Bernard Laporte : " On a toujours envie de marquer l'histoire "

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Bernard Laporte : " On a toujours envie de marquer l'histoire "
Bernard Laporte : " On a toujours envie de marquer l'histoire "
Bernard Laporte dispute samedi sa troisième finale de Coupe d'Europe d'affilée à la tête du RC Toulon. Le coach varois espère marquer l'histoire en remportant un troisième trophée.

Bernard Laporte, Clermont-Toulon, c’est une finale de rêve ?
Ce serait prétentieux de dire que la meilleure confrontation c’est Clermont-Toulon. Les coïncidences font qu’on se retrouve en finale deux ans après. Clermont, depuis dix ans, c’est une équipe qui est toujours en quarts, en demies, en finale, qui est très constante dans la performance. Toulon n’y était pas il y a cinq ans, mais rivalise aujourd’hui avec ces équipes-là, que ce soit Toulouse ou le Racing en championnat, le Leinster ou les Saracens en Coupe d’Europe. Ce serait prétentieux de dire qu’en France et en Europe, il n’y a que Clermont et Toulon, c’est un concours de circonstances. Mais on est là et on est fier d’avoir rattrapé tout ce retard et de pouvoir rivaliser avec ce qui se fait de mieux en France et en Europe.

Avec une troisième victoire d’affilée, vous marqueriez l’histoire…
Quand on fait du sport de haut niveau, on a toujours envie de marquer l’histoire. C’est ça le sport de haut niveau, c’est écrire son nom et dire « nous, on a fait ça ». Au-delà du fait de gagner trois titres d’affilée, ce qu’on veut c’est à nouveau être champion d’Europe, c’est surtout ça qui nous motive. Effectivement, si on le devenait, on entrerait dans la légende, mais ce n’est pas trop la légende qui nous pousse, c’est qu’on veut à nouveau être champion d’Europe.

« Le bonheur qu’on donne, ça n’a pas de prix »

Que pensez-vous du fait que Twickenham soit à moitié vide samedi ?
Je ne suis pas là pour polémiquer, mais je trouve que c’est regrettable que nos supporters et les supporters de Clermont ne puissent pas participer à l’événement suprême. Toute la saison, ils sont là, et quand tu sors le gâteau du frigo, ils n’ont pas le droit de le goûter. C’est regrettable pour notre sport, car on est là pour transmettre des émotions, du bonheur. On sait qu’il y a beaucoup de supporters dont le club fait partie intégrante de leurs vies. Le fait de ne pas participer à la fête parce que c’est trop loin, c’est trop cher, alors qu’on aurait pu faire ça à Lyon ou à Paris, ça me désole.

Que pensez-vous du style de jeu de Clermont ?
Pour nous, ils sont aussi bons qu’il y a deux ans, et ils étaient déjà très très bons. C’est une équipe qui a d’énormes individualités, un gros collectif. Mais ils doivent dire la même chose de nous.

Une victoire augmenterait-elle votre libido ?
Ça ferait plaisir à toute une ville, tout un département, toute une région, au-delà de nous faire plaisir à nous. Je dis souvent à mes joueurs qu’on transmet des émotions, qu’elles soient fortes, qu’elles soient tristes. Le bonheur qu’on donne, ça n’a pas de prix. On fait du sport de haut niveau pour ça. Moi, je ne me lève pas le matin en me demandant ce que j’ai gagné hier. Ce qui m’excite, c’est de refaire des choses demain.

« Jonny Wilkinson a été un exemple pour notre club »

Contrairement aux deux dernières saisons, Jonny Wilkinson ne sera pas sur la pelouse…
Jonny nous a beaucoup apportés. Il fait partie des joueurs qui sont partis et que tout le monde pleure. C’est la plus grande consécration pour un sportif. Il est sorti par la grande porte en gagnant deux titres, et il y a très peu de joueurs qui peuvent se targuer d’avoir fait ça. Il a été un exemple pour notre club, et il a transmis cette notion d’exemplarité à beaucoup de joueurs. Quand je vois des joueurs s’entraîner aujourd’hui, comparé à comment à comment ils s’entraînaient il y a quatre ans, je me dis qu’il leur a transmis ce goût du travail, de l’effort, du détail, et c’est une bonne chose pour nos joueurs. Après, il fallait le remplacer… Or, Jonny occupait trois fonctions : il était d’abord un grand joueur, notre buteur et notre capitaine exemplaire. C’est pour ça qu’on a décidé en début de saison d’attribuer ces trois postes à trois joueurs différents. On avait besoin d’un buteur à dimension internationale, et c’est pour ça qu’avec le président, on est allé chercher Leigh Halfpenny qui de ce côté-là est la copie conforme de Jonny. On a attribué le capitanat à Carl (Hayman), et le poste de joueur, de demi d’ouverture, à Matt Giteau et Frédéric Michalak.

Trois joueurs du RCT vont bientôt arrêter leur carrière, c’est une motivation supplémentaire pour gagner samedi ?
Tous les joueurs auront envie de faire en sorte que Carl (Hayman), Ali (Williams) et Bakkies (Botha), qui arrêteront le rugby, sortent par la grande porte. De l’autre côté il y a aussi des joueurs qui vont arrêter, donc ça s’équilibre. Mais c’est sûr que cette motivation est importante. Quand on joue avec des joueurs aussi exemplaires que Carl, Ali et Bakkies, on a envie qu’ils partent par la grande porte, comme Jonny.

Pourquoi ne pas avoir associé Matt Giteau et Frédéric Michalak en charnière ?
C’est compliqué d’associer Frédéric et Matt. Sur des très gros matchs, je ne dis pas que Matt et Fred ne défendent pas, mais ce ne sont pas des poids lourds. Je pense que c’est plus costaud quand on met quelqu’un qui a la densité de Juan Hernandez ou de Rudi Wulf autour de Basta (Mathieu Bastareaud). Juan nous apporte le jeu au pied, c’est une évidence. Et surtout, on a la possibilité d’avoir un pied gauche et un pied droit pour sortir de notre camp, ce qui est important quand on joue des matchs de ce niveau-là. On sait que ces finales se jouent à des détails

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