Berlin doit changer ou sortir de la zone euro, dit George Soros

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L'ALLEMAGNE DOIT CHANGER DE POLITIQUE OU QUITTER LA ZONE EURO, SELON GEORGE SOROS
L'ALLEMAGNE DOIT CHANGER DE POLITIQUE OU QUITTER LA ZONE EURO, SELON GEORGE SOROS

VIENNE (Reuters) - L'Allemagne doit quitter la zone euro si elle n'est pas prête à agir de façon plus active à sa tête et à aider les Etats membres en difficulté à sortir du cercle vicieux de la crise de la dette et de la récession économique, a déclaré samedi le milliardaire George Soros.

Selon ce financier américain d'origine hongroise, âgé de 82 ans, l'Europe file vers une longue dépression et une fin douloureuse de son processus d'unification si des mesures ne sont pas prises pour aider les pays du sud du continent à s'en sortir, en assumant collectivement une partie de la dette et en oubliant son obsession pour l'austérité, dictée par l'Allemagne.

"L'Allemagne devrait être le moteur du développement d'une politique de croissance, d'une union politique et d'un partage des coûts, et accepter le prix d'un tel leadership, ou s'en aller avec un arrangement à l'amiable", a déclaré Soros dans une interview accordée à Reuters TV à Vienne.

George Soros, philanthrope libéral devenu célèbre en spéculant contre la livre britannique en 1992, affirme qu'une zone euro sans l'Allemagne pourrait être plus compétitive en terme d'exportations et assurer le service de sa dette de façon moins coûteuse avec un euro "latin" plus faible, emmené par la France.

Dans le cas contraire, l'Allemagne devrait accepter et intensifier le rôle moteur qui lui revient de facto, et abandonner sa position idéologique, dictée par la Bundesbank, opposée au financement par les banques centrales des Etats et favorable à une inflation strictement limitée à 2%.

Le gouvernement allemand a néanmoins salué le nouveau programme de la BCE dévoilé jeudi, qui prévoit le rachat d'obligations souveraines sur le marché secondaire afin de réduire les coûts de financement de pays de la zone euro sous pression, pourtant critiqué par la Bundesbank.

"TOUT DROIT VERS LA DÉPRESSION"

Soros estime que ce programme pourrait accorder à l'Europe "plus de temps que les mesures précédentes". "C'est une démarche plus spectaculaire", a-t-il ajouté, mais il a prédit que ni l'Espagne, ni l'Italie ne feraient appel à ce programme.

Selon lui, l'Europe aurait davantage besoin d'une "zone d'euro-obligations", une hypothèse pour l'instant rejetée par Berlin.

"Ensuite, elle a besoin de pouvoir croître, il lui faut un programme de croissance et là encore ce n'est pas ce que l'Allemagne impose à l'Europe."

Le milliardaire américain dresse un parallèle entre la crise de la zone euro et la crise financière de 1982, quand les prêteurs ont protégé le système bancaire mondial en ne prêtant aux pays endettés que le strict minimum, les obligeant à adopter des programmes d'austérité sévères qui les ont menés à la dépression.

"C'était la décennie perdue de l'Amérique latine et quelque chose de très similaire est en train de se passer dans la zone euro, avec l'Allemagne qui joue le même rôle pour l'euro que le FMI ne le faisait au sein du système financier mondial", a-t-il estimé. "Cette politique mène l'Europe tout droit vers une dépression qui va durer cinq ou dix ans."

Georgina Prodhan; Baptiste Bouthier pour le service français

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  • m.young le dimanche 9 sept 2012 à 21:36

    Excellent laeti453 !

  • laeti453 le dimanche 9 sept 2012 à 14:15

    .....des ètats à qui nous empruntons de quoi vivre!

  • laeti453 le dimanche 9 sept 2012 à 14:14

    La vérité , c'est qu'il y a eu depuis 1973 des transferts colossaux de richesses des pays industrialisés vers les autres pays . on ne s'en est pas trop apercu car les états ont fait appel à l'emprunt pour boucler les budgets. Maintenant, le mur est là, devant nous et nous devons accepter une réduction drastique de notre niveau de vie ou faire la guerre, que nous perdrons d'ailleurs .Vivons donc autrement et cessons de consommer la pacotille technologique qui nous vient justement des états à q

  • xDamx le dimanche 9 sept 2012 à 09:13

    Oui enfin la dette colossale que nous — pays du sud — avons n'est pas due à l'Allemagne. La BCE n'aurait jamais dû arriver à la situation d'avoir à racheter des dettes de manière illimitée ou prêter à des taux très bas. Maintenant, si c'est une des solutions envisageables pour sortir la tête de l'eau, faisons-le, mais il ne faut pas s'attendre à ce que cela ne recommence pas si on ne met pas des gardes-fous auxquels on se tiendra cette fois !

  • jepe48 le dimanche 9 sept 2012 à 08:51

    on sait très bien. Mais l'Allemagne a voulu l'Europe et l'Europe élargie que pour en tirer du profit, un euro fort, des exportations en zone euro etc etc. Un euro à parité de 1 pour un avec le dollar, une BCE ou des banques nationales (des états) qui prêtent aux états à des taux raisonnables (rien à voir avec les financiers et banquiers actuels) et nous n'en serions pas là

  • c.tardo1 le dimanche 9 sept 2012 à 08:33

    A quoi bon réagir quand on sait ce qui est sous entendu derrière.......

  • zoila5 le dimanche 9 sept 2012 à 00:41

    Soros souhaite détruire l'Europe!! déjà en spéculant contre la Livre anglaise!! donc pas de conseil à recevoir de ce financier véreux !!

  • m.young le samedi 8 sept 2012 à 22:43

    Bien vu t.funny !

  • t.funny le samedi 8 sept 2012 à 22:40

    Je me méfie de ce qu'il pense surtout que tout le monde sait qu'il a des positions contre l'euro ...

  • M5859377 le samedi 8 sept 2012 à 22:16

    ET OUI lui aussi a compris que le pb de l'europe c'est le comportement inadmissible et meurtrier de l'Allemagne

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