Besset : "Le pouvoir de gauche tourne le dos à un théâtre populaire"

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Jean-Marie Besset.
Jean-Marie Besset.

Le Point.fr : Vous allez quitter la direction du théâtre des 13 Vents à Montpellier à la fin de l'année. Votre successeur, Rodrigo García, s'est fait connaître du grand public par la polémique née à propos de la pièce Golgota Picnic. Quel sens donnez-vous à cette nomination ?Jean-Marie Besset : Le ministère est cohérent : il m'évince et met à ma place quelqu'un qui est le contraire de ce que je suis. Il n'est pas question de nier l'art singulier et nécessaire de García. C'est une forme élitiste, qui séduit les bobos, les critiques dramatiques et les inspecteurs du ministère de la Culture. Bref, un public parisien de beaux esprits, tellement blasé qu'il faut en effet des images-chocs, des fluides organiques et beaucoup de vacarme pour le sortir de sa torpeur. Un peu comme dans l'album d'Astérix, Le chaudron (qui visait à l'époque Beck chez Vilar), où les acteurs crient "Orgies ! Orgies !" devant un préfet des Gaules rêveur. Je ne sais si un tel public existe à Montpellier. García lui-même est conscient du pré carré où il intervient et a pu dire dans des interviews qu'il était lassé de prêcher à des convaincus. C'est paradoxal de la part d'un pouvoir "de gauche" que de tourner le dos à un théâtre populaire pour donner la direction du premier théâtre de la région à un artiste pour happy few. Mais qui sait ? Peut-être parviendra-t-il à rassembler ? Je lui souhaite bon courage.Au terme de ce mandat,...

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