Berlin prévient Athènes: il n'y aura pas d'aide sans réforme

le
14
Berlin prévient Athènes: il n'y aura pas d'aide sans réforme
Berlin prévient Athènes: il n'y aura pas d'aide sans réforme

par Noah Barkin et Andreas Rinke

BERLIN (Reuters) - Des responsables politiques allemands de gauche et de droite ont prévenu mardi que la Grèce ne recevrait plus aucune aide financière si elle ne respectait pas toutes les conditions du plan de sauvetage conclu avec l'Union européenne et le FMI.

Les élections législatives de dimanche ont laissé la Grèce dans une impasse politique, en l'absence d'une majorité parlementaire pour les deux seuls partis représentés qui soutiennent le plan de sauvetage, les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) et le Parti socialiste (Pasok).

Le chef de file de la Gauche radicale (Syriza), désormais deuxième parti au parlement grec derrière ND, a déclaré mardi que les engagements de la Grèce envers l'UE et le FMI dans le cadre du plan de sauvetage étaient nuls et non avenus.

Alexis Tsipras, dont la formation a largement bénéficié de l'impopularité des mesures d'austérité exigées par le plan, a trois jours pour former un gouvernement, après le renoncement du meneur de ND, Antonis Samaras, hier soir.

L'Allemagne, première économie européenne, a apporté le plus de garanties financières dans le cadre du plan de sauvetage, qui impose à la Grèce d'atteindre des objectifs précis en terme d'économies budgétaires.

"Les termes de l'accord doivent être respectés. Je ne pense pas que nous puissions, ou que nous devions négocier à nouveau", a déclaré Martin Schulz, président du Parlement européen et membre Parti social-démocrate (SPD).

"L'aide ne peut être versée que si les conditions sont respectées", a déclaré de son côté Gerda Hasselfedt, membre de l'Union chrétienne-sociale (CSU), le partenaire bavarois des conservateurs de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel.

Un versement d'une tranche de 11,5 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce fera faillite, est conditionné à une nouvelle série de coupes budgétaires qui doivent être votées par le parlement hellénique d'ici la fin juin. Ce délai pourrait cependant être remis en question par le vide politique créé du vote de dimanche.

LA MARGE DE LA FRANCE EST MINCE

Les résultats en Grèce et la victoire du socialiste François Hollande au second tour de la présidentielle française ont illustré dimanche le rejet grandissant des électeurs européens face aux mesures d'austérité défendue par l'Allemagne pour sortir la zone euro de sa crise de la dette.

Les promesses de François Hollande de freiner la ligne d'austérité défendue à Berlin pourraient toutefois être tempérées après la publication, prévue fin juin, d'un audit sur l'état des finances publiques, demandé à la Cour des comptes par le futur président.

A Berlin, Peter Altmaier, chef de file des élus chrétiens-démocrates (CDU) réputé proche de la chancelière allemande, a estimé que le prochain gouvernement français n'aurait qu'une marge de manoeuvre très limitée en matière de politique budgétaire en raison de la "précarité" de l'économie et des finances de la France.

"L'économie de la France et les finances du pays demeurent dans un état précaire", a-t-il dit à des journalistes, s'avouant déçu par l'élection du socialiste à la présidence française.

"Tout pays qui essaierait de mener une politique de relance en accroissant ses déficits se mettrait très vite les marchés à dos et verrait ses taux d'intérêt augmenter", a-t-il ajouté. "Il n'y a aucune marge de manoeuvre."

Angela Merkel et François Hollande doivent se rencontrer la semaine prochaine, après la passation de pouvoir au sommet de l'Etat français.

Julien Dury pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • feniks le mercredi 9 mai 2012 à 05:50

    Je choisis bien, je choisis but ! pour le post le plus c.n de la file d'une part. D'autre part, il ne faut pas confondre austérité et obligation de payer ses dettes. Selon l'adage, "qui paie ses dettes, s'enrichit", il n'y a pas d'autre choix. Mention particulière à M8637171 pour ses posts "soft" mais empreints d'une grande transparence.

  • m.young le mardi 8 mai 2012 à 21:35

    Largement d'accord avec M8637171. Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'une petite majorité du peuple français semble avoir donné un mandat à FH pour encore augmenter la dette et les prélèvements obligatoires. Certes c'est toujours plus facile à dépenser l'argent des autres, mais par pitié pour nos enfants ne leur laissons pas pour l'avenir un scénario à la grecque.

  • M8637171 le mardi 8 mai 2012 à 19:16

    ce n'est pas en créant de faux emplois de fonctionnaires et en les payant par l'endettement de l'état et des collectivités que l'on va faire de la vrai croissance. Le vrai travail c'est celui qui crée des vrais richesses. ce n'est pas payer des fonctionnaires à creuser des trous le matin et d'autres à les reboucher l'après midi. On en crève de cette situation.

  • M8637171 le mardi 8 mai 2012 à 19:12

    Les hommes politiques des partis démocratiques doivent dire la vérité et peut être appeler à un gouvernement de salut public. Il faut taxer les riches pour réduire les dettes. Et réduire les dépenses de l'état et des collectivités pour redonner de la compétitivité aux entreprises qui crée de vrais emplois et de vrais richesses. Bien évidemment il faut quelques lois pour assouplir le droit du travail ce qui permettra de réduire le chômage.

  • M8637171 le mardi 8 mai 2012 à 19:08

    Oui Mitterand, Jospin, Chirac et SARKO ont contribué à vider les caisses. Mais SARKO a dit les caisses sont vides il faut réformer. Il a commencé à réformer. Les socialos n'ont fait que critiquer par naïveté, incompétence et électoralisme. Ôte toi de là que je prenne ta place est leur devise. je suis inquiet car les socialos ont voulu déconsidérer SARKO et les réformateurs. Maintenant, ils vont se déconsidérer. seul recours les extrêmes dangereux et avant cela l'anarchie dans le pays.

  • zoila5 le mardi 8 mai 2012 à 18:55

    chirac et sarko n'ont pas vidé les caisses déjà vidées par mitterrand, ils ont augmenté la dette comme les autres depuis giscard...

  • zoila5 le mardi 8 mai 2012 à 18:53

    faire payer en impôt 50% de ses revenus, n'est pas faire un cadeau aux riches. ce n'est que justice, mais pas la même que celle de flam@by...

  • but123 le mardi 8 mai 2012 à 18:52

    Chirac et Sarko ont vidé les caisses et on les laissent partir tranquillement, c'est inadmissible

  • zoila5 le mardi 8 mai 2012 à 18:51

    "L'économie de la France et les finances du pays demeurent dans un état précaire" pauvre flam@by, il ne savait pas, ce que la cour des comptes va lui confirmer...merkel le savait depuis bien longtemps!! il va devenir tout rouge devant merkel. notre nouveau na.bo pas plus grand que sarko, vu à la TV aux cérémonies du 8 mai.

  • M8637171 le mardi 8 mai 2012 à 18:47

    Sarko a certainement fait des cadeaux aux riches mais ensuite il a réformé en douceur la France. il ne pouvait faire autrement puisqu'il était soumis aux critiques continuelles critiques de la gauche et du FN.