"Bielsa est tout, sauf un salaud"

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"Bielsa est tout, sauf un salaud"
"Bielsa est tout, sauf un salaud"

Avant de gagner l'ours d'argent au festival de Berlin avec El Club, Pablo Larraín a fait partie de l'équipe nationale chilienne des lycées. Supporter désespéré de l'Universidad Catolica, le prometteur réalisateur chilien s'est consolé cet été avec la victoire de la Roja en Copa América.

Votre dernier film, El Club, parle de l'église, et d'un groupe de curés isolés dans un village. Y a-t-il un rapprochement à faire avec le football ? Un club, c'est un ensemble de personnes qui se réunissent avec un même objectif. Il y a des règles, des références communes, et en général, ces personnes veulent protéger ce club, quelques fois aux dépens de plein de choses. Dans ce cas précis, le club est une métaphore. Dans mon film, les curés défendent des intérêts communs, et dans ce sens, oui, il y a un rapport avec le foot.
Que représente le foot au Chili ? C'est une activité essentielle. Ça fait partie des rares choses qui unissent les Chiliens. Dans un pays polarisé comme le Chili, seul le football peut rassembler comme ça.
La récente victoire en Copa América a servi de catalyseur social ? Jusque-là, on n'avait jamais eu de bons résultats. J'étais au stade pour la finale et c'était fou. Je disais à mes enfants que je n'avais jamais rien connu de tel, pas plus que mon père ou mon grand-père. Mon fils, qui a 5 ans, a une chance énorme d'avoir déjà vu le Chili champion d'Amérique. Avant, c'était horrible, on visait, au mieux, le match nul. Contre le Brésil, l'objectif était toujours de prendre un point ou de perdre par le plus petit score possible. La sélection actuelle nous rend heureux, car elle a effacé des années de frustration.
Justement, tu as déclaré que la culture avait disparu pendant la dictature. Le football a lui aussi été touché ? Je ne suis pas le seul à le dire, tout le monde pense la même chose. Une dictature détruit tout, elle abîme l'âme d'un pays, son énergie. Je ne sais pas exactement comment cela a affecté le football, mais personne ni rien ne passe à travers les gouttes, personne n'est tranquille. Le stade, par exemple, a servi de camp de concentration et de lieu de torture à la dictature. Carlos Caszely a été très important, il a eu le courage de s'opposer à Pinochet en prenant part à la campagne du NO ! (Le joueur avait notamment refusé de serrer la main du dictateur. Un affront public qui vaudra à sa mère un séjour dans les camps de concentration. Mère et fils…



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