Berlin change de discours sur une éventuelle sortie de la Grèce

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Le gouvernement allemand cherche à faire retomber les tensions du début de semaine autour de la question grecque.
Le gouvernement allemand cherche à faire retomber les tensions du début de semaine autour de la question grecque.

Le discours change du côté de Berlin vis-à-vis de la Grèce. Lundi, Angela Merkel évoquait la possibilité d'une sortie du pays de la zone euro en cas de remise en question des mesures d'austérité. Jeudi 8 janvier, Berlin envoie le signal inverse. Les investisseurs semblent soulagés.

Angela Merkel était sans doute allée trop loin lundi dernier au sujet de la Grèce. En adoptant une ligne dure sur le sort du pays au sein de la zone euro en cas d'arrivée au pouvoir de Syriza, la chancelière avait entraîné des craintes généralisées très mal digérées par les marchés. Aujourd'hui, le gouvernement allemand veut rassurer.

C'est par le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, que les nouvelles rassurantes sont venues. Ce dernier a en effet affirmé, au sujet d'une éventuelle sortie de la Grèce, que l'Allemagne « ne cherche pas de tels scénarios ».

Scénario chiffré à 72 milliards de pertes pour l'Allemagne

La raison de ce changement de discours est simple : comme nous l'évoquions mardi, dans l'éventualité d'une sortie de la Grèce, tout le monde aurait trop à y perdre. C'est précisément ce qui semble motiver cette rétraction de Berlin sur le sujet grec. Selon l'institut Ifo, le coût d'une sortie de la Grèce pour l'Allemagne se chiffrerait à 72 milliards d'euros. Ce coût serait notamment dû au non-remboursement des prêts accordés en l'échange de mesures d'austérité.

Surtout, une sortie grecque de l'euro créerait une pagaille bien compliquée à maîtriser. Un « bank run » pour retirer son épargne en euros serait inévitable juste avant que la drachme soit remise en service. Il faudrait en conséquence s'attendre à une quasi-faillite de toutes les banques grecques, et l'obligation d'un sauvetage généralisé chapeauté par la BCE à travers le nouveau mécanisme d'Union bancaire. Avec, au passage, un forte baisse des marchés.

Faire retomber les tensions

L'Allemagne semble ainsi prendre conscience que ce scénario n'est pas viable et qu'en adoptant un discours trop intransigeant dès maintenant, cela pourrait être dommageable à bien des points de vue. En agitant l'épouvantail de la question grecque, les craintes et les spéculations vont bon train, les « spreads » grecs montent (les investisseurs prêtent au pays à des taux plus élevés) et tout cela augmente les probabilités d'un scénario catastrophe. En somme, pour éviter les complications, le mieux à faire est d'arrêter de crier au loup.

Cela est d'autant plus vrai que Syriza n'a pas encore de position fixe sur toutes les questions économiques. Les discussions resteraient ouvertes en cas de victoire du parti aux élections, d'autant plus qu'Alexis Tsipras se veut pro-européen et contre une sortie de la zone euro.

Une chose est sûre : le retour allemand à un discours plus conciliant rassure les marchés. Jeudi 8 janvier à 12h25, le CAC40 dépassait les 2% de hausse, également porté par un espoir vis-à-vis d'une possible accélération du plan de relance monétaire mis en place par la BCE.

X.Bargue

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  • M4358281 le vendredi 9 jan 2015 à 15:37

    Ah ..j'ai acheté et revendu ...on peut continuer ?

  • 445566ZM le vendredi 9 jan 2015 à 11:06

    Il ne faut pas oublier que les grecs sont très malins. Ce revirement du gouvernement debouchera sur les nouvelles négociations et nouvelles aides de plusieurs milliards.

  • b.renie le vendredi 9 jan 2015 à 07:27

    Mais le problème reste entier. On ne donne pas une solution pas une situation de surendettement sans annuler une part plus que significative de la dette. La finance imprudente y perdra mais on sortira définitivement de la situation de crise avec le minimum de casse humaine.

  • gstorti le jeudi 8 jan 2015 à 15:09

    A qui profile les annonces hasardeuses ? Bon en ce qui concerne le retrait de leurs économies, je pense que pour çeux a qui ils restent encore quelques choses, ce serait plutôt sous le matelas et en euros or, j'espère pour eux. LolL'UE ET LE FMI ont prêté 240 milliards, la France env. 50 et les allemands env. 80. Donc finalement en cas de faillites ce sera le contribuable europeen qui en paiera les frais, et pas les banques, ceux qu'il fallait faire en 2012, ce sera avec retards mais se fera.

  • Garasixt le jeudi 8 jan 2015 à 14:52

    La grosse commence vraiment à nous les briser menu, menu

  • pierry5 le jeudi 8 jan 2015 à 13:43

    ceux qui a été prêté....

  • pierry5 le jeudi 8 jan 2015 à 13:43

    Les grecs n'ont plus d'argent et " tout le monde " comme elle dit a déjà perdu ce qui a été prêter. La BCE va très probablement intervenir en sourdine à la demande des allemands pour essayer de sauver ce qui peut l'être attendez vous à une création majeure de Junk Bonds.

  • M2286010 le jeudi 8 jan 2015 à 13:32

    Tsipras est contre une sortie de la Grèce de la zone Euro... U.E. et F.M.I. ont déjà prêté 240 milliards d'Euros à la Grèce, Syriza verrait d'un bon oeil arriver d'autres prêts pour une Grèce en totale déconfiture. Quand à rembourser les prêts en cours et les suivants, c'est une autre affaire...

  • lorant21 le jeudi 8 jan 2015 à 13:10

    La Grèce doit probablement sortir.. mais au mieux des intérêts de tous.

  • loto77 le jeudi 8 jan 2015 à 13:01

    Du coup , Syriza va passer et les Grecs vont augmenter salaires & pensions , et ne pas payer ! C'est en effet une bonne idée ... pour eux .