Bercy préconise une réorganisation du site Sanofi de Toulouse

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BERCY RECOMMANDE DANS UN RAPPORT UNE RÉORGANISATION DU SITE SANOFI DE TOULOUSE
BERCY RECOMMANDE DANS UN RAPPORT UNE RÉORGANISATION DU SITE SANOFI DE TOULOUSE

PARIS/TOULOUSE (Reuters) - Une mission ministérielle propose de réorganiser le site de Sanofi à Toulouse autour d'un pôle de recherche et d'innovation afin d'y maintenir environ 500 des 612 emplois actuels, un projet vu comme un "début de démantèlement" par les syndicats.

Selon son rapport remis vendredi au ministre du Redressement productif, la mission demande notamment à Sanofi de s'engager sur au moins cinq ans à soutenir les différentes activités du site afin de laisser aux nouvelles structures qui y seraient créées le temps de faire la preuve de leur efficacité.

Sanofi a répondu qu'il s'engageait "à explorer la feuille de route" recommandée et à accompagner au cours des cinq prochaines années "la transition du site de Toulouse vers de nouvelles structures autonomes".

Pour autant, le groupe pharmaceutique a confirmé son intention de regrouper ses activités de recherche en France en région parisienne, à Lyon et à Strasbourg.

"Cinq ans, c'est le délai qui paraît nécessaire aux experts pour permettre la renaissance sur une base nouvelle d'un écosystème de recherche dont nous espérons qu'il convaincra Sanofi de rester", a déclaré le ministre, Arnaud Montebourg, lors d'un point de presse à Toulouse.

"LA FIN DU STATU QUO"

La mission suggère de transformer le site pour en faire un centre d'innovation dont la mission sera d'identifier de nouveaux candidats-médicaments. Elle se prononce aussi pour une scission du site afin de permettre la création d'entités indépendantes dont la vocation serait de développer la recherche dans le domaine du cancer.

"Sur les 612 emplois actuels, environ 500 seraient maintenus sur le site réorganisé, en tenant compte des près de 80 départs anticipés à la retraite et des différents employés qui rejoindraint les sites dédiés du groupe (Lyon, Vitry...)", lit-on dans son rapport.

Prié de commenter cette estimation, un porte-parole de Sanofi a répondu que "ce point va faire l'objet d'un travail approfondi avec les partenaires sociaux".

Christian Lajoux, président de Sanofi France, a indiqué à la presse que des négociations avec les syndicats pourraient commencer dès mardi.

"La synthèse de ce rapport peut tout à fait nous servir comme feuille de route de transformation de notre site de Toulouse", a-t-il dit. "C'est la fin du statu quo pour Toulouse (...) C'est un accord gagnant pour les salariés de Sanofi qui ont maintenant cinq ans pour s'organiser, faire valoir leurs compétences."

Du côté des syndicats, l'inquiétude demeure.

"Aujourd'hui, pour nous, ce n'est pas satisfaisant, bien entendu, parce que c'est un début de démantèlement du site, malheureusement", a déclaré Laurence Millet, secrétaire adjointe du comité d'entreprise et membre de l'intersyndicale.

"Une vie de salarié ne se remet pas en cause tous les cinq ans", a-t-elle dénoncé, estimant que le projet proposé repose sur un "pari que dans cinq ans Sanofi ne pourrait plus se passer de ce site à cause de (sa) perfection".

Les syndicats de Sanofi n'ont cessé de contester le plan de restructuration annoncé par la direction en juillet 2012, qui prévoit la suppression de plus de 900 emplois en France d'ici à 2015. A l'époque, le groupe avait indiqué que la vocation du site de recherche de Toulouse restait à préciser, en ajoutant que "des acteurs susceptibles d'y poursuivre des activités scientifiques ou technologiques" avaient été identifiés.

En Bourse, l'action Sanofi cède 0,18% à 84,47 euros à 15h45, à comparer à une baisse de 0,6% de l'indice sectoriel européen de la pharmacie.

Noëlle Mennella à Paris, Jean Décotte à Toulouse, édité par Dominique Rodriguez

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  • PAINPONT le vendredi 17 mai 2013 à 16:43

    DE PLUS EN PLUS FORT !