Berlin a changé de politique migratoire, dit le chef de la CSU

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    BERLIN, 20 mars (Reuters) - Le gouvernement d'Angela Merkel 
a opéré un tournant en matière de politique migratoire, prenant 
ses distances vis-à-vis de sa culture d'accueil, a estimé 
dimanche le chef de file des chrétiens-sociaux (CSU), alliés de 
la CDU de la chancelière. 
    "Le gouvernement fédéral a complètement changé de politique 
migratoire, même s'il ne le reconnaît pas", déclare au Bild am 
Sonntag Horst Seehofer, président de la CSU et 
ministre-président de Bavière. 
    "Un renoncement discret à la culture d'accueil sans 
condition a été opéré. Malgré les images qui nous arrivent de la 
frontière gréco-macédonienne, aucun homme politique allemand ne 
dit, aujourd'hui : 'Les frontières sont ouvertes, que tout le 
monde vienne en Allemagne!'", ajoute Horst Seehofer. 
    L'an dernier, 1,1 million de réfugiés, fuyant dans une 
grande majorité les conflits au Moyen-Orient ou en Afrique, ont 
été accueillis sur le sol allemand. 
    La chancelière Merkel a ouvert les frontières de son pays 
aux réfugiés l'été dernier, et, à l'époque, les Allemands ont 
accueilli sans grande réticence les migrants débarquant des 
trains à la gare de Munich, en Bavière. Mais à mesure que 
l'opinion publique se retournait contre cet afflux migratoire, 
Angela Merkel a insisté sur le fait que le nombre de 
nouveau-venus devrait être réduit. 
    Un membre éminent du parti des Verts, Anton Hofreiter, a 
estimé lui aussi que la chancelière avait changé de politique 
vis-à-vis des migrants et l'a accusée dans les colonnes du 
Rheinische Post d'avoir "renoncé à son approche humanitaire", en 
soutenant l'accord conclu entre l'Union européenne et la 
Turquie, vendredi, pour enrayer l'émigration illégale vers 
l'Europe. 
     
    CRAINTE D'UNE IMMIGRATION KURDE 
    Horst Seehofer, lui, a redit son souhait de voir l'Allemagne 
limiter à 200.000 par an le nombre de nouveaux réfugiés qu'elle 
accepte - demande qu'a rejetée Angela Merkel qui parie plutôt 
sur une solution européenne à la crise. 
    Le ministre des Finances (CSU) du Land de Bavière, Markus 
Söder, a estimé dimanche que l'accord intervenu vendredi entre 
l'UE et la Turquie risquait de déboucher sur un exode massif de 
Kurdes vers l'Allemagne. 
    Cet accord prévoit que la Turquie reprenne sur son 
territoire les migrants qui franchissent clandestinement la mer 
Egée vers la Grèce, pendant que l'UE acceptera un nombre 
équivalant de réfugiés syriens venus, dans les règles, de 
Turquie. 
    En échange de sa contribution au règlement de la crise 
migratoire, la Turquie a obtenu une aide financière 
supplémentaire de la part de l'Europe -- trois milliards d'euros 
en plus des trois milliards déjà accordés --, la mise en oeuvre 
anticipée de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs 
et l'accélération du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE. 
    "Cela (l'accord turco-européen) risque au bout du compte de 
d'entraîner un regain d'immigration, en particulier si l'on 
prend en compte la libéralisation des visas. De nombreux, 
nombreux Kurdes fuyant le pouvoir turc risquent d'arriver en 
Allemagne", a dit Söder à la chaîne publique allemande ZDF. 
    Le cessez-le-feu qui tenait depuis deux ans entre l'Etat 
turc et les séparatistes du PKK (Parti des travailleurs du 
Kurdistan) a volé en éclats l'été dernier et des combats 
meurtriers ont fait rage depuis lors. 
 
 (Michelle Martin; Eric Faye pour le service français) 
 
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  • d.contan il y a 10 mois

    un marché de dupes..il suffit de lire