Berlin suspend le versement d'un prêt pour l'A350

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FRANCFORT/BERLIN (Reuters) - Berlin a suspendu un prêt de 600 millions d'euros destiné au développement de l'A350 d'Airbus, filiale d'EADS, ont déclaré mercredi deux sources gouvernementales, confirmant des informations du quotidien Handelsblatt.

Selon ces sources, le gouvernement a décidé de ne pas verser ce prêt pour protester contre le non-respect par Airbus d'un accord sur la localisation en Allemagne de la production de l'A350, un nouveau modèle destiné à rivaliser avec le 787 Dreamliner de l'américain Boeing.

"Le prêt avait été accordé avec l'idée claire qu'Airbus renforce et développe ses activités de recherche, de développement et de production sur ses sites en Allemagne", a déclaré une source.

Les relations entre l'Allemagne et EADS se sont tendues cette année, notamment depuis que le président exécutif du groupe européen d'aéronautique et de défense, Tom Enders, a annoncé que certaines activités d'EADS et d'Airbus seraient délocalisées de l'Allemagne vers Toulouse, en France.

Berlin avait exprimé en mars le souhait qu'Airbus accroisse la part de sa production assurée en Allemagne et que la direction du groupe d'aéronautique soit composée à part égale d'Allemands et de Français, ce qui avait conduit le groupe à dénoncer les tentatives d'influence politique sur sa gestion.

La question de l'emploi à Airbus est l'une des raisons de l'échec, la semaine dernière, du projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems, qui aurait donné naissance à un géant mondial de l'aéronautique et de la défense.

La volonté de l'Allemagne de s'assurer qu'elle pourrait augmenter sa participation dans la nouvelle entité a également contribué à faire capoter les discussions. La France a formulé les mêmes exigences, ce qui a fait grincer des dents les Anglais, qui voulaient une participation de 10%.

Interrogé sur le rôle de Berlin dans l'échec des pourparlers de fusion, le ministre allemande de l'Economie Philipp Rösler a déclaré mercredi : "Notre intérêt est de toujours rester dans ce groupe au même niveau que nos partenaires français".

Il a ajouté que l'Allemagne était actuellement en discussions avec EADS pour répartir les activités de recherches et de production entre les deux pays.

"Nous ne commentons pas le contenu d'accords contractuels", a déclaré un porte-parole d'Airbus.

En janvier, l'ancien président exécutif d'EADS, Louis Gallois, avait déclaré que le groupe pourrait puiser dans sa trésorerie au lieu de solliciter des prêts.

L'enveloppe de 600 millions d'euros dont le versement a été suspendu devait constituer la deuxième tranche d'un prêt d'un milliard promis par l'Allemagne pour contribuer au développement de l'A350. Selon le Handelsblatt, elle aurait dû être débloquée ces jours-ci.

Andres Rinke, Sarah Marsh et Gareth Jones à Berlin, Victoria Bryan à Francort, Nicolas Delame et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Marc Angrand

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