Bilan hebdomadaire : le CAC 40 sauve les 3.700 points

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Bilan hebdomadaire : le CAC 40 sauve les 3.700 points
Bilan hebdomadaire : le CAC 40 sauve les 3.700 points
Le palmarès du CAC 40 cette semaine est amplement dominé par les bancaires, Société Générale et Crédit Agricole en particulier, après l'assouplissement des exigences de liquidité décidé par les régulateurs et les banques centrales (comité de Bâle).

La Banque Centrale Européenne, au terme de sa première réunion de politique monétaire de l'année 2013, a laissé inchangé son principal taux directeur à 0,75% hier, comme le prévoyaient une grande majorité d'économistes. Le gouverneur Mario Draghi a ensuite commenté la décision lors de la traditionnelle conférence de présentation.

"Sur la base de nos analyses monétaires et économiques régulières, nous avons décidé de maintenir les taux directeurs inchangés. Les taux d'inflation IPCH ont reculé au cours des derniers mois, comme prévu, et devraient tomber en dessous des 2% cette année", a expliqué le patron de la BCE, qui juge que les pressions inflationnistes "devraient rester contenues", tandis que le taux sous-jacent de l'expansion monétaire "continue d'être retenu". "Les anticipations inflationnistes pour la zone euro restent bien ancrées dans le droit-fil de notre objectif de maintien des taux d'inflation inférieurs à mais proches de 2% à moyen terme", selon Mario Draghi.

Quant à l'analyse économique de la région, la BCE estime que la faiblesse économique dans la zone euro "devrait se prolonger en 2013", pour les raisons déjà citées que sont l'ajustement "nécessaire" des bilans dans les secteurs financiers et non-financiers et l'incertitude économique actuelle. L'activité devrait par la suite reprendre progressivement dès cette année, en s'appuyant sur la politique monétaire accommodante et le regain de confiance des marchés financiers. Mario Draghi a une nouvelle fois exhorté les gouvernements, "afin de maintenir la confiance", à réduire encore leurs déséquilibres structurels et budgétaires et à procéder à une restructuration du secteur financier. Pour l'heure cependant, les risques pour les perspectives de l'économie de la zone euro "restent orientés à la baisse".

Les statistiques européennes de la semaines ont confirmé d'ailleurs cette faiblesse. Aux États-Unis, les données divulguées ont été contrastées, confirmant toutefois l'accalmie.

La Réserve fédérale versera par ailleurs 88,9 milliards de dollars au Trésor américain, après avoir enregistré un bénéfice record de 91 milliards de dollars en 2012. La Fed précise que 80,5 Mds$ proviennent de revenus d'intérêts sur les titres acquis à travers ses programmes d'assouplissement quantitatif. En 2011, la Fed avait reversé 75,4 Mds$ au Trésor.

Parmi les voix critiques à l'égard de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed, au sein de la banque centrale, James Bullard, le président de la Fed de St. Louis, a prévenu du risque d'inflation. Bullard, qui vote aux réunions monétaires, admet que l'inflation est pour l'heure sous l'objectif de 2% de la Fed. Cependant, le responsable se montre préoccupé par la politique "très agressive" de la banque centrale américaine, qui prendrait des risques selon lui. Ces commentaires étaient tenus devant la Wisconsin Bankers Association de Madison.

Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, juge également que la politique de taux zéro et les assouplissements quantitatifs de la Fed pourraient provoquer l'inflation. "Une période prolongée de taux d'intérêt zéro pourrait substantiellement augmenter les risques de futurs déséquilibres financiers", ajoute George, à l'occasion d'un discours à Kansas City. "La politique monétaire, en contribuant aux déséquilibres financiers et à l'instabilité, pourrait aussi facilement aggraver le chômage que le soigner", a précisé la responsable.

Malgré ces opinions dissidentes, certains responsables régionaux de la Fed restent fidèles au clan Bernanke / Yellen (Janet Yellen est la vice-présidente de la banque). Narayana Kocherlakota, de la Fed de Minneapolis, pense ainsi que "la politique monétaire est actuellement trop dure, et non pas trop facile".

