Biathlon: Martin Fourcade n'a plus que l'Olympe à gravir

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MARTIN FOURCADE VISE L'OR À SOTCHI
MARTIN FOURCADE VISE L'OR À SOTCHI

par Chrystel Boulet-Euchin

BOULOGNE-BILLANCOURT, Hauts-de-Seine (Reuters) - Il a tout raflé cette saison, battu de nouveaux records mais une dernière ligne reste à écrire au palmarès du biathlète Martin Fourcade, celle qu'il rêve de tracer à Sotchi, dans un peu moins d'un an, aux Jeux olympiques.

Un sacré graal et peu de doutes quant à sa capacité à gravir ce dernier sommet, comme le biathlète l'a expliqué à Reuters mardi lors d'une interview.

"Le bilan de cette saison est exceptionnel, tout spécialement en raison de la régularité au plus haut niveau", affirme sans fausse modestie Martin Fourcade, 24 ans.

"C'est historique : 10 victoires, le dossard jaune (de leader du classement général de la Coupe du monde, NDLR) de la première à la dernière course, ce qui n'avait jamais été fait."

Et un Grand Chelem puisque le cadet des frères Fourcade, qui a suivi dans son sport les traces de son aîné, Simon, a remporté, en plus du classement général, les globes dans toutes les disciplines du biathlon (sprint, poursuite, individuelle, mass-start).

A cette avalanche de cristal s'est ajoutée une pluie de médailles aux championnats du monde, à Nove Mesto, en République tchèque, d'où le Français a rapporté cinq médailles, dont une d'or sur l'individuelle.

Seul un autre Français avait réalisé un Grand Chelem avant lui, Raphaël Poirée en 2004. Ce dernier totalise 44 victoires en Coupe du monde, 20 de plus que son jeune compatriote qui a encore l'avenir devant lui pour atteindre cet objectif.

"LES RECORDS, DE PETITS OBJECTIFS"

Mais en parlant de buts à atteindre, le premier d'entre eux est l'or olympique pour Martin Fourcade, qui avait échoué sur la deuxième marche du podium sur 15 km départ en ligne, à Vancouver en 2010.

"Maintenant, le seul véritable objectif, c'est l'or aux Jeux", explique Fourcade, qui vient de remporter le gros globe pour la deuxième année consécutive.

"Cette année, j'ai fait des choses que même Poirée ou (le sextuple champion olympique et six fois vainqueur de la Coupe du monde norvégien Ole Einar) Björndalen n'ont jamais faites. Les records, ce sont de petits objectifs qui permettent d'avancer vers le but.

"Depuis Vancouver, sur les trois championnats du monde, j'ai ramené des médailles d'or (cinq, NDLR), c'est le but aux Jeux", ajoute le jeune champion.

Et comme beaucoup de ceux qui réussissent, il ne compte pas changer une méthode qui gagne pour préparer l'événement suprême.

"Je vais faire ce que je sais faire, ce qui marche depuis quatre ans", dit-il en rappelant cependant que sa domination sur les dernières saisons n'est pas un gage de réussite en Russie.

"C'est un sport où tout peu basculer très vite", explique-t-il, rappelant qu'en tir comme en ski de fond, la marge est souvent infime.

"Il y a beaucoup de paramètres. A un millimètre près, on peut passer de la première à la 15e place. Il ne faut jamais l'oublier car pour savoir qu'on peut gagner, il faut aussi savoir qu'on peut perdre."

Ce qu'il n'envisage évidemment pas, même s'il tente de relativiser.

100%

"Je peux réussir mes Jeux sans faire l'or si je repars avec six médailles en six courses. Mais j'ai fait jusqu'à présent tout ce qu'il fallait pour être champion olympique et je vais continuer. J'ai tout fait à 100% jusque-là et il faudra faire ce 100% le jour J", dit-il.

La saison en cours va réellement prendre fin le 10 avril, après une ultime épreuve, plutôt récréative, la "Champions' race" qui réunit les 15 meilleurs mondiaux sur la saison à Moscou, avant les vacances - dix jours "à la maison en famille" et 10 jours au soleil, avec sa "copine".

"Je ferai un peu de sport, parce que j'aime ça, mais juste ce qui me plaît. Et dès le 1er mai, au boulot avec un premier rassemblement de l'équipe de France programmé le 7", dit-il.

La Coupe du monde reprendra le 1er décembre et il la disputera comme il le fait toujours, sur le même mode de préparation. Pour deux raisons.

"D'abord, gagner met en confiance, j'attaquerai cette Coupe du monde pour la défendre. Ensuite, pour être qualifié aux Jeux en mass-start, il faut être dans les 15 premiers au classement général", souligne-t-il.

"En revanche, le globe n'est pas mon objectif premier."

L'objectif majeur est donc la plus haute marche du podium olympique et après, advienne que pourra.

"Sportivement après ça, je n'aurai plus grand-chose à aller chercher mais je continuerai à me faire plaisir, tant que ça dure et, je l'espère, au moins deux ans après Sotchi", conclut Martin Fourcade.

Edité par Gilles Trequesser

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