Bilan hebdomadaire : stabilité à Paris

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La semaine écoulée s'est révélée incertaine, sur les places boursières mondiales, avec une grande volatilité de la cote japonaise et un Nikkei qui a rendu finalement 6%, corrigeant après l'euphorie des six derniers mois. La cote américaine a bien résisté à ce choc, sans affolement malgré les inquiétudes relatives à l'évolution de la politique de la Fed. Sur les marchés européens, le CAC 40, indice phare parisien, n'a guère évolué sur la semaine (-0,2%), restant très proche de la barre des 3.950 pts. Le CAC 40 affiche ainsi une performance voisine de l'équilibre sur cinq séances. Il clôturait cependant ce vendredi en déclin de 1,19% à 3.949 points. Les données économiques de la semaine ont confirmé les difficultés en Europe et la tentative de recovery américaine.

Moody's n'a rien changé lundi. En dépit de quelques progrès, l'agence de notation n'envisage pas pour le moment de revenir sur la perspective "négative" attachée à la note "Aa1" de la France car elle reste inquiète sur sa situation budgétaire et la perte de compétitivité de son économie. Seule Fitch a, pour le moment, maintenu sa note maximale "AAA" sur la France. Mais cette dernière est assortie d'une perspective "négative"...

La confiance des ménages est retombée en mai. L'indicateur (réalisé par l'Insee) qui la synthétise a perdu 4 points par rapport à avril et retrouve ainsi son minimum historique précédemment atteint en juillet 2008 à 79, selon la statistique dévoilée mardi. Le consensus tablait sur une petite hausse de l'indicateur à 85.

Comme attendu, l'OCDE a abaissé mercredi ses prévisions de croissance mondiale. En volume, le produit intérieur brut mondial devrait ainsi augmenter de 3,1% cette année et de 4% en 2014, selon les dernières prévisions de l'organisation, soit respectivement 0,3 et 0,2 point de moins que dans ses prévisions de l'automne dernier.

Au sein de la Zone euro, un recul du PIB de 0,6% est désormais attendu cette année (contre un repli de 0,1% anticipé auparavant), suivi d'un rebond de 1,1% en 2014.

Concernant la France, l'OCDE table sur une contraction de 0,3% de l'économie cette année (contre une hausse de 0,1% anticipée en mars) avant un rebond de 0,8% en 2014 (contre +1,3% auparavant). Le taux de chômage devrait continuer à augmenter pour atteindre 10,7% en 2013 et 11,1% en 2014. Avec ces évolutions revues à la baisse, le déficit public reviendrait à 4,0% du produit intérieur brut cette année et 3,5% en 2014, la dette publique passant dans le même temps à 94,5% du PIB en 2013 et 97,2% l'an prochain.

Les Etats-Unis, débarrassés des risques que faisait peser fin 2012 le "mur budgétaire", mèneraient en revanche la reprise des autres économies avancées avec un PIB en hausse de 1,9% cette année puis, en 2014, de 2,8%, le chiffre le plus élevé depuis 2005. S'agissant du PIB de la Chine, l'organisation n'escompte plus qu'une hausse de 7,8% en 2013 contre 8,5% précédemment.

"L'économie mondiale se renforce peu à peu, mais la reprise demeure fragile et inégale", a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. "Des politiques monétaires favorables, l'amélioration des conditions financières sur les marchés, ainsi que la restauration graduelle de la confiance, sont à l'origine de la reprise. En outre, les efforts budgétaires réalisés ces dernières années commencent à porter leurs fruits. Plusieurs pays s'acheminent vers la stabilisation de leur ratio dette publique/PIB et, par conséquent, vers une diminution progressive de leur endettement à long terme", a souligné M. Gurría.

L'économie américaine a progressé sur un rythme annualisé de 2,4% au 1er trimestre 2013, d'après la nouvelle estimation annoncée hier par le gouvernement des Etats-Unis. La précédente évaluation était de +2,5%, tout comme le consensus des économistes de la place. Les dépenses de consommation ont grimpé au rythme de 3,4% (contre 3,3% pour l'estimation précédente). L'indice de prix "core-PCE" a augmenté de 1,3%.

