Birmanie-Début du vote à l'occasion du premier scrutin libre en 25 an

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par Hnin Yadana Zaw et Aung Hla Tun RANGOUN, 8 novembre (Reuters) - Les électeurs birmans ont commencé à se rendre aux urnes dimanche à l'occasion de la première consultation générale libre en 25 ans dans le pays, un scrutin qui doit parachever la transition amorcée en 2011 par les ex-dirigeants militaires. La Ligue nationale de la démocratie (LND), le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi, devrait remporter la plus large part des suffrages des quelque 30 millions de Birmans se rendant aux urnes. Une clause de la constitution empêche la lauréate 1991 du prix Nobel de la paix de briguer la présidence du fait de la nationalité étrangère de ses enfants, qu'elle a eus avec le Britannique Michael Aris, mort depuis plus de quinze ans. Mais Aung San Suu Kyi a réaffirmé jeudi qu'elle dirigerait le gouvernement si son parti remporte les élections législatives, disant il y a quelques jours qu'elle serait "au-dessus du président." ID:nL8N13006H Le résultat des élections devrait se dessiner très progressivement au cours de la journée. Des responsables ont dit que le nom des vainqueurs de sièges sera connu en fin de journée mais que des chiffres définitifs du vote seront publiés au plus tôt lundi dans la soirée. Les élections générales de dimanche sont les premières depuis qu'un gouvernement "quasi civil" a succédé en 2011 à la junte militaire qui était au pouvoir depuis près d'un demi-siècle. La formation d'opposition avait largement dominé les élections de 1990, le dernier scrutin libre organisé en Birmanie, que la junte avait annulé. Suu Kyi était déjà en résidence surveillée. Au total, la "dame de Rangoun" a vécu quelque quinze années de privation de liberté. HANDICAP La Ligue nationale de la démocratie est confronté à un obstacle dans toute constitution éventuelle du gouvernement puisque, même en cas de vote jugé libre, un quart des sièges du parlement restera occupé par des officiers militaires non élus. Cela veut dire que, pour diriger le pays et en choisir le président, la LND, seule ou avec ses alliés, doivent remporter plus des deux tiers des sièges mis en jeu. En revanche, le Parti de l'union solidaire et du développement (USDP) aura, le cas échéant, besoin de beaucoup moins de sièges pour arriver au pouvoir, fort du soutien du bloc militaire. Ceci étant dit, les électeurs devraient largement se détourner l'USDP, mis sur pied par l'ancienne junte et dirigé par d'anciens officiers militaires, puisqu'il est associé à la la dictature brutale qui a sévi pendant des décennies dans le pays. Aung San Suu Kyi a déploré jeudi de nombreuses irrégularités, fraudes et intimidations dans la campagne électorale et les procédures de vote anticipé. Elle s'est aussi inquiètée du délai qui s'écoulera entre les élections et l'entrée en fonction du gouvernement issu des urnes, prévue en février de l'année prochaine. La première opposante de Birmanie avait par ailleurs évoqué jeudi les questions liées aux minorités, un sujet sur lequel elle fait l'objet de critiques. A l'étranger, on lui reproche notamment de ne pas s'engager suffisamment en faveur des Rohingyas, minorité musulmane victime de persécutions dans l'Etat majoritairement bouddhiste d'Arakan (ou Rakhine), à la frontière avec le Bangladesh. Plus de 140.000 d'entre eux ont été déplacés vers des camps lors de violences en 2012. Des milliers d'entre eux ont pris la mer cette année en direction de pays voisins pour fuir les persécutions, déclenchant une crise des réfugiés dans la région. (Henri-Pierre André et Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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