Berlin autorise la vente d'une filiale de RWE à un Russe

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(Actualisé avec confirmation de l'autorisation, précisions) FRANCFORT/BERLIN, 22 août (Reuters) - Le ministère allemand de l'Economie a autorisé vendredi la cession de DEA, filiale d'hydrocarbures de RWE RWEG.DE , à un groupe d'investisseurs emmenés par l'oligarque russe Mikhaïl Fridman, malgré les tensions avec Moscou autour de la crise en Ukraine. Ce feu vert lève l'obstacle le plus important à cette opération de 5,1 milliards d'euros, un élément majeur de la stratégie de RWE visant à réduire sa dette de plus de 30 milliards d'euros. Avec l'acquisition de DEA, Mikhaïl Fridman, deuxième fortune de Russie, et ses partenaires au sein du consortium Letter One vont mettre la main sur environ 190 licences ou concessions pétrolières et gazières en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L'annonce de l'opération en mars, alors que les relations entre l'UE et la Russie étaient déjà en train de se détériorer, avait suscité de vives critiques en Allemagne. L'Union européenne et les Etats-Unis ont infligé depuis plusieurs vagues de sanctions à la Russie, qu'ils accusent d'entretenir une rébellion séparatiste pro-russe dans l'est de l'Ukraine. En représailles, la Russie, qui dément toute implication dans le conflit en Ukraine, a décrété un embargo sur des produits agricoles occidentaux. Le gouvernement allemand aurait pu invoquer une clause dans la législation sur le commerce extérieur lui permettant d'empêcher une opération susceptible de troubler "l'ordre et la sûreté publics", ce qui aurait été un fait sans précédent. Mais le secrétaire d'Etat allemand à l'Economie Stefan Kapferer a déclaré à la presse vendredi que cette opération ne mettrait pas en danger l'approvisionnement énergétique de l'Allemagne et que le consortium acquéreur était basé dans l'Union européenne, ce qui avait constitué un élément clé de la décision gouvernementale. La Commission européenne a déjà donné son feu vert mais les autorités de régulations de plusieurs autres pays, que RWE a refusé de nommer, doivent encore donner leur avis. DEA a des activités dans une douzaine de pays, dont le Royaume-Uni, la Norvège, le Danemark et l'Egypte. Plus du tiers du pétrole et du gaz consommés en Allemagne proviennent actuellement de Russie, pays où commercent par ailleurs plus de 6.000 entreprises allemandes. RWE, comme les autres compagnies allemandes de services aux collectivités, peine à s'adapter à la transition énergétique en Allemagne. La sortie annoncée du nucléaire, la concurrence des énergies renouvelables et la faiblesse de la demande d'énergie en Europe ont fait baisser de plus de moitié sa valeur boursière en quatre ans. Pour alléger son endettement, le groupe cherche à réduire ses effectifs et à céder des actifs, comme DEA. Le titre RWE perdait 1% vers 11h50 GMT en Bourse de Francfort. (Alexander Hübner, Tom Käckenhoff et Gernot Heller; Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)


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