La plus importante progression des dépenses de consommation depuis le 2010 a donc été masquée par les coupes budgétaires américaines et une reconstitution plus lente des stocks, si l'on en croit les données dévoilées par le Département au commerce des États-Unis. Il s'agit de la seconde estimation globale du PIB du premier trimestre. La lecture finale est attendue fin juin. Notons également que les profits des entreprises sur le trimestre ont reculé de 43,8 Mds$, selon le gouvernement.

La dernière inspection menée par le FMI au Japon a montré que la reprise dans le pays montrait ses signes d'accélération, principalement sous l'effet des mesures adoptées par la banque centrale pour doper l'économie, en coordination avec le plan de relance gouvernemental. "Le succès de ce programme profitera non seulement au Japon mais contribuera également à renforcer la croissance et la stabilité de l'économie mondiale", a estimé le Fonds. L'organisation se dit également en phase totale avec la Banque du Japon et la fixation d'un objectif clair d'inflation, fondé sur un net accroissement du programme de rachat d'actifs. Le FMI rappelle malgré tout que ce plan prometteur doit être complété par un volet budgétaire, qui doit être rapidement lancé pour rééquilibrer les finances publiques.

Quant à la chute du yen, Anoop Singh, directeur du département Asie Pacifique de l'autorité internationale, ne la juge pas "problématique". "La forte dépréciation récente du yen doit être comprise dans un contexte d'effort conséquent et nécessaire de la BoJ pour sortir enfin de la déflation. Tant que l'assouplissement monétaire poursuit des buts domestiques, et est accompagné de réformes fiscales et structurelles conséquentes, nous ne voyons pas la récente dépréciation du yen comme étant problématique", a expliqué l'intéressé.

La croissance économique indienne a ralenti à 4,8% seulement sur le trimestre allant de janvier à mars 2013, contre 5,1% sur la même période, l'an dernier. Sur une période de 12 mois close en mars, la croissance de l'Inde ressort à 5%, contre 8% en moyenne durant les dix années passées ! Néanmoins, le Premier ministre Manmohan Singh affirme que l'expansion indienne devrait se reprendre dans les mois à venir, avec l'aide de politiques de croissance. Le dirigeant estime par ailleurs que l'inflation sera mieux contrôlée.

Le taux de chômage dans la zone euro a encore progressé en avril, selon Eurostat, pour atteindre 12,2% après 12,1% en mars. Cette lecture est conforme à ce que redoutaient les économistes en moyenne. Il s'agit d'une hausse d'un point en un an. Cela porte le nombre de chômeurs à 19,375 millions dans la zone euro, soit 95.000 de plus qu'en mars 2013 et 1,644 million de plus qu'en avril 2012.

Les pays les plus favorisés restent l'Autriche (4,9%), l'Allemagne (5,4%) et le Luxembourg (5,6%), alors à l'inverse que la Grèce (27%, données de février), l'Espagne (26,8%) et le Portugal (17,8%) restent en difficultés.

LES VALEURS

Vinci (+6% cette semaine). "La détente relative observée sur le trafic autoroutier, l'entrée en phase active et sans doute positive des négociations entre le gouvernement et les sociétés d'autoroutes sur les mesures de compensation des sujétions nouvelles, et par ailleurs la perspective de voir aboutir les discussions sur un plan de travaux routiers devraient amener le marché, jusqu'à présent particulièrement soupçonneux, à changer son regard sur Vinci" estime cependant le CM-CIC dans une note datée de ce vendredi.

Axa (+6% sur cinq jours de bourse). Standard & Poor's a relevé de "BBB+" à "A-" la notation crédit d'Axa Seguros, la filiale d'Axa au Mexique. L'agence a dans le même temps confirmé la note de taille nationale à "mxAAA". La perspective de la notation crédit "positive", et celle de taille locale est "stable". Le 22 mai, l'agence avait confirmé la notation "A+" d'Axa et de ses principales filiales.

