Bernard Laporte : « On ne sait pas ce qu'il va se passer à l'avance »

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La finale du Top 14 ce vendredi soir (20h45) à Barcelone oppose le Racing 92 à Toulon. Bernard Laporte, l’entraîneur du RCT, est confiant avant d’affronter les Franciliens. Pour sa dernière avec le club varois, l’ancien sélectionneur des Bleus espère finir sur une bonne note au Camp Nou.

[fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01571056/zone/1/showtitle/1/src/u3sfpk'] Bernard Laporte, ce sera votre dernière avec Toulon. Cette finale aura une saveur particulière ? Non, ce n’est pas un match particulier. Moi je suis concentré sur le match. Ce serait à Toulon, c’est vrai qu’il y aurait une saveur particulière. Mais là, je ne me rends pas bien compte et puis peu importe, c’est une finale à jouer pour Toulon. Que ce soit mon dernier match, c’est anecdotique. Peut-être que j’aurai des émotions demain en me disant que c’est la dernière fois que je monte dans le bus. Mais ça c’est secondaire, l’important c’est de bien préparer l’équipe et qu’elle livre un gros match ce vendredi. Avez-vous regardé le match de barrage du Racing 92 face à Toulouse ? Il y avait des joueurs qui ne jouaient pas ce match. C’était effectivement Toulouse contre le Racing mais il y avait des joueurs qui ne jouaient pas. Mais on l’a regardé quand même. Ça va toujours servir même si cela donne des indications mais c’est tout. Précédemment, les finales du Top 14 sont souvent très défensives. Cela va être le cas selon vous ? Une finale c’est comme ça. Des fois il y a des essais, parfois il n’y en a pas. Et puis on n’est pas tout seul. Si demain ils veulent qu’on marque beaucoup d’essais, je suis d’accord. Il faut leur demander mais ils ne seront pas d’accord. C’est ça le rugby, c’est que l’on ne sait pas ce qu’il va se passer à l’avance. C’est ce qui fait la force aussi du sport, que ce soit du rugby ou autre.

Bernard Laporte : « On va faire en sorte de ne pas se focaliser que sur Dan Carter »

Entre le match de barrage et un parcours européen harassant, vous attendez un Racing 92 fatigué ? Montpellier aussi avait tout enchaîné et on sentait effectivement un contre coup. Est-ce que le Racing l’aura ? Je ne sais pas. Nous on a connu cela les années précédentes où l’on enchaînait. Il y a des fois où l’on a bien fini et des fois on a fini plus fatigué. Cela dépend parce que encore une fois, c’est le club qui a enchaîné 18 matchs, ce n’est pas tous les mêmes joueurs qui ont joué les 18 matchs. C’est une logique pour vous et Toulon d’être ici à Barcelone ? Moi je disais souvent à mes joueurs qu’on n’était pas là par hasard. On se qualifie pas second directement avec toute les emmerdes, pardonnez-moi l’expression, qu'on a eu. C’est que quelque part, il y avait quelque chose. Quand on comptabilise, on finissait meilleure attaque et l’équipe la moins pénalisée. Cela nous a aidé à finir second, c’est une certitude mais aussi à gagner en demi-finale. Souhaitons que cela nous aide à gagner la finale. Après, est-ce qu’elle sera ouverte ou fermée ? Je crois que c’est deux équipes qui jouent quand on regarde les demi-finales. Je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas la même chose même si au départ, on sait que pendant 20 minutes, tout le monde se regarde un petit peu. Personne n’ose se découvrir mais tous les gros matchs de rugby c’est comme ça. Craignez-vous Dan Carter dans cette finale ? C’est un grand joueur, on a eu des joueurs de cette trempe-là avec les mêmes caractéristiques. C’était Johnny Wilkinson, on peut les comparer. Souhaitons qu’il ne fasse pas ce que Johnny a fait, c’est-à-dire gagner le titre (rires). Voilà notre mission, empêcher qu’il soit heureux ce vendredi même si on a beaucoup de respect pour ce joueur tant il a fait pour le rugby néo-zélandais. On va faire en sorte de ne pas se focaliser que sur lui parce que le Racing, ce n’est pas que Dan Carter même si c’est un très grand joueur.

Bernard Laporte : « Ce sont des joueurs qui ont l’habitude de jouer devant des stades pleins »

L’absence de Ma’a Nonu est-elle préjudiciable pour la finale ? Si on disait que l’absence de Ma’a Nonu n’était pas une perte, on serait prétentieux. Effectivement c’est un grand joueur mais comme je le disais à la sortie du match de Rennes, la santé du joueur est prioritaire. Je crois sincèrement que c’est important que les protocoles existent. Personne n’a envie de vivre un scénario catastrophe. Si le neurochirurgien, après les multiples examens, dit « il ne peut pas jouer, c’est trop risqué », cela veut tout dire donc il reste dans la tribune et il regarde le match. C’est douloureux d’abord pour lui parce qu’on ne joue pas des finales du Top 14 tous les jours, qui plus est à Barcelone. C’est comme ça, c’est la vie, c’est malheureux. Il a pris un KO certainement pas au bon moment. La plus grosse des blessures, elle est pour lui. Et dans ce cas de figure, il y a un joueur qui le remplacera et c’est Mathieu Bastareaud. On sait qu’il aura à cœur de faire oublier Ma’a Nonu et de montrer qu’il méritait autant que lui de jouer. Vous connaissez le Camp Nou ? J’ai eu la chance quand j’étais secrétaire d’Etat de venir deux fois. Une fois invité par Jean-Michel Aulas avec Lyon qui étais venu jouer en Champion’s League (défaite 5 à 1 contre Barcelone, ndlr). Et j’avais été invité par le ministre des Sports espagnol pour voir Barcelone - Real Madrid mais comme je le disais tout à l’heure, je ne n’étais que dans la tribune. Et déjà, c’était impressionnant de venir voir un match de foot et de venir voir jouer le Barca. Quand on aime le football comme moi, c’est impressionnant. 90 000 personnes sont attendues au Camp Nou. Cette enceinte va-t-elle impressionner les joueurs ? Tous les joueurs, qu’ils soient du Racing ou de Toulon, ont l’habitude de ce genre de matchs. Effectivement, il y a l’excitation d’y aller, de fouler la pelouse mais une fois foulée, cela reste un stade. Ce sont des joueurs qui ont l’habitude de jouer devant des stades pleins. A l’époque, cela faisait un effet de surprise quand moi je jouais. On évoluait devant 6 000 personnes. Quand on allait jouer devant 45 000 personnes au Parc des Princes, c’est vrai que ça nous changeait. Aujourd’hui, ils ont l’habitude de jouer avec l’équipe nationale ou avec des clubs dans des stades comme à Marseille où il y a 60 000 personnes. Donc cet effet de grandeur, il n’existe plus chez les joueurs professionnels. Avec notre envoyé spécial Julien Chalouette à Barcelone. 
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