 
Thein Sein en 2011, annoncé lundi l'ONG birmane Assistance 
Association for Political Prisoners (AAPP). 
    Le gouvernement sortant n'a toutefois pas encore libéré la 
totalité des prisonniers politiques et continue à arrêter et à 
inculper pour des raisons politiques, disent les associations de 
défense des droits de l'homme. 
    Bo Kyi, secrétaire d'Assistance Association for Political 
Prisoners (AAPP), précise que le gouvernement a libéré la 
totalité des 101 prisonniers politiques qui devaient l'être à 
partir de la semaine dernière. La plupart protestaient contre le 
gouvernement, par exemple contre la confiscation des terres, 
précise-t-il. 
    L'administration Thein Sein a libéré 1.235 prisonniers 
politiques depuis 2011, précise Bo Kyi, mais 409 sont toujours 
en procès et 84 sont en prison. 
    Parmi les personnes amnistiées figurent le Néerlandais 
Phillip Blackwood, qui a été condamné à deux ans et demi de 
prison avec deux collègues birmans pour avoir utilisé une image 
psychédélique de Bouddha pour faire la promotion d'une fête à  
Rangoun. 
    Les libérations qui ont commencé vendredi surviennent juste 
avant que le nouveau Parlement dominé par la Ligue nationale 
pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi ne 
siège pour la première fois le 1er février. 
    La LND a remporté une victoire éclatante aux élections du 8 
novembre, battant à plate couture le Parti pour la solidarité et 
le développement de l'Union (USDP) arrivé au pouvoir en 2011 
après 49 ans de dictature militaire. 
    Mais, alors que certains prisonniers étaient libérés 
vendredi, Patrick Khum Jaa Lee, qui travaille dans une ONG, a 
été condamné à six mois de prison pour insulte à l'armée sur 
Facebook. Compte tenu de la période de détention préventive, il 
devrait être libéré en avril. 
    Chaw Sandi Tun, un membre de la LND, a également été 
condamné à six mois de prison fin décembre pour avoir tourné en 
dérision sur Facebook les nouveaux uniformes de l'armée. 
    "Le Président Thein Sein a l'occasion de le faire juste 
avant la fin de son gouvernement", commente Matthew Smith, 
directeur exécutif de l'ONG Fortify Rights, dans un communiqué 
publié lundi. "Il doit libérer tous les prisonniers politiques 
immédiatement et sans condition." 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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