Bertrand Delanoë défend sa décision sur les rythmes scolaires

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FACE AUX CRITIQUES, LE MAIRE DE PARIS DÉFEND SA DÉCISION SUR LES RYTHMES SCOLAIRES
FACE AUX CRITIQUES, LE MAIRE DE PARIS DÉFEND SA DÉCISION SUR LES RYTHMES SCOLAIRES

PARIS (Reuters) - Le maire de Paris Bertrand Delanoë a défendu mardi sa décision d'appliquer dès 2013 la réforme contestée des rythmes scolaires face aux critiques de l'UMP et du Front de Gauche qui dénoncent un "entêtement incompréhensible" et une action unilatérale prise dans une "tour d'ivoire".

L'élu socialiste a annoncé lundi avoir obtenu l'accord des Verts sur le calendrier de mise en place de cette réforme qui prévoit le retour à la semaine de quatre jours et demi, ouvrant la voie à une adoption de cette mesure lundi prochain par le Conseil de Paris.

Les communes ont jusqu'au 31 mars pour décider de mettre en oeuvre en septembre 2013 ou en septembre 2014 cette réforme contenue dans le projet de loi sur la refondation de l'école qui devrait être adopté en première lecture mardi après-midi à l'Assemblée nationale.

"Je respecte la démocratie, c'est mon rôle de proposer après une très longue concertation de plusieurs mois, et le Conseil de Paris est souverain et décidera lundi prochain si cette réforme s'appliquera en septembre 2013", a déclaré Bertrand Delanoë sur i>TÉLÉ.

"Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir dégagé une ligne et des moyens efficaces pour la réussir, pour ce que soit un progrès pour tous dès septembre prochain", a-t-il ajouté.

Dénonçant une décision unilatérale, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris en 2014, a estimé que l'Hôtel de Ville était devenu "une tour d'ivoire aux murs si épais que la voix des Parisiennes et des Parisiens ne peut les franchir".

Le groupe PCF-PG a de son côté dénoncé une "véritable marque de mépris" à l'égard de la communauté éducative et juge "l'entêtement parisien incompréhensible."

"Cette proposition je ne l'ai pas faite seul", a souligné Bertrand Delanoë mardi. "C'est une proposition avec tous les adjoints qui ont un rapport avec ce sujet et les 12 maires d'arrondissement. Mais comme toujours, quand ce sont des réformes du changement, il y a des inquiétudes à apaiser, des informations à donner."

PAS DE HAUSSE D'IMPÔTS

A un an des élections municipales pour lesquelles son adjointe Anne Hidalgo est candidate, Bertrand Delanoë a assuré que la mise en place de cette réforme n'entraînerait pas de hausse d'impôts pour les Parisiens.

"Pour les 137.000 enfants de Paris concernés, je dois dégager plusieurs dizaines de millions d'euros, en année pleine ça sera de l'ordre de 40 à 50 millions d'euros", a-t-il dit.

"Le moment d'application permet d'avoir un concours de l'Etat et de la Caisse d'allocations familiales. Je dois rajouter quelque chose, je le ferai sans priver les Parisiens de quoi que ce soit, sans toucher aux ressources humaines et sans augmenter les impôts puisque je ferai le budget pour la totalité de l'année 2014"", a-t-il assuré.

L'intersyndicale SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education, CGT Educ'Action et CNT-Ste a appelé les enseignants parisiens à faire grève lundi prochain à l'occasion de l'examen de la réforme au Conseil de Paris.

Les syndicats dénoncent un nombre insuffisant d'animateurs formés avant septembre pour gérer les activités périscolaires et redoutent des inégalités croissantes entre les écoles concernant ces activités.

Le calendrier de la réforme des rythmes scolaires divise fortement les grandes villes dont la plupart, à l'image de Lyon, de Bordeaux ou de Lille, ont décidé d'attendre septembre 2014. Le ministre de l'Education Vincent Peillon espère qu'au moins un élève sur deux passera aux quatre jours et demi dès cette année.

Marine Pennetier, édité par Patrick Vignal

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