Bernard Laporte : « Beaucoup de joueurs sont passés à côté »

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La déception est immense chez les Toulonnais après leur défaite en finale de Top 14 face au Racing 92 (29-21). Pour son dernier match à la tête du RCT, Bernard Laporte est forcément déçu mais reconnait la suprématie des Franciliens. Pour le technicien, plusieurs de ses joueurs n'étaient pas au niveau.

[fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01571056/zone/1/showtitle/1/src/u3u0vl'] Bernard Laporte, vous devez avoir beaucoup de regrets après ce match... Beaucoup de regrets mais sans trop non plus car ils étaient supérieurs. Quand tu fais autant de fautes, que tu es dominé par une équipe qui joue à 14... Sincèrement, ils étaient meilleurs que nous. C’est vrai que nous avons trop de joueurs qui passent à côté mais c’est ça le haut niveau, être présent le jour J. Dire que nous étions en surrégime, certainement, à certains postes notamment. Nous le verrons bien par la suite mais comme je leur ai dit : « Que cette finale vous serve ». Ceux qui sont passés à côté, il faut que cela leur serve. Nous avons été battus sur le dynamisme, dans les rucks car ils étaient beaucoup plus présents que nous. Et puis, nous avons été battus par deux monstres : Dan Carter et Johan Goosen qui ont orchestré magnifiquement au pied. C’est là que nous voyons les joueurs de classe mondiale. Nous avons connu cela avec Jonny (Wilkinson, ndlr) donc nous savons ce que c’est. Quelles sont les raisons de votre défaite ? On ne gagne pas des titres avec des joueurs neutres. Cela n’existe pas. A des moments, pour gagner des titres, il faut des joueurs au-dessus des autres. Bravo à eux. Comme je disais, la vie continue mais nous avons payé sur ce match beaucoup d’absences. C’est une évidence. Nous ne pouvons pas nous passer de Paul O’Connell, de Duane Vermeulen, de joueurs comme cela car ce sont des joueurs trop importants. Ce sont des joueurs de classe mondiale donc quand tu ne les as pas, tu baisses d’un ton. C’est passé une fois contre Montpellier. Tout le monde m’a dit que le Racing 92 était fatigué, je me rends compte que c’est nous qui l’avons été. C’est vrai que nous avions un jour en moins de récupération mais nous avons manqué de dynamisme, de pugnacité et de disponibilité. Ils ont été bien meilleurs que nous et notamment dans la zone de ruck où ils nous ont empêchés de jouer et où ils ont récupéré un maximum de ballon.

Bernard Laporte : « C’est toujours mieux de finir en gagnant »

On a l’impression que le carton rouge vous a été plus défavorable qu’à eux bizarrement... C’est ce que je me dis. Je crois finalement qu’il nous a plus tués qu’à eux (rire). Eux ce n’est pas le cas, puisqu’ils ont été très bons. Je ne sais pas si certains se sont dit en voyant ce carton rouge, « on a gagné ». Mais bon ce qui est marrant, c’est qu’il peut y en avoir un autre sur Juan Martin Fernandez Lobbe mais cela aurait été dramatique, deux cartons rouges. Plus sérieusement, je crois qu’il leur a fait du bien. Il les a remobilisés. Et puis, ils ont bien joué, il faut le reconnaître. Tactiquement, je le répète, Carter et Goosen ont été très bons et opportuns. A titre personnel, est-ce décevant de terminer par une défaite ? C’est toujours mieux de finir en gagnant. Mais si on m’avait dit il y a deux mois que nous allions jouer une finale, j’aurais dit non. Il faut dire les choses comme elles sont. Je crois qu’aujourd’hui sur l’effectif que nous présentons, je crois que Toulouse est meilleur que nous, que Clermont est nettement meilleur que nous aussi. C’est nous qui avons joué la finale. C’est comme ça, c’est la fin d’un cycle de cinq ans. Il faut tirer les conclusions de ce match pour rebondir. A titre individuel, beaucoup de joueurs doivent apprendre de ce match car ils sont passés à côté. Il ne faut surtout pas s’arrêter là. Il faut que cela leur serve mentalement pour leur faire comprendre qu’ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Que voulez-vous que nous retenions de ce « quinquennat » avec vous à Toulon ? C'est vrai que c'est un quinquennat (rires). J’y ai pris beaucoup de plaisir, j’y ai croisé des joueurs formidables et j’ai rencontré un club extraordinaire. C’est aussi simple que cela. Quand j’ai signé à Toulon, j’aurais voulu vivre ce que j’ai vécu. C’est comme ça. Avec notre envoyé spécial à Barcelone, Julien Chalouette.
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