Bérénice Marlohe (Skyfall) : "je me suis inspirée d'une panthère et d'un dragon pour Séverine"

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Bérénice Marlohe lors de l'avant-première française de "Skyfall" le 24 octobre AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
Bérénice Marlohe lors de l'avant-première française de "Skyfall" le 24 octobre AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

(Relaxnews) - A 33 ans, Bérénice Marlohe crève l'écran dans le 23e épisode de la saga 007, Skyfall, attendu ce 26 octobre dans les salles. La Française revient sur sa participation à l'aventure "bondienne" et explique comment elle a construit son personnage dénommé Séverine.

Une Bond girl mystérieuse

Relaxnews : Quels sont les qualités et les défauts de Séverine ?
Bérénice Marlohe : Une grande humanité, je pense. C'est quelqu'un de très endurant face aux épreuves de la vie, qui est lucide sur la condition humaine. C'est un bon gangster. (Rire). Quelles sont ses défauts ? Elle fume trop (Rire).

R.N. : De quoi êtes-vous la plus fière dans la construction du personnage ?
B.M. : Dans n'importe quelle création de personnage, je travaille un peu sur le masculin/féminin et le côté animal. Je me suis inspirée d'une panthère noire, d'un dragon et un peu d'homme et de femme. Le dragon parce que ça connecte à l'imaginaire et permet d'aller un peu plus loin dans la création. Comme je suis perfectionniste, je dis toujours que j'aurais pu aller encore plus loin... On a essayé tellement de choses... Chaque prise était différente. Je suis assez contente au final car j'ai réussi à faire ce que je voulais expérimenter. Grâce au réalisateur Sam [Mendes] qui nous laissait une liberté incroyable.

R.N. : Laissait-il la place à l'improvisation ?
B.M. : Oui, c'est-à-dire même avec un texte, entre les lignes, dans la situation, dans le comportement je me sentais vraiment très à l'aise. Comme si je tournais un court métrage.

R.N. : Comment vous êtes-vous sorti des clichés de la James Bond girl ?
B.M. : Je n'ai jamais pensé au fait que c'était une Bond girl quand j'ai tourné. Je voulais d'abord créer un être humain, avec le plus de complexité et de substance possibles. Et ensuite m'amuser avec ces clichés qui touchent tous les personnages de James Bond, comme les méchants. Ils sont hauts en couleur, ils sont théâtraux. Je voulais créer un vrai être humain avec plein de substance et après jouer avec cette grandeur, ce charisme extrême qu'ont les personnages.

Sur le tournage

R.N. : Qu'est-ce que ça fait de tourner avec Daniel Craig et Javier Bardem ?
B.M. : C'est fantastique en tant qu'actrice parce que c'est très excitant et stimulant d'être en face de gens très talentueux. C'est quand même une occasion unique. Et en plus de ça, ce sont des êtres humains vraiment formidables. Ca a été en plus une expérience humaine très chouette.

R.N. : Et avec Sam Mendes ?
B.M. : Avec Sam Mendes, c'est la même chose. La connexion humaine s'est faite très rapidement. Parce que Daniel Craig et lui sont des vrais artistes qui ont un point de vue très fort. Je suis moi aussi très attachée à la création, ça a donc été extrêmement fluide. Sam est aussi merveilleux dans le sens où il a un univers magnifique mais laisse vraiment les autres s'exprimer. J'ai pu créer ce que je voulais avec ce personnage et ça c'est aussi grâce à son tempérament.

R.N. : Que pensez-vous de l'univers de Bond ?
B.M. : Je me sentais très connectée avec cet univers-là depuis très longtemps. C'est un monde un peu réel et imaginaire et c'est ça qui est à mon avis la clé du succès. On se sent un peu comme un enfant quand on regarde ces films. Ils ont une capacité à faire rêver les gens. C'est ça qui me fascinait et qui m'a décidé à tenter ma chance pour que les producteurs voient mon travail. Je sentais intuitivement que je pourrais vraiment avoir beaucoup de plaisir à créer et qu'on ne me mettrait pas de limite.

Une carrière prometteuse

R.N. : Que s'est-il passé pour vous professionnellement depuis la promo de "Skyfall" à Cannes et la promo actuelle ?
B.M. : J'ai passé quelques auditions lors de mes passages à Los Angeles. Je suis très heureuse car j'ai décroché trois films anglais-américains. Deux films indépendants et un autre film de studios avec un réalisateur merveilleux. Je ne peux pas encore en parler mais il s'agit d'un casting vraiment superbe avec des acteurs américains formidables. Je suis très heureuse parce qu'après la promotion, dès décembre, je vais pouvoir continuer sur ma voie.

R.N. : L'agent d'Al Pacino fait du bon travail alors
B.M. : (Rire) C'est vrai ! Je suis contente car je suis dans l'agence de mes acteurs préférés, Christopher Walken et Gena Rowlands. Et je ne le savais pas quand je les ai contactés. Je trouve que la vie fait bien les choses. J'aime bien cette idée symboliquement.

R.N. : Est-il plus facile de percer dans le cinéma américain que dans le cinéma français ?
B.M. : En trois mois, j'ai fais à Los Angeles des choses qui pourraient sembler extraordinaires, que je n'ai pas pu faire en huit ans en France. La grande différence, en tous cas dans mon parcours personnel, c'est qu'on demande juste la démo et c'est tout. On se fit au travail. Comme ce sont de vrais businessmen et des gens talentueux, ils n'hésitent pas à miser s'ils voient un potentiel ou du travail. Avant même ce film, j'ai senti que tout y était possible. C'est un sentiment de liberté. C'est l'American Dream. Ils aiment ça. On part de rien, on ne nous demande pas d'où on vient ou qui on connaît.

Des projets personnels

R.N. : Et si vous deviez construire un projet plus personnel
B.M. : Là pour le moment, le montage m'intéresse énormément. Peut-être qu'un jour et même certainement, je dirigerai mon propre film. Avant, j'aimerais bien me focaliser sur la peinture et faire des portraits. Je fais ça depuis que j'ai quatre ans. C'est ma première passion avec le piano. Ce que j'adore, c'est peindre des visages parce qu'on peut capter la personnalité et l'âme de gens, leur énergie. Et autour de ça, j'aime construire un monde complètement fantasmagorique ou de science-fiction, avec des planètes, des étendues désertiques.

R.N. : N'est-ce pas paradoxal ? En tant que peintre vous tentez de sortir la vérité des visages mais la comédie vous oblige à porter un masque sur votre visage.
B.M. : Les deux sont quand même connectés. Ce qui est intéressant en tant qu'acteur, c'est qu'on est obligé de trouver notre propre vérité. Savoir ce qui nous touche, quel genre d'être humain on est, ce qui nous émeut, ce qui nous rend heureux. Ca nécessite d'être connecté à soi, de trouver sa vérité pour pouvoir vraiment utiliser ce que l'on est quand on joue.

- Un court extrait de Skyfall, lorsque Séverine (Bérénice Marlohe) rencontre James Bond à Macao : youtu.be/5yM0x_JYgtA

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