Berlin enquête sur la cession d'une filiale de RWE à la Russie

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ENQUÊTE ALLEMANDE SUR LA CESSION D'UNE FILIALE DE RWE À LA RUSSIE
ENQUÊTE ALLEMANDE SUR LA CESSION D'UNE FILIALE DE RWE À LA RUSSIE

BERLIN (Reuters) - Le ministère allemand de l'Economie enquête sur la cession de DEA, la filiale d'hydrocarbures de RWE, à un groupe d'investisseurs emmenés par l'oligarque russe Mikhaïl Fridman, a déclaré dimanche une porte-parole du ministère.

Le gouvernement allemand n'a encore jamais utilisé une clause de sa loi sur les échanges extérieurs qui lui permet de bloquer une opération susceptible de troubler "l'ordre et la sûreté publics."

"Une enquête a été ouverte (...) pour déterminer s'il y a des conditions qui justifieraient d'interdire la cession aux termes du traité sur le commerce extérieur", a dit la porte-parole à Reuters en confirmant une information du magazine Der Spiegel.

Selon l'hebdomadaire, le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel a informé vendredi le président du directoire de RWE Peter Terium de l'enquête en cours.

"Nous avons été informés de l'enquête et nous attendons le résultat", a dit une porte-parole de RWE à Reuters, en ajoutant que le groupe entendait toujours finaliser la cession cette année.

L'opération, d'un montant de 5,1 milliards d'euros, avait été critiquée par une partie de la classe politique en mars, au moment où les relations entre la Russie et les pays occidentaux se tendaient sur fond de crise ukrainienne.

Norbert Röttgen, président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag et membre de l'Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel, avait notamment estimé que la cession "faisait tache dans le décor."

Avec l'acquisition de DEA, Fridman, la deuxième fortune de Russie, et ses partenaires mettront la main sur environ 190 licences ou concessions pétrolières et gazières en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Plus du tiers du pétrole et du gaz consommés en Allemagne proviennent actuellement de Russie, pays où commercent par ailleurs plus de 6.000 entreprises allemandes.

RWE, comme les autres compagnies allemandes de services aux collectivités, peine à s'adapter à la transition énergétique en Allemagne. La sortie annoncée du nucléaire, la concurrence des énergies renouvelables et la faiblesse de la demande d'énergie en Europe ont fait baisser de plus de moitié sa valeur boursière en quatre ans. Pour réduire son endettement - actuellement de plus de 30 milliards d'euros - le groupe a réduit des effectifs et cédé des actifs, comme DEA dont la vente avait été annoncée le 16 mars, quelques jours après l'annonce par RWE d'une perte historique due à des dépréciations.

(Annika Breidthardt, Tom Kaeckenhoff and Matthias Sobolewski, Véronique Tison pour le service français)

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