Berlin se prépare à accueillir le premier G20 de l'ère Trump

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    * Merkel veut modeler la mondialisation 
    * Le G20 doit défendre la coopération multilatérale, 
dit-elle 
    * L'inconnue Trump pour le G20 
    * Sommet du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet 2017 
 
    par Paul Carrel 
    BERLIN, 29 novembre (Reuters) - L'Allemagne assumera la 
présidence du G20 à partir de jeudi, une tribune qu'Angela 
Merkel veut employer à défendre la coopération multilatérale que 
le président américain nouvellement élu Donald Trump a menacé de 
remettre en cause. 
    Avec un Barack Obama sur le départ, la chancelière 
allemande, qui brigue un quatrième mandat, continue plus que 
jamais de plaider pour une alliance occidentale qui soulève bien 
des interrogations avec la nouvelle donne politique qui 
s'installera aux Etats-Unis le 20 janvier. 
    "Shaping an Interconnected World" ("Formons un monde 
interconnecté") est le slogan choisi par l'Allemagne pour sa 
présidence du Groupe des Vingt (G20), foyer de coordination des 
politiques économiques mondiales depuis la crise financière de 
2008. 
    Des hauts fonctionnaires allemands, qui reconnaissent en 
privé que la présidence du G20 ne sera pas aisée, insistent sur 
le fait que ces quelques mots illustrent leur volonté de faire 
progresser la mondialisation à travers la coopération 
internationale plutôt que de revenir en arrière. 
    Ils veulent aborder les sujets qui peuvent fâcher, notamment 
le libre-échange et le changement climatique, sur lesquels 
Donald Trump s'est déjà exprimé. 
    "Cela promet d'être passionnant, vivant, controversé", 
estime un délégué du G20. 
    Trump a par exemple déclaré que la Chine - membre du G20 - 
"est en train de nous tuer" au plan du commerce international et 
qu'il prendrait des mesures pour réduire le déficit commercial 
américain avec elle, même s'il fallait en passer par 
l'accusation de manipulation des monnaies. 
     
    LA POLITIQUE CLIMATIQUE 
    Sous les termes généraux de stabilité, durabilité et 
responsabilité, l'Allemagne entend rendre l'économie mondiale 
plus résistante, rapprocher les enjeux climatiques des 
politiques énergétiques, et contribuer au développement de 
l'Afrique pour enrayer de nouvelles vagues migratoires. 
    Sur le front climatique, aucune nouvelle avancée n'est 
attendue, Trump ayant déjà menacé de dénoncer l'Accord de Paris 
de 2015.  
    Sur le plan économique, les Allemands veulent affiner les 
rouages financiers pour stabiliser l'économie mondiale. 
    Ils soulignent également que l'OMC (Organisation mondiale du 
commerce) doit demeurer l'instance suprême du commerce 
international et voient une urgence à négocier face à un récent 
regain de protectionnisme. 
    Trump avait laissé entendre, durant sa campagne électorale, 
que les Etats-Unis pourraient se retirer de l'OMC s'il ne 
pouvait pas renégocier comme il le souhaitait les conditions de 
certains accords.  
    Roberto Azevedo, le directeur général de l'OMC, avait 
déclaré la semaine dernière que rien ne prouvait que Trump 
mettrait sa menace à exécution.  
    "L'isolationnisme ne sera pas la solution", a commenté un 
délégué du G20. 
    Berlin souhaite enfin renforcer l'investissement privé sur 
un continent africain où la population s'accroît rapidement pour 
parer notamment à toute nouvelle vague migratoire. 
    Le prochain sommet du G20 se déroulera à Hambourg les 7 et 8 
juillet prochains. 
     
 
 (Avec Gernot Heller,  Catherine Mallebay-Vacqueur pour le 
service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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