Berlin en conflit avec la Commission sur la supervision bancaire

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LE MINISTRE ALLEMAND DES FINANCES CONFIANT SUR LE MÉCANISME EUROPÉEN DE STABILITÉ
LE MINISTRE ALLEMAND DES FINANCES CONFIANT SUR LE MÉCANISME EUROPÉEN DE STABILITÉ

par Andreas Rinke et Annika Breidthardt

HANOVRE, Allemagne (Reuters) - L'Allemagne a affiché son désaccord avec la Commission européenne au sujet du projet visant à donner à la Banque centrale européenne (BCE) de nouveaux pouvoirs de supervision des banques, estimant qu'il était irréaliste de penser que l'institut de Francfort allait pouvoir contrôler toutes les banques européennes.

Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand, a également déclaré lundi que l'Europe ne serait pas en mesure de mettre en place une instance unique de supervision des banques de la zone euro d'ici la fin de l'année, semant ainsi le doute sur le calendrier indicatif retenu fin juin par les dirigeants européens.

Il a ajouté que tant qu'un tel mécanisme n'était pas créé, il était exclu que les banques puissent être directement recapitalisées par le Mécanisme européen de stabilité financière (MES), le fonds d'urgence de la zone euro.

La possibilité d'une injection directe de fonds du MES dans des établissements en difficulté avait été l'une des principales décisions du sommet européen d'il y a un peu plus de deux mois.

A l'époque, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avait déclaré que l'objectif était de créer un mécanisme de supervision impliquant la Banque centrale européenne (BCE) d'ici la fin de l'année, et de rompre le "cercle vicieux" entre banques et Etats.

La Commission européenne fera ses propositions en matière du supervision bancaire le 12 septembre, mais elle déjà clairement fait savoir qu'elle voulait voir la BCE superviser la totalité des 6.000 établissements bancaires que compte l'Union européenne.

"Notre approche (...) prévoit un mécanisme ambitieux avec un spectre de couverture assez large qui supervisera toutes les banque de la zone euro, la BCE étant au centre du système", a déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, lors d'un discours devant une commission du Parlement européen.

Ce dernier a ajouté que le champ d'intervention de la BCE pouvait également s'étendre aux établissements des pays non membres de l'Union économique et monétaire ayant fait le choix d'une instance de supervision unique.

SELON REHN, MÊME DE PETITES BANQUES PEUVENT ÊTRE SYSTÉMIQUES

Wolfgang Schäuble estime au contraire que le rôle de supervision de la BCE devrait se limiter aux banques les plus importantes.

"La BCE a dit elle-même qu'elle ne disposait pas du potentiel pour superviser les 6.000 banques de l'Union européenne dans un avenir prévisible", a-t-il dit lors d'un entretien à une radio allemande, estimant qu'il fallait faire une différence entre les établissements de taille modeste et les grandes banques.

"Avec les banques d'importance systémique (...) il y a des chances pour que l'on puisse mettre en place une supervision de la BCE dans un horizon de temps proche", a poursuivi Wolfgang Schäuble, sans toutefois fournir de calendrier spécifique.

"Il est hautement problématique de fixer la date d'une telle supervision au 1er janvier. Cela ne se déroulera certainement pas de cette manière."

Wolfgang Schäuble a déclaré que s'il revenait à la BCE d'assumer la fonction du supervision des banques, il fallait que l'institution de Francfort soit réorganisée afin de garantir la poursuite de son indépendance en matière de politique monétaire.

Berlin souhaite que les Landesbanken, les banques régionales publiques où sont noués des liens étroits entre chefs d'entreprise et responsables politiques, échappent aux pouvoirs de supervision de la BCE.

La seule zone euro comptent plusieurs milliers d'établissements mais 95% des actifs bancaires de la région sont détenus par environ 200 banques.

La Commission estime néanmoins qu'il faut que la BCE ait les pouvoirs les plus larges possibles, soulignant que même des groupes bancaires de taille modeste peuvent être source de difficultés pour l'ensemble du système.

"Même de petites banques peuvent être systémiques et provoquer des turbulences financières", a dit Olli Rehn, énumérant les exemples de la britannique Northern Rock, de l'irlandaise Anglo Irish et de l'espagnole Bankia, qui ont dû être nationalisées pour échapper à la faillite.

Avec la contribution de Gareth Jones à Berlin, Daniel Flynn à Strasbourg et Jan Strupczewski à Bruxelles, Benoît Van Overstraeten pour le service français

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  • M6162927 le lundi 3 sept 2012 à 17:12

    TES UN BALAISE TOI BGOOB4

  • gb00b04 le lundi 3 sept 2012 à 17:06

    Il ne connait pas le proverbe "Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué"? Manquerait plus que ce soit un NON.