Lafarge (+5% sur cinq séances). Rappelons que l'Assemblée générale mixte des actionnaires de Lafarge, réunie à Paris le 7 mai 2013 sous la Présidence de Bruno Lafont, a approuvé l'ensemble des résolutions soumises au vote des actionnaires. L'Assemblée a notamment approuvé un dividende de 1 euro par action et un dividende majoré de 1,1 euro par action. La mise en paiement interviendra le 5 juillet prochain (avec une date de détachement le 2 juillet 2013).
En réponse à l'inflation des coûts, le groupe a comme prévu passé des hausses de prix dont l'impact se verra au fil des mois. Les efforts menés sur la performance et l'innovation permettront comme prévu de générer 650 millions d'euros d'EBITDA additionnel sur l'année, a indiqué le management. "Le premier trimestre représente traditionnellement une faible contribution à nos résultats, et ne préfigure pas des résultats de l'année entière. Nos perspectives restent inchangées, et nous continuons à anticiper une croissance de la demande de ciment sur nos marchés comprise entre 1 et 4% en 2013", a précisé le président Bruno Lafont, qui a également confirmé les objectifs 2015. Il a ajouté que son groupe allait réduire son endettement sous les 10 milliards d'euros "le plus rapidement possible en 2013". La dette nette ressortait à 11,81 milliards d'euros au 31 mars dernier.

Saint-Gobain (+4% sur cinq jours). Bank of America ML avait retiré Saint-Gobain de sa liste de valeurs préférées du compartiment matériaux de construction la semaine dernière, avec Ferrovial, les deux valeurs ayant été remplacées par Bilfinger Berger et Taylor Wimpey, qui rejoignaient Wolseley... Le titre Lafarge a toutefois bénéficié cette semaine d'une belle orientation boursière du secteur...

BNP Paribas (+3% sur la semaine écoulée) s'est également bien comporté en bourse cette semaine... Notons que dans un avis de l'AMF lundi, la société anonyme de droit belge Société Fédérale de Participations et d'Investissement (détenue à 100% par l'Etat belge), a informé l'Autorité des marchés financiers, que par suite du reclassement de 3.617.753 actions BNP Paribas préalablement détenues pour le compte de l'Etat Belge et désormais détenues pour compte propre, elle détient, au 17 mai 2013, 127.747.434 actions BNP Paribas représentant autant de droits de vote, soit 10,27% du capital et des droits de vote de cette société.

France Telecom (-3% sur cinq jours). La guerre des prix à laquelle se livrent France Telecom et Iliad risque de peser sur les revenus du secteur en 2014 et au-delà, juge JP Morgan, après que l'opérateur historique eut annoncé une nouvelle offre quadruple via sa marque à bas prix Sosh. Une réaction de SFR ne peut être écartée, explique l'analyste, d'autant que le mouvement devrait conduire les clients titulaires des forfaits les plus chers vers les offres plus économiques qui se dessinent.

GDF SUEZ (-3% sur la semaine). Le groupe va prendre 9% du capital du gazoduc Nabucco West auprès du groupe autrichien OMV, a annoncé ce dernier lundi. La finalisation de l'opération est encore soumise à quelques conditions et devrait avoir lieu au second semestre de l'exercice en cours. Les deux entreprises ont convenu de ne pas divulguer le montant de la transaction... GDF Suez serait par ailleurs en discussions avec les groupes espagnols Gas Natural et Cepsa en vue de la vente de sa participation de 12% dans le gazoduc algérien Medgaz, affirmait Reuters mardi.

Pernod Ricard (-2% sur cinq séances). La présentation tenue par le groupe en Chine a tout particulièrement intéressé l'équipe de recherche de Nomura qui a surtout noté que si le potentiel de l'Asie à terme reste entier, des inquiétudes se confirment à plus brève échéance : "Le management a évoqué une progression plus "normalisée" à moyen terme dans la région, c'est-à-dire dans une fourchette légèrement inférieure ou supérieure à 10%, alors que l'exercice en cours n'atteindra pas la progression à deux chiffres". Pernod Ricard doit tenir au second semestre de l'année en cours une présentation investisseurs sur l'innovation à Paris, qui permettra de refaire un point détaillé.

Finance Plus, édité par lerevenu.com

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