LES VALEURS

Crédit Agricole (+12% sur la semaine !) a grimpé avec les assouplissements du Comité de Bâle, qui ont bénéficié à l'ensemble du secteur bancaire. Le segment bancaire a donc salué par une douce euphorie boursière la décision du Comité de Bâle d'assouplir certaines règles de liquidités de sa réforme dite "Bâle 3". Le conseil des gouverneurs du comité de Bâle a entériné un report de 4 ans de l'entrée en vigueur des nouvelles règles du ratio de liquidité à un mois (LCR), notamment pour ne pas freiner le crédit bancaire.
L'entrée en vigueur du nouveau ratio, initialement prévue au 1er janvier 2015, se fera désormais de manière graduelle jusqu'au 1er janvier 2019. La réforme ne sera ainsi entérinée qu'à 60% en 2015 : les banques devront à cette date conserver au moins 60% du montant total du coussin de liquidités requis, puis elles devront atteindre 100% d'ici janvier 2019... Société Générale (+12% également sur cinq séances) s'est envolée pour les mêmes motifs...

STMicroelectronics (+7% sur cinq jours de bourse). Bank of America ML a relevé cette semaine de 14%, à 7,10 euros, son objectif de cours sur STMicroelectronics, dossier suivi à l'achat que le courtier apprécie particulièrement en cette année 2013. L'analyste joue notamment le redressement via la sortie de ST Ericsson.

EADS (+5% depuis lundi, au sommet depuis 2005 !). Singapore Airlines a transformé en commandes fermes un engagement signé en octobre dernier portant sur 5 A380 et 20 A350-900. Airbus a désormais placé trois commandes pour le très gros porteur, ce qui en fait le second plus important client de l'appareil. Sur la base des prix catalogue 2012, les 5 A380 représentent près de 2 milliards de dollars et les 20 A350-900 quelque 5,55 milliards de dollars. Airbus profite aussi actuellement des mésaventures techniques de Boeing, avec son fameux appareil 787 Dreamliner. EADS tiendra la semaine prochaine, le 17 janvier à Toulouse, sa traditionnelle conférence de presse de début d'année. A cette occasion, le groupe fournira quelques indications sur son activité commerciale 2012 et sur ses perspectives 2013. Les résultats détaillés ne seront connus que le 27 février.

Capgemini (+4% sur la semaine). Le dossier s'est bien comporté en bourse cette semaine. La séance du jour ce vendredi était particulièrement propice, dans le sillage de la SSII indienne Infosys qui vient de dévoiler d'excellentes performances. Le groupe a rehaussé ses prévisions de revenus annuels, après un trimestre supérieur aux attentes. En outre, l'Allemand SAP a lancé de son côté une vaste offensive produit hier soir, tout en indiquant être en avance sur son plan de marche de moyen terme.

France Telecom (+3% sur cinq séances). Mercredi, le Financial Times rapportait que plusieurs opérateurs de télécommunications européens historiques discutaient actuellement de la création d'un vaste réseau paneuropéen partagé. L'idée aurait émergé d'une rencontre entre le Commissaire européen Joaquin Almunia et les dirigeants de France Telecom (France), Deutsche Telekom (Allemagne), Telecom Italia (Italie) et Telefonica (Espagne), selon les informations du FT. Le quotidien soulignait que ce projet ambitieux se heurterait cependant à de nombreuses contraintes financières, techniques et réglementaires, mais qu'il rapprocherait le marché européen de ses homologues chinois ou américain, tout en permettant aux consommateurs de bénéficier de meilleurs tarifs paneuropéens...
Hier, l'agence Fitch a expliqué cependant qu'elle ne croyait pas au succès des discussions concernant un tel déploiement d'un réseau de télécommunications paneuropéen. Pour être efficace, ce projet devrait en effet recevoir l'appui de quasiment tous les opérateurs principaux du continent européen, selon l'agence, mais ne bénéficierait pas de façon égale à chacun des participants. Les régulateurs nationaux verraient en outre d'un mauvais oeil ce type d'opération, qui se heurterait de surcroît à des écueils techniques d'importance et à la barrière de la langue. Fitch estime en revanche que les accords nationaux de partage de réseaux auront tendance à se développer, et explique que la position de la Commission en faveur de cette infrastructure géante laisserait à penser qu'un assouplissement des règles antitrust n'est pas à exclure.

