Bercy aura son mot à dire sur la vente de Leroy Somer-sources

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    * Leroy Somer fabrique des moteurs pour la marine 
française-sces 
    * Bercy sera consulté au titre de la loi sur les 
investissements étrangers-sces 
    * Emerson n'a pas ouvert la vente aux fonds 
d'investissement-sces 
    * Privilégie un repreneur industriel asiatique-sces 
 
 (Actualisé avec réaction d'Emerson) 
    par Gilles Guillaume et Arno Schuetze 
    PARIS/FRANCFORT, 3 juin (Reuters) - Le gouvernement français 
aura sans doute son mot à dire sur le choix du repreneur de 
Leroy Somer, le fabricant français de moteurs électriques mis en 
vente par Emerson et pour lequel le groupe américain préfère 
pour l'heure une solution asiatique, a appris Reuters de 
plusieurs sources proches du dossier. 
     La division moteurs d'Emerson  EMR.N , mise en vente fin 
avril  , inclut le britannique Control Techniques, 
spécialiste des systèmes d'entraînement pour l'industrie 
minière, les grues ou l'imprimerie, mais surtout Leroy Somer, 
leader mondial des alternateurs industriels et systèmes 
d'entraînement, basé à Angoulême (Charente). 
    Or le groupe français, racheté par Emerson en 1990, fournit 
des moteurs électriques à l'E-Mehari, la voiture électrique  
fabriquée par PSA  PEUP.PA  à Rennes avec des batteries du 
groupe Bolloré  BOLL.PA , mais aussi à des navires et des 
sous-marins de l'armée française. 
    "Du fait du champ d'activité de Leroy Somer, la loi sur les 
investissement étrangers semble un passage obligé", a déclaré 
une des sources. 
    Si le repreneur n'est pas français, le ministère de 
l'Economie devra donc donner son feu vert et pourra exiger des 
engagements sur la fiabilité des approvisionnements et sur le 
maintien d'une partie des capacités industrielles du groupe en 
France. 
    L'histoire de Leroy-Somer, fondé par Marcellin Leroy, 
remonte à 1919. La société comptait fin 2015 quelque 29 sites, 
dont 16 sur le sol français, et employait 7.900 personnes, dont 
plus de 3.000 dans l'Hexagone. 
    La mise en vente intervient sur fond de craintes d'une 
restructuration de l'entreprise, qu'un responsable de la CFDT 
devait exposer vendredi à un conseiller du ministère de 
l'Economie. 
    Selon des sources proches du dossier, les offres devraient 
valoriser la division à cinq/huit fois l'Ebitda, soit jusqu'à 
800 millions de dollars (environ 700 millions d'euros). 
    "Emerson a reçu des marques d'intérêt et est en discussion 
avec plusieurs entreprises industrielles mondiales et tout à 
fait qualifées", a déclaré un porte-parole du groupe américain, 
ajoutant qu'il espérait pouvoir en dire plus "dans les mois qui 
viennent". 
        
    DÉLÉGATION CHINOISE EN CHARENTE 
    Si les moteurs électriques ont à nouveau le vent en poupe 
dans l'automobile, la concurrence reste rude pour une partie 
mécanique longtemps méprisée par rapport à d'autres types de 
motorisation. Les grands concurrents sont des géants asiatiques 
plus compétitifs mais aussi des constructeurs automobiles comme 
Renault  RENA.PA  ou PSA, qui réinternalisent cette activité. 
    Selon deux sources proches du dossier, Emerson a choisi de 
donner la priorité à des repreneurs industriels basés en Asie et 
soucieux de gagner en taille car il espère en tirer un meilleur 
prix que dans une transaction avec des fonds d'investissement. 
     "Beaucoup de fonds ont regardé le dossier, mais 
contrairement aux industriels, aucun n'a eu accès à la data 
room", a indiqué une des deux premières sources. 
    "Ce qu'il faut souhaiter, c'est qu'Emerson ouvre plus 
largement sa liste", ajoute une autre source.  
     Les noms du chinois Wolong  600580.SS  et du japonais Nidec 
 6594.T  sont régulièrement cités parmi les candidats 
intéressés. Selon deux sources, une délégation chinoise a 
d'ailleurs visité récemment des sites Leroy Somer en France. 
    "En Asie, l'accent est placé (...) sur des acteurs moins 
sophistiqués qui veulent surtout entrer dans le palmarès de 
tête", a indiqué une troisième source. "Emerson n'ouvrira la 
vente à des acteurs européens ou à des fonds de private equity 
que s'il ne parvient pas à trouver quelqu'un comme un acteur 
chinois." 
    Le projet, annoncé l'été dernier, s'inscrit dans le cadre du 
recentrage d'Emerson sur ses activités d'automatisation 
industrielle et de solutions énergétiques et de climatisation, 
qui prévoit aussi la cession de ses systèmes électriques pour 
les centres de données, pour lesquels l'allemand Siemens 
 SIEGn.DE  a manifesté son intérêt. 
    Emerson souffre de la hausse du dollar et de la baisse des 
cours du brut, qui pèsent sur les dépenses de ses clients. 
    Les autres noms qui circulent pour reprendre les moteurs du 
groupe américain sont le brésilien WEG  WEGE3.SA , l'américain 
Regal Beloit  RBC.N  et le chinois Shanghai Electric 
 601727.SS . 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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