Bi Gan, artisan pick-poète

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Bi Gan lors d'une remise de prix à Taipei, Taïwan, le 21 novembre 2015.
Bi Gan lors d'une remise de prix à Taipei, Taïwan, le 21 novembre 2015.

Le Chinois, âgé de 27 ans, envisageait de devenir dynamiteur de roches. Son premier long-métrage, « Kaili Blues », triomphe à l’étranger.

Sidérant itinéraire que celui de Bi Gan : son premier long-métrage, Kaili Blues, a fait de cet enfant du Guizhou, province reculée et pauvre du sud-ouest de la Chine, un nom qui compte déjà sur la planète du cinéma. Tout a commencé par Stalker, d’Andreï Tarkovski. Un film « pénible à regarder », nous dit le jeune cinéaste de bientôt 27 ans. Lunettes rondes, front dégagé, diction lente, il nous parle sur Skype depuis Shanghaï avant de s’envoler pour New York pour présenter Kaili Blues dans un festival. Tellement « pénible » qu’il en digérait « un petit bout tous les jours » sur son ordinateur portable, dans son dortoir de l’Institut de communication du Shanxi, à Taiyuan, au centre de la Chine. Il séchait allègrement les cours de cette école peu réputée des métiers de la télévision, qu’il avait rejointe avec l’idée de se former au documentaire animalier. Puis Stalker l’a envoûté : « L’atmosphère, la manière dont il traite du temps… Je me suis mis à l’aimer – et j’ai regardé ensuite tous les films de Tarkovski. » Kaili Blues a pour titre en chinois Pique-nique au bord du chemin, comme la nouvelle de science-fiction des frères Strougatski dont s’inspira Stalker.

Lors de ses études, Bi Gan convainc un de ses camarades qui possède une caméra vidéo de l’accompagner à Kaili, la ville du Guizhou où il vit avec sa grand-mère depuis le divorce de ses parents, quand il avait 7 ans. Kaili est la capitale du pays Miao, la principale ethnie de la Chine du Sud-Ouest : c’est une ville sert...

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