Technip (-8% sur la semaine). Le dossier a été pénalisé notamment cette semaine par une note de Goldman Sachs. La banque a dégradé le titre du groupe parapétrolier à "neutre" tout en sortant l'action de sa liste de valeurs favorites. L'objectif de cours est abaissé de 126 à 98 euros. Le titre avait déjà souffert hier après que Cheuvreux eut dégradé d'un cran, de "surperformance" à "sousperformance", sa recommandation sur le dossier, pour un objectif abaissé de 100 à 90 euros.

Gemalto (-8% sur cinq jours). Après un parcours sans faute pour le titre au cours des derniers mois, l'avis des analystes d'Exane BNP Paribas a pesé cette semaine. Exane a dégradé sa recommandation de "surperformance" à "neutre", avec un objectif de cours confirmé à 70 euros. Avec une prime sectorielle estimée à 30% en terme de PE, Exane pense globalement que le potentiel de Gemalto est désormais limité.

Carrefour (-7% sur cinq séances). Le titre du groupe de distribution a essuyé de lourds dégagements cette semaine, sur fond de craintes de forte baisse des ventes de ses hypermarchés en France en fin d'année 2012. Selon Reuters, qui citait mercredi une source de marché évoquant des informations en provenance de Casino, le groupe aurait vu les ventes de ses hypermarchés Carrefour en France (hors essence) chuter de 8 à 9% au quatrième trimestre. "La fin d'année semble avoir été extrêmement difficile pour les distributeurs en France", commente pour sa part un analyste.

Saint-Gobain (-5% sur la semaine). Le fournisseur de matériaux de construction a souffert cette semaine, dans un climat boursier moins serein désormais pour le compartiment. Le ralentissement de la dynamique opérationnelle au cours des derniers mois avait récemment inquiété une firme de recherche de la place.

EDF (-5% sur cinq jours). L'hypothèse d'un partenaire financier chinois pour appuyer EDF dans ses projets de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni a refait surface... Le Wall Street Journal croit ainsi savoir que China Guangdong Nuclear Power Company pourrait récupérer l'option détenue actuellement par Centrica pour participer aux projets d'EDF à hauteur de 20%. Aucune évolution n'est cependant attendue avant que le groupe français et les autorités britanniques n'aient bouclé leurs négociations quand aux prix qui seront pratiqués dans le cadre du projet Hinkley Point, précise le quotidien. Récemment, la presse britannique s'était émue de l'éventualité de voir des sociétés chinoises au capital d'actifs aussi stratégiques que les centrales du pays. Le WSJ croit cependant savoir que les négociations entre EDF et CGNPC seraient déjà à un stade avance.
EDF a vendu, fin 2012, la totalité de sa participation dans l'américain Exelon, soit 1,6% de son capital. La transaction a été réalisée au prix de 34,70$ par action, soit une prime de 18,6% sur le dernier cours coté sur le NYSE. L'énergéticien français a ainsi récupéré 470 millions de dollars bruts (environ 354 millions d'euros). En bourse, le Crédit Suisse a abaissé ce matin de "neutre" à "sousperformance" sa recommandation sur le dossier EDF, pour un objectif ramené de 14 à 12 euros seulement. La décision a été prise alors que les résultats et les cash-flows du groupe devraient se réduire, selon l'analyste, qui craint une baisse du dividende 2013 malgré la politique de réduction des investissements.

Finance Plus, édité par Le Revenu

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