Bernard Cazeneuve promet une réponse humanitaire pour Calais

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BERNARD CAZENEUVE PROMET UNE RÉPONSE HUMANITAIRE POUR CALAIS
BERNARD CAZENEUVE PROMET UNE RÉPONSE HUMANITAIRE POUR CALAIS

CALAIS (Reuters) - Bernard Cazeneuve, venu à Calais défendre "une réponse humanitaire" à l'afflux de migrants, a confirmé lundi l'ouverture prochaine d'un centre de jour pour un montant de trois millions d'euros.

Le ministre de l'Intérieur, qui a rencontré les élus et les associations du Calaisis, a signé une convention précisant le calendrier des travaux, une solution insuffisante, de l'avis de toutes les parties, pour faire face à la situation explosive créée par l'arrivée massive de candidats à l'immigration au Royaume-Uni.

"Ce centre se fera avec un budget de trois millions d'euros, nous allons solliciter l'Union européenne pour cela", a déclaré Bernard Cazeneuve.

"Une réflexion particulière doit se faire pour l'accueil des personnes vulnérables, des femmes, des enfants", a-t-il ajouté.

Il a confirmé à la sénatrice-maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, l'évacuation prochaine des squats de migrants "dans des conditions d'humanité et après passage des services de l'Etat, car l'humanité doit accompagner les règles de droit".

La préfecture fait état de 2.300 migrants dans et autour de Calais. Leur nombre avait baissé depuis la fermeture de la "jungle", en 2009, mais il est en hausse depuis le printemps dernier, ce qui provoque de vives tensions avec les habitants et les forces de l'ordre.

Un policier calaisien évoquait lundi la présence sur place de quelque "3.000 migrants, une situation inédite".

"L'ouverture du centre d'accueil n'est pas la solution à tout, mais tout exige l'ouverture du centre. Ce dispositif n'est pas une fin en soi, il est un élément de réponse intégré dans un plan plus vaste", a expliqué Natacha Bouchart.

"GHETTO"

Des questions restent en suspens concernant le centre de jour, notamment sur ses capacités d'accueil.

La sénatrice-maire de Calais avait souhaité 400 places, mais c'était avant l'augmentation sensible du nombre de migrants.

Le centre de Sangatte (1999-2002), près de Calais, devait initialement recevoir quelque 700 clandestins cherchant à passer au Royaume-Uni, mais il a accueilli jusqu'au triple.

Les associations qui viennent en aide aux migrants s'interrogent sur leur futur rôle une fois ouvert le centre d'accueil.

Aujourd'hui, "Salam" prépare et distribue les repas, le Secours catholique gère les douches, "l'Auberge des migrants" et bien d'autres interviennent au quotidien auprès des migrants et ne savent pas si elles travailleront avec "La Vie active", association chargée de la gestion du futur centre d'accueil de jour "Jules Ferry".

Les militants associatifs, qui dénoncent pour certains un futur "ghetto", redoutent que ce centre ne soit qu'un moyen de "mettre les migrants à l'écart loin du centre-ville, de déplacer le problème et de ne pas le régler".

Bernard Cazeneuve a précisé qu'il reviendrait à Calais "autant que nécessaire", loin des "déclarations spectaculaires", une allusion à la venue récente de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Le ministre, qui s'est félicité de la coopération entre services français et britanniques, a souligné que la solution au problème serait "européenne et pas française".

(Pierre Savary, édité par Sophie Louet)

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  • idem12 le lundi 3 nov 2014 à 18:52

    et faire respecter la loi ? non ? toujours pas ? bon ben demain le FN à 30%...