Berlin préférerait voir Siemens s'allier à Alstom

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BERLIN PRÉFÈRERAIT VOIR SIEMENS S'ALLIER À ALSTOM
BERLIN PRÉFÈRERAIT VOIR SIEMENS S'ALLIER À ALSTOM

BERLIN (Reuters) - Le gouvernement allemand a fait savoir lundi qu'il préfèrerait que Siemens rachète la branche énergie de son rival français Alstom plutôt que de la voir passer sous le contrôle de General Electric.

Siemens, qui avait raté une première tentative avec Alstom voici une dizaine d'années en raison de l'opposition du gouvernement français à l'époque, serait prêt à échanger la moitié de sa division ferroviaire plus du cash contre la division turbines électriques du groupe français.

Le ministère allemand de l'Economie s'est dit convaincu qu'un rapprochement entre Siemens et Alstom serait une belle opportunité aussi bien pour l'Allemagne que pour la France.

"Une reprise partielle représente d'importantes opportunités aussi bien pour l'Allemagne que pour la France, que ce soit d'un point de vue industriel ou politique", a dit un porte-parole du ministère. "Nous pensons qu'il est pertinent de faire son possible pour la coopération avec la France dans le domaine de l'énergie".

Le ministre, Sigmar Gabriel, est en contact étroit avec toutes les parties concernées et tient la chancelière Angela Merkel informée de la progression des discussions, a ajouté le porte-parole, se refusant toutefois à dire si Paris avait sollicité une intervention de Berlin.

Une source gouvernementale a par ailleurs dit à Reuters que Siemens avait informé ce wkke-end des hauts fonctionnaires à Berlin de son intérêt pour Alstom et que des discussions avaient également pris place entre Berlin et Paris.

"Du point de vue français, Siemens est un moindre mal", dit-on. "Cela montre combien les choses sont devenues difficiles pour l'industrie française dans son ensemble".

General Electric a, selon des sources proches du dossier, proposé à Alstom de lui racheter sa branche énergie pour 13 milliards de dollars environ (9,4 milliards d'euros).

Siemens s'est dit prêt "à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future" avec le groupe français, qui subit de plein fouet la crise européenne du secteur de l'électricité et du marché des nouvelles centrales.

Le conseil de surveillance de Siemens discutera mardi lors d'une réunion extraordinaire d'un éventuel accord avec Alstom, a-t-on appris lundi auprès de trois sources proches du dossier.

Le groupe allemand a fait savoir qu'il déciderait lundi, à l'issue d'une rencontre de son président du directoire, Joe Kaeser, avec le président François Hollande, s'il y avait lieu de faire une offre sur son concurrent français.

Siemens doit par ailleurs dévoiler le 7 mai une nouvelle stratégie comportant des milliers de suppressions d'emplois, rapporte lundi Manager Magazin Online, citant plusieurs responsables du conglomérat industriel allemand.

L'hebdomadaire ajoute que Siemens annoncera également une acquisition dans le secteur de l'énergie pour au moins un milliard d'euros, achat distinct d'un éventuel accord avec Alstom .

Vers 14h15 GMT, le titre Siemens recule de 2,15% à 93,91 euros, accusant la plus forte baisse de l'indice Euro Stoxx 50.

La cotation d'Alstom est suspendue depuis vendredi matin à Paris.

(Markus Wacket et Stephen Brown, Benoit Van Overstraeten et Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • j-m.levy le mardi 29 avr 2014 à 05:41

    Une occasion unique pour nous montrer que l'europe peut fonctionner.... et pas que l'europe financiere...

  • berkowi le lundi 28 avr 2014 à 18:02

    Je n'avais pas compris qu'en Allemagne, acheter une société se disait coopérer !! Comme quoi la compréhension entre pays tient beaucoup de la traduction.