Best Buy nomme un DG français, l'incertitude demeure

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INCERTITUDE PERSISTANCE MALGRÉ LA NOMINATION DU FRANÇAIS HUBERT JOLY À LA TÊTE DE BEST BUY
INCERTITUDE PERSISTANCE MALGRÉ LA NOMINATION DU FRANÇAIS HUBERT JOLY À LA TÊTE DE BEST BUY

par Dhanya Skariachan et Martinne Geller

NEW YORK (Reuters) - Le distributeur américain en difficultés Best Buy a nommé lundi au poste de directeur général le Français Hubert Joly, ancien dirigeant du groupe d'hôtellerie et de tourisme Carlson et spécialiste du redressement d'entreprise.

Cette annonce intervient après plusieurs mois d'incertitude sur la direction du numéro un mondial des magasins d'électronique grand public, après le départ inattendu de Brian Dunn en avril.

Mais l'action Best Buy a chuté de 10,4% lundi à Wall Street, la nomination d'Hubert Joly étant éclipsée par l'arrêt des discussions engagées avec le fondateur du groupe, Richard Schulze, en vue d'une éventuelle sortie de la cote.

"Il est clair à nos yeux qu'il y a un peu d'acrimonie entre M. Schulze et le conseil d'administration et que cette saga est loin d'être terminée", a commenté Scot Ciccarelli analyste de Capital Markets.

Best Buy a annoncé dimanche que Richard Schulze avait rejeté l'offre de Best Buy de procéder à un examen des livres de comptes avant un éventuel rachat. Le fondateur a refusé les conditions posées par le conseil d'administration, qui l'auraient empêché de rendre publique son offre.

Richard Schulze a déclaré lundi qu'il continuerait de défendre son projet de retrait de la cote. Il a qualifié Hubert Joly de "dirigeant accompli" mais a jugé que Best Buy avait besoin d'une "équipe dirigeante forte d'une expérience de la distribution et d'une connaissance de Best Buy approfondies".

Hubert Joly, âgé de 53 ans, n'a jamais travaillé dans la distribution mais il dispose d'une expérience certaine en matière de redressement d'entreprise dans la technologie, les médias et les services.

Chez Best Buy, il devra tenter de trouver une parade à l'érosion des performances du groupe face à la concurrence des distributeurs en ligne et des enseignes discount.

Le groupe pourrait donner des indications sur sa stratégie dès mardi à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels, qui devraient être marqués par la huitième baisse en neuf trimestres de ses ventes à surface de vente comparable.

LE FONDATEUR RESTE EN FROID AVEC LE CONSEIL

Hubert Joly a notamment participé au redressement des activités françaises d'EDS -aujourd'hui propriété de Hewlett-Packard- entre 1996 et 1999, avant de restructurer les activités de jeux vidéo de Vivendi -fusionnées depuis avec Activision Blizzard- entre 1999 et 2011.

Son expérience chez Vivendi "peut lui donner les outils nécessaires pour engager le redressement de Best Buy", estime Scot Ciccarelli.

Chez Carlson, Hubert Joly a piloté le renforcement des activités de restauration et d'hôtellerie, qui incluent les marques TGI Friday's et Radisson.

A la direction générale de Best Buy, il succède à Mike Mikan, qui assurait l'intérim depuis le départ de Brian Dunn il y a quatre mois après l'ouverture d'une enquête sur ses relations avec une salariée de l'entreprise. L'enquête a révélé que Richard Schulze n'avait pas correctement informé le conseil d'administration, ce qui lui a fait perdre la présidence du groupe.

Hubert Joly devrait prendre ses fonctions début septembre, une fois son visa assuré, a précisé Best Buy.

Au début du mois, Richard Schulze, âgé de 71 ans, a informé le conseil d'administration qu'il était prêt à s'associer à des fonds de capital-investissement pour racheter le groupe à un prix situé entre 24 et 26 dollars par action.

Le titre a fini lundi à 18,16 dollars.

Toutefois, plusieurs obstacles empêchent le fondateur du groupe de présenter une offre officielle. Une disposition du droit de l'Etat de Minnesota ne lui permet pas de passer par des sociétés de capital-investissement. En outre, il n'a pu avoir accès aux chiffres financiers du groupe.

Selon Best Buy, la proposition du conseil d'administration aurait permis à Richard Schulze de déroger à la loi du Minnesota.

Le distributeur avait auparavant qualifié la proposition de Richard Schulze d'"hautement conditionnelle" et lui avait demandé de donner le nom des fonds d'investissement avec qui il comptait s'associer.

Richard Schulze, qui détient environ un cinquième du capital de Best Buy, compte réinvestir environ un milliard de dollars de ses propres actions.

Blandine Hénault et Marc Angrand pour le service français

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