Berlin veut faire pression sur les Etats opposés aux quotas

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BERLIN, 15 septembre (Reuters) - Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a estimé mardi matin que l'Union européenne devait réfléchir à des mesures de rétorsion financière pour faire pression sur les Etats membres qui s'opposent à des quotas nationaux de prise en charge de réfugiés et de migrants. "Je pense par conséquent que nous devons parler des moyens d'exercer une pression", a souligné Thomas de Maizière sur l'antenne de la chaîne de télévision ZDF en observant dans le même temps que certains des pays hostiles à des quotas étaient par ailleurs bénéficiaires des fonds structurels de l'UE. A l'issue de six heures de réunion lundi à Bruxelles, les ministres de l'Intérieur des Vingt-Huit n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un système de répartition des réfugiés. En fin de soirée, ils se sont séparés sur un accord de principe a minima pour se répartir 120.000 demandeurs d'asile supplémentaires arrivés ces derniers mois en Italie, en Grèce et en Hongrie, comme l'a demandé mercredi dernier la Commission européenne, en plus des 40.000 acceptés en mai sur la base d'une répartition volontaire. Mais l'adoption du détail de la répartition pays par pays a été renvoyé à leur prochaine réunion, le 8 octobre. (voir ID:nL5N11K25F ) Le ministre de l'Intérieur a parallèlement redit qu'il s'attendait à ce que l'Allemagne, qui a provisoirement rétabli dimanche les contrôles à ses frontières, reçoive quelque 800.000 réfugiés cette année. D'après la police allemande, quelque 4.537 demandeurs d'asile sont arrivés par le train lundi en Allemagne en dépit du rétablissement des contrôles à la frontière avec l'Autriche. Depuis le début du mois, quand l'Allemagne a ouvert ses frontières aux migrants, notamment ceux bloqués en Hongrie, les autorités ont enregistré l'arrivée par le train de 91.823 demandeurs d'asile. La crise semble avoir des effets sur le front politique, le bloc conservateur CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel perdant 1,5 point à 40% d'intentions de vote dans la dernière livraison du sondage INSA pour le quotidien Bild. Les chrétiens démocrates demeurent la principale force politique du pays, mais sont à leur plus bas niveau depuis le mois de mai. Dans le même temps, le parti de droite Alternative für Deutschland (AfD), qui prône une ligne dure sur l'immigration, progresse à 5,5%, son plus haut niveau en près de quatre mois. "La crise des réfugiés fait baisser les conservateurs et pousse l'AfD au-dessus du seuil (de représentation parlementaire) de 5%", souligne le directeur de l'institut INSA Hermann Binkert. LIEN Pour retrouver LE POINT sur la crise des réfugiés: ID:nL5N11B061 (Gernot Heller avec Noah Barkin à Munich; Henri-Pierre André pour le service français)

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