BILAN-Entre drames et doutes, 2015 marque un tournant pour Hollande

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    * Attentats terroristes en janvier et novembre 
    * La Syrie en toile de fond 
    * Hollande met le cap sur 2017 
    * Le Front national bouleverse le paysage politique 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 28 décembre (Reuters) - De l'aveu même de François 
Hollande, 2015 fut "une année terrible et douloureuse". Marquée 
par les pires attentats jamais commis en France et une envolée 
de l'extrême droite, l'année écoulée a signé un tournant 
politique pour le chef de l'Etat.  
    Le président français s'apprête à vivre la dernière année 
pleine de son quinquennat, celle des dernières réformes et des 
résultats obligatoires, en particulier sur le front du chômage.  
    Il en va de la crédibilité de sa candidature à l'élection 
présidentielle de 2017 dont personne, à gauche comme à droite, 
ne doute plus guère.  
    François Hollande, qui avait du mal à incarner la fonction 
présidentielle depuis ses débuts à l'Elysée, a changé de stature 
après les attentats des 7 et 9 janvier visant notamment 
l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un hypermarché juif.   
    L'image du président entouré d'une cinquantaine de 
dirigeants prise dans une rue de Paris le 11 janvier, jour où 
quatre millions de Français défilèrent eux aussi dans toute la 
France, est entrée dans l'Histoire.  
    Mais après des mois passés sous la menace terroriste avec 
des attentats de faible ampleur, le pire était à venir.  
    Le 13 novembre, 130 personnes ont été assassinées et 600 
blessées par des équipes de djihadistes belges et français.    
    "C'est une horreur", déclarait François Hollande le soir du 
drame, qui l'a vu se rendre dans la salle de spectacle du 
Bataclan peu après la fin du massacre de 90 personnes. 
    Cette même nuit, le gouvernement décrétait l'état d'urgence 
dans tout le pays, du jamais vu depuis la guerre d'Algérie. 
Trois jours plus tard devant le Parlement réuni à Versailles, le 
président annonçait un arsenal législatif exceptionnel pour 
mener à bien la "guerre" engagée contre le terrorisme. 
    Ce train de mesures comprend l'extension de la déchéance de 
nationalité pour les binationaux nés Français, confirmée la 
semaine dernière, au grand dam d'une partie de la gauche.       
     
    GRÈCE ET MIGRANTS ONT DOMINÉ L'AGENDA EUROPÉEN 
    Ces "terribles épreuves" ont "confirmé que nous étions un 
pays visé par les terroristes mais un pays aimé du monde 
entier", soulignait mardi dernier François Hollande. "Face à ces 
drames, nous sommes capables de réagir."  
    Le "président bouclier" termine l'année plus haut dans les 
sondages, une majorité de Français ayant approuvé son action 
après l'avoir relégué au rang de chef de l'Etat le plus 
impopulaire de la Ve République. 
    Théâtre d'atrocités, berceau avec l'Irak des djihadistes, 
lieu de départ de centaines de milliers de réfugiés en direction 
de l'Europe en quête d'une vie meilleure, la Syrie a constitué 
le fil rouge de cette année sanglante.  
    D'une crise à l'autre, François Hollande a conservé ses 
habits de chef de guerre endossés lors de l'intervention de 
l'armée française au Mali en janvier 2013, en intensifiant les 
frappes aériennes françaises contre l'Etat islamique en Syrie et 
en Irak, tout en maintenant la pression au Sahel.  
    Année du pire et du meilleur, 2015 s'est terminée sur un 
succès diplomatique majeur pour la France avec l'accord 
unanimement salué de la COP21 de Paris, où 195 pays se sont 
entendus pour limiter le réchauffement climatique. 
    Dans le calendrier diplomatique du président français, on 
retiendra aussi une nuit blanche passée à Minsk avec l'Allemande 
Angela Merkel, l'Ukrainien Petro Porochencko et le Russe 
Vladimir Poutine pour ramener le calme dans l'est de l'Ukraine, 
un compromis trouvé avec Moscou après l'annulation de la 
livraison de deux navires Mistral français, la vente d'avions de 
chasse Rafale à l'Egypte puis à l'Inde et au Qatar ou encore une 
visite historique dans l'île communiste de Cuba.   
    Au plan européen, la crise des migrants et le sauvetage 
économique de la Grèce ont occupé tout l'été, François Hollande 
oeuvrant aux côtés du Premier ministre grec Alexis Tsipras pour 
maintenir Athènes dans la zone euro.   
     
    CONTRE LE CHÔMAGE, "TOUT DOIT ÊTRE ESSAYÉ" 
    Mais en politique intérieure, 2015 a été l'année du doute. 
Elle a commencé en mars par une déroute de la gauche aux 
élections départementales, marquée par une poussée du Front 
national amplifiée lors du scrutin régional de décembre.  
    Si elle a réussi à conserver cinq régions sur les 13 que 
compte la carte de France redessinée par la réforme 
territoriale, la gauche doit, au même titre que la droite, 
répondre à une crise sans précédent et au bouleversement du 
paysage politique, désormais "tripolarisé".  
    Soucieux de prendre de la hauteur tout en laissant Manuel 
Valls, à la manoeuvre, François Hollande aura fort à faire en 
2016 pour unir un pays qu'il décrit lui-même comme "fragmenté", 
où beaucoup se sentent "abandonnés".  
    "Ce qui menace notre société, ce sont les murs entre les 
individus, entre les territoires, entre les catégories sociales, 
entre les croyances, entre les convictions", déclarait-il la 
semaine dernière. "L'isolement, le sentiment de relégation, 
d'abandon, c'est ce qui, à un moment, peut faire tourner les 
esprits les plus républicains."  
    Il a conditionné sa candidature à un second mandat à une 
baisse significative du chômage, objectif qu'il n'a pas atteint 
pour l'instant.    
    Contre ce fléau, "ma formule c'est que tout doit être 
essayé, tout et partout", martèle-t-il, alors que le nombre de 
chômeurs a légèrement décru en novembre.  
    Le président devrait dévoiler un train de mesures lors de 
ses voeux aux acteurs économiques, le 18 janvier au Conseil 
économique et social.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • frk987 le lundi 28 déc 2015 à 10:38

    Mon pauvre Hollande, tu n'as pas la carrure et encore moins le charisme pour exercer ta fonction. Elu par des gens de peu de culture, alléchés par des propositions démagogiques, te voilà le Roi, tu resteras dans l'histoire par ton incompétence, ta nullité, on ne transforme pas un sous-préfet en président. Et toi, t'as le niveau d'un chef de bureau à la préfecture de la Corrèze.