Benoît Coeuré presse les Etats de renforcer les banques

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BENOÎT COEURÉ PRESSE LES ÉTATS DE RENFORCER LES BANQUES
BENOÎT COEURÉ PRESSE LES ÉTATS DE RENFORCER LES BANQUES

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a pressé jeudi les gouvernements de la zone euro de s'assurer que les banques sont correctement capitalisées et que leurs bilans ont été nettoyés, tout en menant de façon urgente les réformes pour relever la croissance de leurs économies.

Sans cet assainissement bancaire et ces réformes structurelles, la zone euro court le risque de connaître une croissance faible de façon permanente, entraînant celui d'une "génération perdue" du fait du fort taux de chômage des jeunes.

Même si la zone euro gagnera en stabilité en diversifiant les sources de financement des entreprises par un recours accru aux marchés financiers, les financements bancaires resteront essentiels, notamment pour les PME.

En conséquence, "nettoyer les banques comme il a été fait très tôt aux Etats-Unis n'est pas seulement souhaitable, c'est une condition pour finalement sortir de la crise et avancer", a dit Benoît Coeuré lors d'un forum financier organisé par Paris Europlace.

"La BCE peut aider à réduire les divergences dans le financement des banques. Mais les gouvernements doivent s'assurer que les banques sont correctement capitalisées et que leurs bilans sont nettoyés", a-t-il ajouté.

Quant aux réformes structurelles, "les taux d'intérêt bas et l'amélioration de la situation sur les marchés financiers peuvent donner l'impression que les réformes peuvent être mises en oeuvre sur une période de temps plus longue. Mais les réformes sont urgentes", a-t-il poursuivi.

"Le temps perdu accroît le risque de taux de croissance faibles de façon permanente et d'une génération perdue", a ajouté Benoît Coeuré.

Évoquant la question des taux directeurs de la BCE, Benoît Coeuré a souligné que les gouverneurs de la banque centrale décideraient chaque si leur engagement à maintenir des taux bas pendant un certain temps restait valable.

Rompant avec la tradition de la BCE, qui ne n'avait jamais voulu jusqu'à présent s'engager sur l'avenir en ce qui concerne les taux directeurs, le président de la BCE Mario Draghi a déclaré la semaine dernière que les taux à leurs bas actuels ou plus bas "pour une période prolongée".

"Cela sera réexaminé Conseil des gouverneurs après Conseil des gouverneurs", a dit Benoît Coeuré dans une interview à Bloomberg Television.

Le président de la Bundesbank Jens Weidmann avait déclaré de son côté jeudi que la BCE ne s'était pas "attachée au mât" en fixant un objectif d'avenir, ajoutant qu'elle pourrait relever ses taux en cas d'apparition de pression inflationnistes.

Yann Le Guernigou, Jean-Baptiste Vey à Paris et Sakari Suoninen à Francfort

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