Biennale des antiquaires : un grand rendez-vous du marché de l'art

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(lerevenu.com) -

C'est est l'un des plus prestigieux rendez-vous du marché de l'art au monde. La 26e édition de ce salon tente de reconquérir le public et si possible un public d'acheteurs. Installés au Grand Palais, plus de 120 antiquaires, galeristes et joailliers exposent des merveilles qui vont de l'archéologie aux mobiliers des années soixante-dix, en passant par les arts premiers, l'argenterie, la numismatique et bien sûr le mobilier et la peinture, ancienne et moderne. C'est l'occasion de «faire son ?il», comme disent les spécialistes, c'est-à-dire d'exercer son regard à la beauté, à la qualité et parfois même à l'excellence. C'est aussi le moyen de connaître les tendances, les modes pour les suivre ou au contraire pour faire des paris sur l'avenir et investir à contre courant.

Sous la verrière du Grand Palais, tout est à voir. Mais, il y a quelques pépites qu'il ne faut pas manquer, comme le stand de la galerie Kraemer où est présentée une sélection de meubles inédits du XVIIIème estampillés de Jean-Henri Riesener (1734-1806), ébéniste favori de la reine Marie-Antoinette. À voir aussi, le stand de la galerie Downtown qui a reconstitué l'intérieur d'un appartement conçu par Charlotte Perriand dans les années cinquante. Quant aux galeries Valois et Mativet, elles privilégient les meubles Art déco d'Armand Albert Rateau (1882-1938). La Galerie Fleury présente, elle, pour l'occasion une belle sélection de dessins et de sculptures d'Ossip Zadkine (1880-1967).

Il y a aussi des trésors qui trônent dans les stands, comme cette exceptionnelle Dame de Cour chinoise (dynastie Tang de 618 à 907- photo ci-dessous) qui vous accueille à l'entrée de la Galerie Deydier proposée à 2,4 millions d'euros, ou ce «bahut marin» (en photo ci-dessus), un meuble extravagant de l'ébéniste François Linke (1855-1946) à la galerie Chadelaud dont on espère 6 millions d'euros. Cette galerie présente aussi un meuble d'Edouard Lièvre (1828-1886), ébéniste très inspiré par l'art extrême oriental que l'on redécouvre depuis quelques années.

L'antiquaire Marc Maison s'est, lui, spécialisé dans ce secteur très pointu des meubles français d'inspiration extrême-orientale créés à la fin du XIXe siècle. Le pari semble porter ces fruits. Le marché et les acheteurs redécouvrent les riches créations de la fin du XIXe siècle, longtemps remisées dans les réserves et les greniers, car jugées trop kitch. Elles font un retour remarqué depuis que des décorateurs et des antiquaires les marient avec des créations contemporaines épurées. C'est le cas, par exemple, de la Galerie «Le Couvent des Ursulines» qui fait la démonstration que les meubles Charles X s'associent parfaitement avec des matériaux industriels et bruts.

Dans les allées de la Biennale, pensées et décorées par Karl Lagerfeld, on découvre aussi de jolis objets relativement abordables. La galerie David Ghezelbash présente ainsi de très belles pièces archéologiques, parmi lesquelles des idoles aux yeux de type cloche» datant du IVe millénaire avant Jésus-Christ, dont les prix varient de 3 000 à 4 500 euros. La galerie Delalande propose un «pocket globe terrestre» du XIXe siècle dans son coffret sphérique recouvert de peau de roussette pour 11 000 euros, ou un petit cadran solaire horizontal de type Butterfley datant du XVIIe siècle pour 3 200 euros. Son voisin, la galerie F. Baulme Fine Arts présente de beaux tableaux de petits maîtres comme cette scène religieuse signée Domenico Mando (1723-1806) proposée à 12 000 euros.

L'avis du Revenu Cette Biennale 2012 est un bon cru, mais l'incertitude planait dans les allées le soir du vernissage: les acheteurs seront-ils au rendez-vous ?

Myriam Simon

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