Biathlon: les Fourcade, rivaux un jour, frères toujours

le
0
MARTIN ET SIMON FOURCADE, RIVAUX UN JOUR, FRÈRES TOUJOURS
MARTIN ET SIMON FOURCADE, RIVAUX UN JOUR, FRÈRES TOUJOURS

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Il y a Simon, l'aîné, et Martin, le cadet. Il y a surtout deux frères qui, une fois la saison lancée, doivent composer entre l'histoire de famille et la compétition, où les Fourcade font partie de l'élite mondiale.

Simon Fourcade, 28 ans, a soulevé à la fin de la saison dernière le globe de cristal de biathlon en individuel et en relais, disciplines dans lesquelles il a également terminé avec la médaille d'argent aux championnats du monde à Ruhpolding, en Allemagne.

Alors que les épreuves de Coupe du monde de biathlon -qu'il a terminée à la cinquième place l'an dernier- commencent ce dimanche, le début de saison de Simon Fourcade va être retardé en raison d'une opération qu'il doit subir la semaine prochaine. Mais il compte bien être de retour pour les championnats du monde, en février.

Dans le même temps, Martin, quatre ans de moins, a terminé en tête du classement général de la Coupe du monde et glané trois titres mondiaux (sprint, poursuite et mass star). Cette saison, il doublera avec les épreuves de Coupe du monde de ski de fond, pour laquelle il s'est qualifié, même si le biathlon reste sa priorité.

Aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, Martin a pris l'argent en mass start, là où son frère aîné a dû se contenter de la 14e place.

Pas forcément facile à accepter pour celui qui a ouvert la voie. "Au début, j'en ai vraiment c.... Je suis quelqu'un d'entier. Mes adversaires sont des adversaires mais c'est dur de faire ça avec son frère", a expliqué Simon Fourcade à Reuters lors de la présentation des équipes de France en octobre.

"UN PEU DE JALOUSIE"

"J'ai perdu du temps, j'ai mis un an et demi à faire la part des choses entre la vie sportive et la vie privée. C'est dur de voir le petit frère arriver et tout gagner. Il y avait peut-être un peu de jalousie", reconnaît-il.

Simon n'a pu faire abstraction de la réussite du petit frère et l'a peut-être payé cher. Il avoue aujourd'hui que l'argent décroché ensemble en relais aux championnats du monde lui a sans doute permis d'avancer.

"Je me focalisais sur lui, j'avais envie de le battre mais je n'arrivais pas à avoir cette 'haine'. La distance, c'est en course que je n'arrivais pas à la mettre. Maintenant, c'est fait. Et le podium commun y a fait pour beaucoup", a-t-il reconnu.

Martin a, semble-t-il, beaucoup moins d'états d'âme que son grand frère et ne connaît aucun problème à faire la part des choses.

"Deux frères, ça se chamaille, il y a des hauts et des bas, ça évolue. Avec le sport de haut niveau, c'est exacerbé. Il faut segmenter les deux parties", a expliqué le cadet.

"Moi, j'étais du bon côté de la barrière en réussissant plus vite. Pour moi, la distinction a toujours été claire. Entre frère et adversaire, il n'y a pas d'ambiguïté pour moi."

Pour autant, Martin Fourcade reconnaît qu'à l'heure actuelle il ne partage pas ses loisirs avec son frère. Non pas que la rivalité persiste hors des pistes mais seulement par besoin de changer d'atmosphère.

À QUI L'OR?

"Quand on coupe avec la compétition, j'ai besoin de couper avec le biathlon, dont il fait partie. On ne part donc pas en vacances ensemble. Mais j'ai toujours plaisir à le retrouver pour des repas de famille et on mange l'un à côté de l'autre", a-t-il souligné.

"Un jour, on arrêtera d'être biathlètes mais on sera toujours frères."

En attendant une carrière dont la fin n'est pour l'heure envisagée ni par l'un, ni par l'autre, deux grandes échéances à venir les mettront en compétition lors des saisons à venir.

Les championnats du monde d'abord, en février à Nove Mesto, en République tchèque. Puis, un an plus tard, les Jeux olympiques à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, en Russie.

Alors, à qui l'or?

"Pour moi, il faut être égoïste parfois, il en a déjà assez", répond Simon, tout sourire, avant de rappeler : "et puis, il n'y aura pas que nous."

"Je suis un compétiteur donc l'or, c'est pour moi", rétorque Martin. "En espérant que Simon prenne l'argent."

Edité par Julien Prétot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant