Berlin et Londres tirent une timide reprise européenne

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par Alexandra Hudson et Olesya Dmitracova

BERLIN/LONDRES (Reuters) - L'Allemagne a confirmé vendredi qu'elle avait enregistré au deuxième trimestre sa plus forte croissance en plus d'un an, tandis que la Grande-Bretagne a revu en hausse sa propre croissance au même taux que celui de l'Allemagne.

Tirée par la consommation des ménages, le produit intérieur brut (PIB) allemand a augmenté de 0,7% sur la période avril-juin par rapport aux trois premiers mois de l'année.

De son côté, la Grande-Bretagne a enregistré une croissance économique équivalente sur la même période, grâce à une reprise générale de l'activité.

Au sein de la première économie de la zone euro, la demande intérieure a contribué à hauteur de 0,5 point à la croissance et le commerce extérieur de 0,2 point, donnant un taux qui a égalé celui du premier trimestre.

Un regain d'activité dans le secteur du BTP, après un hiver rude, a également contribué à cette croissance.

"Les éléments de cette croissance sont très bons. Elle s'appuie plus nettement sur des facteurs internes , ce qui est de bon augure pour l'Allemagne et la zone euro", note Holger Sandte, économiste de Nordea.

"Ce qui est positif également, c'est que les firmes investissent plus dans le matériel et n'hésitent plus autant qu'auparavant".

"La croissance est solide - deux tiers proviennent de la demande intérieure et un tiers du commerce (...) Cela pourrait marquer le début d'une longue période de reprise des investissements", ajoute Christian Schulz (Berenberg Bank).

En Grande-Bretagne, les exportations ont enregistré leur plus forte croissance depuis fin 2011 et l'investissement des entreprises a augmenté plus rapidement que les dépenses des ménages, ce qui laisse envisager une croissance plus équilibrée d'une économie qui s'est surtout reposée sur les importations et la consommation intérieure.

"Il semble que la reprise (britannique) s'auto-entretienne davantage", explique Philip Shaw, économiste d'Investec.

Afin de stimuler les investissements et les dépenses, la Banque d'Angleterre a annoncé ce mois-ci qu'elle n'augmenterait pas ses taux d'intérêts tant que le chômage resterait supérieur à 7%.

SCHÄUBLE POUR UNE HAUSSE DES TAUX LE MOMENT VENU

Les responsables monétaires européens se montrent un peu plus optimistes pour une zone euro sortie au deuxième trimestre d'une année et demie de récession.

Ewald Nowotny, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a ainsi déclaré jeudi lors d'un entretien qu'il ne voyait aucun raison de procéder à une nouvelle baisse des taux pour le moment.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a lui déclaré cette semaine que la croissance pourrait atteindre 0,7% cette année, alors que les estimations gouvernementales tablent sur une hausse du PIB de 0,5% en 2013.

Il s'est également félicité de la perspective d'une remontée des taux directeurs de la BCE une fois que la situation économique se sera définitivement améliorée.

"Des taux d'intérêts bas sont avant tout le reflet d'une insécurité sur les marchés de la dette. Cela ne peut pas durer indéfiniment même si c'est un soulagement pour le budget fédéral", avait-il dit au quotidien financier Handelsblatt.

Le secteur privé allemand a en outre enregistré en août son niveau de croissance le plus élevé depuis janvier, au vu des indices des directeurs d'achats (PMI) parus cette semaine, ce qui confirme la reprise de la première économie européenne, alors qu'au contraire l'activité s'est encore contractée en France.

Un dernier point qui tranche - de l'avis des analystes - avec le taux de croissance de 0,5% au deuxième trimestre annoncé la semaine dernière pour la France, en données provisoires.

Constance de Cambiaire pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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