Bernard Tapie placé en garde à vue

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BERNARD TAPIE EN GARDE À VUE À LA BRIGADE FINANCIÈRE
BERNARD TAPIE EN GARDE À VUE À LA BRIGADE FINANCIÈRE

PARIS (Reuters) - Bernard Tapie a été placé en garde à vue lundi dans l'enquête sur l'arbitrage qui lui a permis d'obtenir 403 millions d'euros en 2008 pour solder son litige avec le Crédit Lyonnais, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

L'homme d'affaires, 70 ans, est entendu par la brigade financière aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu, comme l'avait été avant lui Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, a-t-on ajouté de même source.

Bernard Tapie, qui se dit serein, risque une présentation devant les juges en vue d'une mise en examen. La garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures pour le chef d'"escroquerie en bande organisée".

Un autre protagoniste du dossier, Jean Bruneau, président de l'Association des petits porteurs pour l'annulation de la vente litigieuse d'Adidas (Appavla), était entendu séparément par les enquêteurs de la brigade financière.

Avant son audition, Bernard Tapie s'est dit persuadé que les juges ne trouveraient rien contre lui. "Sur le fond, je ne suis pas inquiet. Je me demande bien ce qu'ils peuvent trouver", a-t-il dit sur Europe 1.

Selon des éléments du dossier publiés la semaine dernière par Le Monde, les enquêteurs disposent de suffisamment d'éléments pour démontrer l'escroquerie en bande organisée.

A ce jour, trois personnes ont été mises examen pour ce chef : l'ex-juge arbitre Pierre Estoup, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, et Jean-François Rocchi, l'ancien président du Consortium de réalisation (CDR), instance chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais.

Bernard Tapie s'estimait lésé lors de la revente par le Lyonnais de l'équipementier sportif Adidas et un arbitrage a mis fin à nombre de procédures judiciaires.

L'ex-ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a accepté l'arbitrage et n'a pas introduit de recours contre son résultat, a été placée parallèlement par la Cour de justice de la République sous le statut de témoin assisté.

RECOURS CONTRE L'ARBITRAGE À L'ETUDE

Les révélations se sont multipliées ces derniers jours sur les liens, alors dissimulés, entre l'ancien magistrat Pierre Estoup et le "camp Tapie", notamment l'un de ses avocats, Maurice Lantourne.

Les enquêteurs soupçonnent également des liens anciens entre Pierre Estoup et Bernard Tapie lui-même. Ils cherchent à savoir si l'ancien "patron" de l'Olympique de Marseille a fait pression sur des acteurs du dossier et membres de l'exécutif pour obtenir gain de cause.

Selon les éléments publiés par Le Monde, outre la dédicace d'un livre de l'homme d'affaires retrouvé chez l'ancien juge arbitre, les enquêteurs ont constaté que les deux hommes avaient chacun le portable de l'autre. D'autres éléments troublants figureraient dans l'agenda de Pierre Estoup.

L'homme d'affaires a reconnu à demi-mot dans des interviews avoir participé à une réunion-clé fin juillet 2007 à l'Elysée en présence de Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence, de Stéphane Richard et de Jean-François Rocchi.

La brigade financière doit l'interroger sur ses multiples rendez-vous avec Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. Des rencontres qu'il a justifiées à Reuters par des relations humaines et une forme de proximité avec l'ancien chef de l'Etat.

Bernard Tapie a soutenu Nicolas Sarkozy lors des présidentielles de 2007 et 2012.

Selon Le Journal du dimanche, Bernard Tapie peut s'attendre à devoir verser une caution et à voir ses biens placés sous séquestre en cas de mise en examen.

L'ancien ministre de François Mitterrand a justifié son optimisme, sur Europe 1, par le silence de François Pérol, l'ex-secrétaire général adjoint de l'Élysée, qui a été discrètement entendu comme témoin la semaine dernière. "S'il y avait quelque chose à trouver, François Pérol aurait parlé la semaine dernière", a-t-il dit.

L'opportunité d'un recours contre l'arbitrage doit être parallèlement examinée mardi et mercredi lors des conseils d'administration du CDR et de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), qui assurait la tutelle du CDR.

Gérard Bon avec Nicolas Bertin, édité par Sophie Louet

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  • rodan3 le mercredi 26 juin 2013 à 14:30

    et si mon épicier utilise le même papier toilette que moi, je suis complice aussi s'il fraude le fisc .. ????, pauvre france ......!!!

  • rodan3 le mercredi 26 juin 2013 à 14:28

    ah d'accord, j'ai le portable de mon médecin et il a le mien, alors s'il commet un hold up, je suis complice de vol ??????

  • distrait le lundi 24 juin 2013 à 14:24

    Il est vraiment très for car il se retrouve encore unfe fois en position de victime :Apres les mechants banquiers et tous ces vilains hauts fonctionnaires qui ont organisé tant de malversations pour lui plaire sans qu'on sache bien pourquoi, voici les méchants juges qui lui en veulent !Pauvre homme qui ne demande qu'à vivre en paix en se contentant de si peu...Je propose qu'on lance un Tapithon pour l'aider à s'en sortir.

  • cresus57 le lundi 24 juin 2013 à 14:05

    Cahuzac avait avoué, aucun intérêt de le mettre en GAV

  • lilian92 le lundi 24 juin 2013 à 13:34

    J'ai pas bien compris, il y a deux poids, deux mesures: Tapie est en garde à vue et Cahusac n lui n'a pas été mis en garde à vue. Comment peut-on expliquer cela ?Les manifestants anti mariage gay en garde à vue, ils avaient manifesté tranquillement.Les casseurs du PSG, de la CGT et autre libres, les policiers les ont laissé casser et piller tranquillement. Dans quel pays sommes-nous ?

  • gstorti le lundi 24 juin 2013 à 13:09

    Et Ben, je ne comprends pas pourquoi il est resté en France..., ils lui en veulent, tout ces esc. Rocs.

  • gglafont le lundi 24 juin 2013 à 12:47

    Pas la peine d'avoir des préjugés contre les mis en examens (ils sont innocents jusqu'à leur jugement) ou les magistrats (ils ne sont pas apolitiques et n'ont pas toujours raison). Cette affaire est plutôt complexe et il faut attendre le dénouement.

  • picokrab le lundi 24 juin 2013 à 12:08

    là on a faire aux es.crocs. modèle hors catégorie, rien à voir avec le jeune des cités qui pique un smartphone, ici on y va à coups de millions d'euros, on a des avocats talentueux, des appuis à tous les étages et une arrogance sans borne

  • arkhaos le lundi 24 juin 2013 à 12:04

    Les es.crocs, en taule.

  • jfvl le lundi 24 juin 2013 à 11:49

    Le cirque médiatique se poursuit. Pendant ce temps là les problèmes actuels passent au second plan.