Berlin confirme sa prévision de croissance 2016, malgré l'export

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    * Croissance attendue à 1,7% en 2016, 1,5% en 2017 
    * La demande intérieure, principal moteur de l'activité 
    * Le ministre de l'Economie réclame plus d'investissement 
public 
 
 (Actualisé avec conférence de presse de S. Gabriel) 
    par Michael Nienaber 
    BERLIN, 20 avril (Reuters) - Le gouvernement allemand a 
confirmé mercredi sa prévision d'une croissance économique de 
1,7% cette année, comme en 2015, le dynamisme de la demande 
intérieure devant compenser l'affaiblissement des exportations 
lié au ralentissement des économies émergentes.  
    La consommation privée, soutenue par un niveau d'emploi 
record, la hausse des salaires réels et les dépenses publiques 
pour l'accueil des migrants, est devenue le principal moteur de 
la croissance allemande, qui a atteint 1,7% en 2015. 
    "La reprise allemande va se poursuivre cette année et 
l'année prochaine", a dit le ministre de l'Economie Sigmar 
Gabriel, l'un des représentants des sociaux-démocrates dans le 
gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel, lors 
d'une conférence de presse.  
    "Notre modèle de croissance est plus tiré par (la demande) 
intérieure", a-t-il ajouté. 
    Il a rappelé la mise en place d'un salaire minimum l'année 
dernière et, cette année, la revalorisation des pensions la plus 
élevée en plus de 20 ans. 
    "Avec cela, nous avons réduit les dépendances aux risques 
économiques extérieurs et jeté les bases d'une croissance stable 
dans un environnement économique mondial plus difficile." 
    Les importations allemandes devraient croître plus 
rapidement que les exportations cette année et en 2017, a dit le 
ministre, soulignant que les autres économies de la zone euro 
bénéficient de la forte demande intérieure allemande.  
     Concernant la politique monétaire de la Banque centale 
européenne, Sigmar Gabriel a dit qu'il était temps d'arrêter de 
dénigrer le président de la Banque centrale européenne Mario 
Draghi et de parvenir à des accords sur des mesures permettant 
de soutenir la croissance.  
    La politique monétaire ultra-accommodante de la BCE a été  
vivement critiquée par certains responsables politiques 
allemands dont le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, 
proche d'Angela Merkel.  
    Le gouvernement anticipe un ralentissement en 2017 en 
projetant une croissance de 1,5%, sa première anticipation pour 
la variation du Produit intérieur brut (PIB) de l'an prochain. 
    Berlin s'attend à ce que le nombre de personnes ayant un 
emploi continue toutefois d'augmenter à près de 44 millions, 
dépassant ainsi le record prévu pour cette année à 43,5 
millions. Cela devrait soutenir encore la demande intérieure, 
augmenter les rentrées fiscales et permettre au gouvernement 
d'augmenter la dépense publique. 
    Sigmar Gabriel a plaidé en faveur d'une hausse de 
l'investissement, notamment dans l'éducation. 
    Le gouvernement allemand a adopté le mois dernier un 
programme budgétaire reposant sur une augmentation des dépenses 
publiques de plus de 30 milliards d'euros jusqu'en 2020, sans 
pour autant remettre en cause le principe d'un budget équilibré. 
 
 (avec Joseph Nasr ; Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 
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