Bic met les investisseurs de mauvais poil

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Crédit: Bic
Crédit: Bic

A la mi-séance, le titre BIC chute de 9% et revient sur ses plus bas depuis 3 ans et demi dans des volumes étoffés. Le fabricant de stylos, briquets et rasoirs jetables vient d’abaisser pour la seconde fois cette année son objectif annuel de croissance organique.

Bic table désormais une croissance organique « légèrement en dessous de 2% » alors qu’il anticipait auparavant une hausse du chiffre d’affaires comprise entre 3 et 4%. On est loin de l’objectif de 5% que le spécialiste des rasoirs et briquets visait encore en début d’année.

Mauvaise passe aux Etats-Unis

En cause, l’environnement sur le continent américain qui reste compliqué car soumis à de fortes pressions concurrentielles. «Le marché du rasoir est en baisse de 9,1% sur les 8 premiers mois de l'année tandis que le marché du rasoir jetable est en baisse de 4%», expliquait le directeur général délégué du groupe, Gonzalve Bich, lors d’une conférence de presse vendredi soir.

Sur ce segment, «les acteurs historiques tels que Gillette ou Bic sont confrontés à une forte concurrence liée au boom du commerce en ligne», qui tire les prix à la baisse. Résultat, les ventes de rasoirs de Bic ont chuté de 4,3% à taux de change et périmètre constants au premier semestre, pour revenir à 236 millions d'euros.

Toujours en Amérique du nord, où le groupe réalise 39% de son chiffre d’affaires, le segment des briquets traverse lui aussi une mauvaise passe. Le groupe justifie cette contreperformance par le fait que «plusieurs clients importants de Bic ont réduit leurs niveaux de stocks, affectant les ventes aux distributeurs».

Pour le bureau d’études Natixis, «l’Amérique du Nord restera sous forte pression sur le second semestre». Et «bien que le groupe améliore sensiblement sa part de marché, cela ne suffira pas à atteindre les objectifs», explique la banque qui abaisse en conséquence ses anticipations sur la division briquets. Les analystes tablent désormais sur une croissance à périmètre comparable de 1% sur l’année, et de +1,2% sur le second semestre.

Le Brésil dans la tourmente

Au Brésil, le groupe français subit des vents contraires et ce dans chacune de ces divisions. Bic qui réalise un peu moins de 8% de ses ventes au Brésil évoque un « ralentissement plus fort que prévu », les détaillants brésiliens réduisant leurs stocks dans tous ses segments d'activité, face au déclin de la consommation dans le pays, en pleine débâcle économique.

Malgré ces difficultés, le groupe maintient sa prévision de marge opérationnelle annuelle. Cette dernière devrait limiter son recul à moins de 1 point de pourcentage en 2017. Il peut en effet compter sur la résilience de sa principale division, les articles de papeterie, qui pèse pour plus d’un tiers du chiffre d’affaires. Les ventes de son cœur de métier ont progressé de 3,3% à base comparable sur le premier semestre, à 428,1 millions d'euros, dont +9,1% au deuxième trimestre grâce à de solides ventes aux distributeurs à l’occasion de la rentrée scolaire.

Mais ce n’est pas suffisant pour rassurer les analystes de la place. Bryan Garnier confirme sa recommandation à neutre sur le dossier mais abaisse son objectif de cours à 100 euros. Même constat pour Oddo BHF qui reste neutre sur la valeur mais révise son objectif de cours à 115 euros au lieu de 123 euros.

Quant à Natixis, le bureau d’études ne vise plus que 1,1% de croissance organique du chiffre d’affaires pour 2017 alors qu’il anticipait une croissance de 3,8% en début d’année. Selon lui, «la société semble correctement valorisée » au vu du « manque de visibilité sur la croissance des prochaines années» . L’objectif de cours est abaissé à 100 euros contre 119 euros précédemment.

Lanterne rouge du SBF 120, le titre recule de 9,01% pour s’échanger à 92,26 euros dans des volumes importants avec déjà plus de 280.000 titres échangés à la mi-journée.

Florentine Loiseau (redaction@boursorama.fr)


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  • mxnagg il y a 3 mois

    Le patron Bruno Bich ( boomer ) veux certainement vendre au cinois avant de partir en retraite, donc il massacre pour que les investisseur lache l'affaire ( grand classique chez Boomer ) Apres eux : de la poussiere et des cendres