Berlin, Paris et Londres veulent revoir la réforme de la MiFID

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(Actualisé avec précisions, contexte) LONDRES, 1er septembre (Reuters) - L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne souhaitent amender le projet de réforme de la directive européenne sur les marchés financiers (MiFID), qui prévoit une transparence accrue des transactions sur les marchés obligataires, car il pourrait selon elles nuire aux investisseurs et aux marchés concernés. Dans une lettre commune adressée à la Commission européenne, que Reuters a pu consulter, ces trois pays expliquent que les modifications envisagées pourraient avoir des "conséquences défavorables importantes sur le bon fonctionnement de ces marchés vitaux". Certains instruments financiers qui nécessitent une meilleure transparence ne figurent pas dans le champ d'application des nouvelles règles, ajoutent-ils dans cette lettre datée du 25 août, également adressée à l'autorité européenne des marchés financiers, l'Esma. Les nouvelles règles sont censées entrer en vigueur en janvier 2017 dans le cadre de la refonte de la directive MiFID entreprise pour prendre en compte les leçons de la crise financière et l'évolution technologique du secteur des services financiers. Mais l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne jugent que les propositions actuelles de l'Esma "ne reflètent pas l'accord" conclu entre les Etats membres et le Parlement européen. Parmi les points évoqués dans la lettre figure la proposition de l'Esma de rendre obligatoire la transparence des prix des transactions pour les obligations "liquides". Or, pour Berlin, Paris et Londres, une telle transparence pourrait inciter certains investisseurs à se retirer du marché, donc nuire à la liquidité du marché. Leur lettre exprime aussi leur inquiétude face au projet de l'Esma d'interdire aux conseillers indépendants et gestionnaires de portefeuilles de recevoir des rémunérations d'autres personnes que leurs clients. Pour les trois pays, une telle interdiction équivaudrait à "interdire de fait le conseil en investissement non-indépendant tel qu'il est communément pratiqué aujourd'hui dans de nombreux Etats membres". Ils demandent que les différents points soulevés soient traités avant que le projet de réforme ne soit soumis aux Etats membres pour approbation. (Huw Jones; Marc Angrand pour le service français)

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