Bernard Tapie n'envisage pas que son arbitrage soit cassé

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PARIS (Reuters) - Bernard Tapie n'envisage pas une seconde que l'arbitrage en sa faveur dans le litige l'opposant au Crédit lyonnais puisse être cassé en dépit des enquêtes judiciaires ouvertes sur la légalité du processus qui lui a permis de renflouer sa société.

L'homme d'affaires annonce mercredi dans L'Express la sortie en avril d'un livre répondant point par point à ses accusateurs, alors que se multiplient les perquisitions dans le dossier, la dernière ayant visé un proche de Nicolas Sarkozy.

Selon l'hebdomadaire, le Consortium de réalisation (CDR), qui a soldé le passif entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie pour la vente d'Adidas, envisage un recours contre cet arbitrage, contesté par des élus de gauche et du centre.

Prié de dire s'il redoute cette éventualité, Bernard Tapie répond: "Je le répète: 0% de chances. L'arbitrage international répond à des critères précis et aucun manquement à ces critères ne peut nous être reproché."

"Je n'envisage même pas cette hypothèse. Il y a eu sept procédures judiciaires, que j'avais toutes perdues d'avance si l'on en croyait les fuites et les commentaires. Or, je les ai toutes gagnées devant les tribunaux", ajoute-t-il.

Selon Bernard Tapie, "80% de ce qui est écrit" par la presse autour de l'affaire est "faux", à commencer par les 400 millions d'euros qu'il est supposé avoir touché.

L'arbitrage mis en oeuvre en 2007 par la ministre des Finances de l'époque Christine Lagarde a accordé 240 millions d'euros au Groupe Bernard Tapie (GBT), auxquels s'ajoutent 70 millions d'euros d'intérêts et 45 millions de "préjudice moral".

Interrogé par Reuters, Bernard Tapie affirme qu'il ne touchera le cas échéant qu'une partie de cette somme, GBT ayant notamment payé son passif bancaire et fiscal, soit 214 millions d'euros.

TAPIE NE TOUCHERAIT QU'ENVIRON 50 MILLIONS

"Il reste à ce jour 77 millions d'euros chez GBT, mais 9 sont gelés en raison de contentieux en cours", dit-il, précisant qu'il devrait en outre payer environ 60% d'impôts sur le revenu s'il se reversait le reliquat à titre personnel.

"Le jour venu, quand tout sera fini, si je gagne mes procès sur les 9 millions, j'aurai touché pour moi personnellement 70 millions en gros, moins la fiscalité sur les 70 millions et les 45 millions (de préjudice moral) qui auront été mangés pour moitié pour payer les frais de tribunaux", explique-t-il.

Le total perçu après impôts serait donc d'une cinquantaine de millions d'euros.

Dans l'Express, l'ancien ministre de François Mitterrand considère que le Parti socialiste, associé au président du MoDem François Bayrou, "a utilisé cette affaire pour affaiblir Nicolas Sarkozy" juste avant la présidentielle de 2012.

Depuis, la justice enquête sur les conditions de l'arbitrage.

Une instruction a été ouverte en septembre 2012 visant implicitement Jean-François Rocchi, le président du CDR et Bernard Scemama, ancien président de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), l'entité contrôlant le CDR.

Une procédure a été également engagée devant la Cour de Justice de la République (CJR) contre Christine Lagarde, qui avait pris fin 2007 la décision de recourir à cet arbitrage.

L'actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) a toujours affirmé avoir pris seule l'initiative de l'arbitrage, selon elle "la meilleure solution à l'époque".

Selon Bernard Tapie, Christine Lagarde "n'aura pas de difficulté à prouver que cette saisine de la CJR était illégale."

"En effet, seul un ou des particuliers ayant subi un préjudice personnel peuvent saisir la CJR, or Jean-Marc Ayrault (Premier ministre) et ses amis n'en ont subi aucun et le tribunal administratif, saisi pour les mêmes faits, leur a donné tort", dit-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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