Berlin instaure de nouvelles mesures face à la crise migratoire

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(Actualisé avec précisions sur lettre, sondage) BERLIN, 23 octobre (Reuters) - L'Allemagne a instauré de nouvelles mesures pour faire face à la crise migratoire, y compris l'accélération des procédures d'expulsion qui commenceront dès la semaine prochaine, a annoncé vendredi le directeur de la chancellerie fédérale Peter Altmaier. L'Allemagne, qui attend cette année plus de 800.000 migrants, espère ainsi mieux gérer le nombre sans précédent de migrants et réfugiés arrivant sur son territoire. Les nouvelles règles prévoient d'accélérer le traitement des demandes d'asile et l'expulsion des migrants en provenance du sud-est de l'Europe, les autorités souhaitant concentrer leurs efforts sur les réfugiés en provenance de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan. Ces nouvelles mesures devraient entrer en vigueur avant la date prévue du 1er novembre. "Ce serait un bon signal", a déclaré Peter Altmaier sur l'antenne de la chaîne ARD. "Nous voulons faire mieux et plus vite cette année concernant l'expulsion des candidats à l'asile dont la demande a été rejetée", a ajouté le directeur de la chancellerie, chargé au début du mois par Angela Merkel de superviser les efforts du gouvernement face à l'afflux de migrants. Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, et le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, ont pour leur part lancé une initiative visant à accélérer la procédure d'expulsion pour les demandeurs d'asile en provenance des Balkans dont la demande aurait été rejetée. GÉRER L'AFFLUX DE MIGRANTS Dans une lettre commune aux ministres des Affaires étrangères de six pays des Balkans, que Reuters a pu consulter, Thomas de Maizière et Frank-Walter Steinmeier demandent que ces pays acceptent les "laissez-passer". Ces papiers sont émis par le pays d'où est expulsé le demandeur d'asile dont le dossier n'a pas été accepté, en l'occurrence l'Allemagne. Souvent, les demandeurs d'asile non acceptés ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d'origine s'ils n'ont pas de passeport et l'obtention des documents de laissez-passer prend souvent du temps. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a convoqué une réunion extraordinaire de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement pour dimanche. Juncker a invité les dirigeants de l'Autriche, de la Bulgarie, de la Croatie, de la Macédoine, de l'Allemagne, de la Grèce, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Serbie et de la Slovénie. De nombreux Allemands estiment que le pays ne peut plus gérer l'afflux de migrants. Selon un sondage pour l'ARD, trois quarts des personnes interrogées pensent que la société allemande va changer en raison de la présence des réfugiés. En Suède, autre pays d'accueil important face à la plus grande vague migratoire qu'ait connue l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement social-démocrate et l'opposition de centre droit ont conclu un accord prévoyant l'instauration de permis de séjour de trois ans. Les familles avec enfants et les mineurs non accompagnés seraient exemptés, selon des sources proches des négociations. L'agence suédoise des migrations a annoncé prévoir l'arrivée de 140.000 à 190.000 demandeurs d'asile cette année. (Paul Carrel, avec Johan Sennero et Daniel Dickson; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français)

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