Bilan très morose pour les soldes d'hiver

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Les ventes ont stagné sur un an, à la grande déception des acteurs du secteur. Les clients, plus attentifs que jamais aux promotions, ont encore une fois préféré les achats sur Internet.

Les commerçants font grise mine. Les soldes d'hiver s'achèvent ce mardi et le bilan des courses est morose, pour ne pas dire mauvais. Evelyne Chabalier de l'Institut français de la mode (IFM) évoque une petite hausse des ventes de 1% sur un an, soit «rien d'exceptionnel». Le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) table de son côté sur une baisse des ventes du même ordre tandis que la Fédération nationale de l'habillement (FNH) parle d'un bilan «autour de 0%, en légère baisse» par rapport à l'hiver 2010.

«Il y a clairement une morosité ambiante chez les consommateurs», résume Jean-Michel Silberstein du CNCC. Charles Melcer, président de la confédération des commerçants de France est plus radical: «ça ne peut pas continuer comme ça. On va droit dans le mur», déplore-t-il alors que les petites boutiques de vêtement et de sac ont enregistré des baisses respectives de 10% et de 8% par rapport à l'an dernier.

Manque de lisibilité

L'une des explications avancée à cette campagne en demi-teinte est le départ tardif des soldes qui ont débuté le 12 janvier contre un démarrage le 6 janvier l'an dernier. «On pensait qu'il y aurait un report plus important des achats de décembre sur janvier, après les intempéries de fin d'année. Cela s'est passé les premiers jours mais les ventes se sont écroulées après», constate Jean-Michel Silberstein.

Par ailleurs, les professionnels dénoncent la multiplication des promotions avant la date de début des soldes. Un commerçant sur deux à Paris a fait des promotions avant les soldes pour anticiper la date tardive, selon la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCI). «Promotions, soldes flottants et autres soldes saisonnières: vous créez un manque de lisibilité et ça repousse les achats», constate Charles Melcer.

Frilosité financière

Sur le fond, les commerçants en sont convaincus: les Français n'avaient pas encore le moral à dépenser sans compter dans un contexte de «conjoncture économique toujours incertain», selon la CCI. Avec leur budget serré, les clients ne ciblaient que les très bonnes affaires. La FNH note ainsi que la troisième démarque allant jusqu'à 60% et plus «a fait revenir les clients et permis d'écouler encore du stock», comme le week-end dernier.

Par ailleurs, les intempéries n'ont pas incité les acheteurs à sortir de chez eux. Au grand bonheur des vendeurs à distance. Le baromètre de la fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), publié lundi, montre une progression de 13% des soldes online sur les quatre premières semaines comparée à la même période de 2010. Les commandes sont en hausse de 14% avec un panier moyen de commandes en stagnation à 109 euros.

En plus d'Internet, les seuls à garder le sourire sont les commerçants de produits moyen-haut de gamme. Au Printemps par exemple, les soldes d'hiver 2011 sont qualifiés d' «exceptionnels» avec une progression globale de 10%, mais +13% environ pour le magasin Haussmann à Paris. Preuve que la chasse aux bonnes affaires n'est pas la priorité de tous.

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