Berlin se réapproprie la mémoire de son Mur

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Cinquante ans après son édification, la capitale allemande ne laisse plus aux seuls marchands du temple le soin de faire revivre les vestiges d'un passé qui l'a durablement meurtrie.

Potsdamer Platz, un après-midi d'août. Les touristes attendent sagement leur tour devant le petit homme qui transpire dans son uniforme de soldat est-allemand au vert passé, aux coudes éculés. Sur les marchés aux puces de Berlin, les surplus de la Volksarmee, l'armée populaire de RDA, se dénichent encore facilement et sont vite rentabilisés. Sur cette place cernée par les buildings, l'homme engoncé dans son costume monnaye deux euros le coup de tampon sur le passeport. Les touristes sont contents, ils repartent avec le visa du secteur soviétique à l'encre bleu pétrole.

En 1989, le Mur tombe mais Berlin reste meurtri. «Comme ces prisonniers qui veulent se débarrasser de leurs habits de détenu à leur libération, les Berlinois ont voulu se débarrasser du Mur. Le plus vite possible. C'est normal. En 1789, quand les Parisiens prennent la Bastille, ce n'est pas pour en garder des bouts», décrypte Axel Klausmeier, historien, qui dirige la Fondation du mur de Berlin. La q

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